Angélique Kidjo

©Abaca, Loona
Nommée à la naissance Angélique Kpasseloko Hinto Hounsinou Kango Manta Zogbin, qui signifie "le sang d'une lanterne ne peut allumer une flammèche", celle qui prendra le nom, plus simple, d'Angélique Kidjo grandit au sein d'une grande famille (huit frères et soeurs) artistique. À ses heures perdues, son père se prend de passion pour la photographie et le banjo, tandis que sa mère est chorégraphe et directrice de théâtre. Aussi la petite fait-elle ses premiers pas sur scène au jeune âge de 6 ans grâce à cette dernière, chantant et dansant déjà à travers toute l'Afrique de l'Ouest.

À 11 ans, la gamine rejoint le groupe de ses frères, le Kidjo Brothers Band, où elle apprend la soul et le rythm and blues des artistes afro-américains. Au lycée, elle chante au sein des Sphinx et se fait connaître dans la région non seulement par sa voix mais aussi son caractère bien trempé. À 15 ans, elle commence à écrire ses propres chansons, inspirée par la Sud-Africaine Miriam Makeba. Elle-même sensible à la question de l'Apartheid, elle choisira d'ailleurs d'interpréter Winnie Mandela, un titre de sa propre composition, pour son premier passage à la radio en 1979.

Angélique Kidjo se fait alors remarquer par le chanteur et producteur camerounais Ekambi Brillant. Voilà qu'elle signe l'année suivante, pour ses 20 ans, son premier album. Enregistré à Paris, "Pretty" est d'emblée un grand succès en Afrique, porté par son single-titre et la chanson Ninivé. Son producteur l'encourage alors à s'expatrier dans l'Hexagone. Débarquée dans la capitale française à 23 ans, la jeune femme connaît des premiers mois difficiles. Après une tentative avortée de suivre des études de droit, elle prend des cours de chant classique et de mime aux Ateliers-Chansons de Paris puis intègre une école de jazz pendant trois ans. Or sa formation est à peine entamée qu'elle intègre en 1984 le groupe allemand de jazz-funk Pili Pili, auprès de qui elle va bientôt se faire un nom en Europe.

La chanteuse franco-béninoise participe à quelques albums de la formation éclectique et monte avec elle sur la scène du festival de Montreux en Suisse en 1987. Le public découvre alors une personnalité flamboyante, qui fait preuve d'une énergie phénoménale comme d'un certain talent pour la danse, sans compter un timbre de voix impressionnant. Le succès qu'elle rencontre ce soir-là l'encourage à voler de ses propres ailes.

S'entourant de musiciens français, dont le bassiste Jean Hébrail qui deviendra bientôt son mari, elle prend le nom d'Angie Kidjo et diffuse en 1989 un album de ses propres compositions. "Parakou", nom d'une ville centrale du Bénin, est un mélange de makossa, de zouk, de soul, de reggae et surtout, bien sûr, de jazz. Pour la promotion de l'opus, Angélique Kidjo foule le plancher de l'Olympia en première partie de son idole Miriam Makeba. Après quoi elle enchaîne les concerts comme les festivals, avant de revenir dans la mythique salle parisienne en première partie cette fois de la grande Nina Simone.

Deux ans plus tard, la chanteuse franco-béninoise part à Miami enregistrer son deuxième album solo sous le label Island. "Logozo", qui signifie "la Tortue" en fon, sa langue maternelle, bénéficie de quelques invités de marque, comme le saxophoniste camerounais Manu Dibango, et des tubes Batonga et Wéwé qui font sa notoriété à l'international. Après une série de concerts à Cotonou au Bénin, puis dans la fameuse scène parisienne de la Cigale, Angélique Kidjo met le cap en 1992 sur le Japon, l'Australie, puis les États-Unis. Là, elle se voit invitée dans la célèbre émission The Tonight Show, alors présidée par Jay Leno, et nommée dans trois catégories des New Music Awards. Après quoi elle revient à Paris pour faire l'Olympia, en acte principal cette fois.

Après avoir donné naissance à sa fille, Naïma-Laura, en 1993, la chanteuse et auteure-compositrice revient l'année suivante avec "Aye" ("la Vie"). Parmi les titres afro-funk et dance de l'opus, Agolo, sur des airs juju de la culture vaudou nigériane, ...
s'inscrit dans les anales comme son plus grand tube. Angélique Kidjo séjourne par la suite longuement avec son mari au Bénin pour enregistrer des musiques traditionnelles. Aussi son prochain album, "Fifa" ("la Paix") revient-il aux sources en 1996, bien qu'elle interprète pour la première fois quelques chansons en Anglais et invite le célèbre guitariste Carlos Santana, qu'elle adore depuis toute petite, sur le titre Naïma, dédié à sa fille.

