Alain Resnais

©Abaca, Khayat Nicolas
S'il se passionne très tôt pour l'art sous toutes ses formes, c'est précisément à l'âge de 12 ans qu'il se découvre une véritable vocation de cinéaste. En effet, le jour de son anniversaire, il reçoit une caméra Kodak avec laquelle il réalise plusieurs films en dilettante, dont une adaptation de "Fantômas" de trois minutes.
En 1943, il intègre la première promotion de l'IDHEC, une école de cinéma située à Paris désormais connue sous le nom de La Fémis et réalise un peu plus tard une série de courts et moyens métrages documentaires encensés par la critique et le public.
Son premier court-métrage, "Van Gogh", est un documentaire illustré par les oeuvres de l'artiste éponyme, il est récompensé par un Oscar à Venise en 1948. Il réalise en 1955 le premier montage documentaire d'une durée de trente-deux minutes, "Nuit et Brouillard", révélant aux yeux du monde l'horreur des camps nazis. Le texte de Jean Cayrol est narré par le comédien de théâtre Michel Bouquet. Le film révèle calmement mais sans cache la violence du processus d'extermination, l'immonde rationalité de cette technique de mort. Ce document historique remporte le prix Jean-Vigo en 1956.
En 1959, il réalise enfin son premier long-métrage, une oeuvre une nouvelle fois engagée, "Hiroshima mon amour", lequel est alors présenté au Festival de Cannes et fait un triomphe. Ce premier succès marque, dès lors, le début d'une longue et fructueuse carrière puisque qu'Alain Resnais ne réalisera pas moins d'une cinquantaine de longs-métrages pendant le reste de son parcours.
Même si dans les années 1960 Alain Resnais évolue aux côtés des piliers de la Nouvelle Vague, comme Jean-Luc Godard, Eric Rohmer ou encore Jacques Rivette, il ne fait pas partie de ce genre à proprement parler, mais à celui du Nouveau cinéma (assimilé au Nouveau roman) qui comprend Agnès Varda, Chris Marker ou Roger Leenhardt.
La technique de narration cinématographique chez Resnais repose sur deux idées : travailler de l'abstrait ou de l'imaginaire et accorder ces concepts avec des faits réels, concrets et parfois violents de la vie. Beaucoup de poésie se dégage de l'oeuvre d'Alain Resnais, un calme qui n'entame en rien la profondeur des propos tenus dans ces films, comme l'artificialité ou bien la mort. Toute sa vie, il reste un passionné de bande-dessinées et de comics, ce qui lui confère sa capacité à chapitrer, séquencer un propos et surtout à le monter. Alain Resnais est reconnu comme l'un des meilleurs monteurs du métier. Autre caractéristique étonnante venant du cinéaste, il n'a quasiment jamais écrit de scénario à proprement dit. D'autres s'en sont chargés à sa place, notamment Agnès Jaoui à qui il confie cette tâche pendant quasiment toute la dernière partie de sa vie.
Cependant, il apporte énormément de soin au repérage des décors, à la préparation du tournage. Mais ce n'est pas tout ! L'artiste avait également pour habitude de fournir à ses acteurs une biographie des personnages que ces derniers sont censés incarner, dans l'optique de leur permettre une imprégnation totale de leur personnalité. Se caractérisant également par son perfectionnisme, sa méticulosité et son implication dans la mise en scène, il obtiendra tout au long de son parcours de cinéaste un imposant nombre de nominations et de prix, dont plusieurs prix Jean-Vigo et Mostras de Venise. Il reçoit le Prix exceptionnel du Jury pour "Les herbes folles" et l'ensemble de son ...
oeuvre, en 2009.
Parmi ses oeuvres les plus notables − et populaires −, on retient le film "L'Année dernière à Marienbad", qui sera récompensé par le prix Méliès et un Lion d'or à Venise en 1961, et "Muriel", dont le récit se passe durant la guerre d'Algérie qui remporte, entre autres, la coupe Volpi de la meilleure interprétation féminine pour Delphine Seyrig. Enfin, le film chanté "On connaît la chanson" est récompensé par de nombreux Césars, soulignant l'inventivité de cette démarche. Ses acteurs chantent du Bashung, de l'Arletty ou du Johnny Hallyday dès qu'une contrariété se met en travers de leur chemin.
C'est dans les années 1980 que Resnais construit son trio d'acteurs virtuoses composé d' André Dussollier, Pierre Arditi et Sabine Azéma, sa muse et compagne. Tous ont remporté tour à tour un César dans le cadre de leur collaboration avec le cinéaste. Les années 1990 sont ensuite synonymes de nouvelles collaborations pour Resnais. Il n'hésite pas à explorer le théâtre avec le diptyque "Smoking/No Smoking", en 1993. A ce trio s'ajoutent Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui qui signent donc beaucoup de ses scenarii.
En 2014, il est hospitalisé à Neuilly et ne peut se rendre au Festival de Berlin où son ultime film "Aimer, boire et chanter" est présenté. Il meurt à l'âge de 91 ans, le 1er mars 2014 à Paris. Son film reçoit alors comme un cadeau d'adieu, le Prix Alfred-Bauer, à Berlin.
Filmographie :
2014 : Aimer, boire et chanter
2011 : Vous n'avez encore rien vu
2008 : Les herbes folles
2006 : Coeurs
2003 : Pas sur la bouche
1997 : On connaît la chanson
1993 : Smocking/No Smocking
1991 : Contre l'oubli
1991 : Pour Esteban Gonzalez Gonzalez, Cuba
1989 : I Want To Go Home
1986 : Mélo
1984 : L'amour à mort
1983 : La vie est un roman
1980 : Mon Oncle d'Amérique
1977 : Providence
1974 : Stavisky
1973 : L'An 01
1968 : Cinétracts
1968 : Je t'aime, je t'aime
1967 : Loin du Vietnam
1966 : La guerre est finie
1963 : Muriel ou le temps d'un retour
1961 : L'année dernière à Marienbad
1959 : Hiroshima, mon amour
1948 : Malfray
1947 : Christine Boomeester
1947 : Journée Naturelle
1946 : Ouvert pour cause d'inventaire

Récompenses :
2014 : Prix Alfred-Bauer pour Aimer, boire et chanter
2009 : Prix exceptionnel du Jury du Festival de Cannes pour Les Herbes Folles
2006 : Lion d'argent du Festival du film de la Mostra de Venise pour Coeurs
1998 : César du meilleur film français pour On connaît la chanson
1998 : Ours d'argent spécial de La Berlinale
1997 : Prix Louis Delluc pour On connaît la chanson
1995 : Lion d'Or d'honneur de la Mostra de Venise
1994 : César du meilleur film français de l'année pour Smocking/No Smocking
1994 : César du meilleur réalisateur pour Smocking/No Smocking
1980 : Grand Prix du Festival de Cannes pour Mon Oncle d'Amérique
1978 : César du meilleur réalisateur pour Providence
1978 : César du meilleur film français pour Providence
1961 : BAFTA du meilleur film étranger pour Hiroshima mon amour
1956 : Prix Jean Vigo du meilleur court-métrage pour Nuit et Brouillard
1954 : Prix Jean Vigo du meilleur court-métrage pour Les Statues meurent aussi
1952 : Golden Globe spécial pour Pictura

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