Après une nouvelle tournée qui s'étend jusqu'en Australie, Angélique Kidjo présente "Oremi" ("Mon ami") en 1998. Mélange de cultures africaines et afro-américaines, avec notamment une reprise du fameux Voodoo Child de Jimi Hendrix, l'opus est le premier volet d'une trilogie visitant les terres de migration forcée des esclaves. Il est ainsi suivi en 2002 de "Black Ivory Soul", consacré au Brésil, puis de "Oyaya!" en 2004 pour les Caraïbes. Entre-temps, la chanteuse, souvent fourrée aux États-Unis où elle enregistre la plupart de ses albums, s'installe définitivement à New York en 1998 et se voit nommée, quatre ans plus tard, Ambassadrice de bonne volonté pour l'Unicef.

Après avoir participé à la bande originale du célèbre film d'animation de Michel Ocelot, "Kirikou et les Bêtes Sauvages" (2005), Angélique Kidjo s'entoure à la fois de percussionnistes béninois et de guest stars de choc, comme Peter Gabriel, Alicias Keys, Carlos Santana et Ziggy Marley pour son nouvel album "Djin Djin" en 2007, qui lui vaut son premier Grammy Award. Forte de sa notoriété toujours grandissante, elle est invitée, le 20 janvier 2009, à l'investiture de Barack Obama à Washington D.C., où elle chante lors du Peace Ball organisé ce soir-là au côté de Michael Franti.

L'année suivante, la chanteuse revient avec "ÕŸÖ", fait seulement de trois compositions originales pour laisser place à des reprises de classiques afro-américains comme Move on Up de Curtis Mayfield, qu'elle chante en duo avec John Legend, ou encore Baby I Love You d'Aretha Franklin au côté de Dianne Reeves. Elle participe par ailleurs à la cérémonie d'ouverture de la Coupe du Monde de Football, organisée pour la première fois en Afrique, à Johannesburg, aux côtés d'artistes internationaux comme Shakira, Amadou & Mariam ou encore Alicia Keys.

Après un live, son premier, intitulé "Spirit Rising" (2012), et un opus de poèmes mythologiques en Yoruba, "Ifé" (2014), Angélique Kidjo rend hommage aux femmes en 2014 avec "Eve". Un nouvel album studio couronné aux Grammy Awards, comportant des choeurs féminins de villages du Bénin et du Kenya comme la voix de sa maman et un duo avec la chanteuse Asa. L'année suivante, la chanteuse franco-béninoise reçoit une nouvelle statuette de la prestigieuse cérémonie de remise de prix musicaux pour "Sings", dans lequel elle revisite quelques-unes de ses chansons avec l'orchestre philharmonique du Luxembourg.

En 2016, Angélique Kidjo est encore invitée à quelques événements de taille. Elle interprète notamment la fameuse Redemption Song de Bob Marley pour l'inauguration du premier musée dédié à l'Histoire et à la Culture afro-américaine à Washington D.C.. Puis se voit conviée, entre autres Salif Keïta ou Akon, à participer à un concert organisé en marge de la COP22 à Marrakech. Celle qui n'avait qu'un rêve de petite fille, de chanter auprès des plus grands artistes afro-américains, a fait bien plus que de le réaliser. Elle-même incarne en effet, en tant que briseuse des barrières culturelles, un véritable symbole à travers les continents.

Discographie :

2014 : Eve
2010 : ÕŸÖ
2007 : Djin Djin
2004 : Oyaya!
2002 : Black Ivory Soul
1998 : Oremi
1996 : Fifa
1994 : Aye
1991 : Logozo
1989 : Parakou
1981 : Pretty


Filmographie :

2016 : The CEO, de Kunle Afolayan
2016 : Ebola : In Praise of Prevention, de Firdaus Kharas (Téléfilm d'animation)
2013 : Mother of George, d'Andrew Dosunmu
2002 : Influences, de Daniel Algrant

Récompenses :

2016 : Grammy Award du Meilleur album de musique du monde, pour "Sings"
2015 : Grammy Award du Meilleur album de musique du monde, pour "Eve"
2008 : Grammy Award du Meilleur album de musique du monde contemporaine, pour "Djin Djin"

Ses derniers films

Tous ses films

Influences

drame
sortie le 23 juillet 2003
Influences

Journal intime

comédie dramatique
sortie le 25 mai 1994
Journal intime

Sa discographie avec

Toute sa discographie
Sings
Sings
Angélique Kidjo
Afirika
Afirika
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EVE
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Oyaya !
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