Brian Jones

©Getty Images, Ivan Keeman/Redferns
Lewis Brian Hopkin Jones, de son nom complet, naît au sein d'une famille aisée le 28 février 1942 à Cheltenham, dans le comté de Gloucestershire en Angleterre. Ses parents, tous deux musiciens, soutiennent son goût prononcé pour la musique acquis dès le plus jeune âge. Alors qu'il chante déjà dans la chorale de son école, joue de l'orgue et du piano, il reçoit pour ses 15 ans un saxophone, puis pour ses 17 ans une guitare acoustique. Aussi, si son père souhaiterait le voir poursuivre un chemin plus académique, l'élève doué mais indiscipliné - par ailleurs géniteur de trois enfants avant ses vingt ans - préfère s'en aller pour Londres à la conquête des clubs musicaux.

Tombé amoureux du blues à l'adolescence grâce à un vinyle de Charlie Parker, celui qui raccourcira bientôt son nom pour devenir Brian Jones se spécialise dans le slide. L'effet, emprunté au grand joueur de blues américain Elmore James, consiste à glisser sur le manche de la guitare à l'aide d'un bottleneck enfilé sur le doigt. Encore peu répandu en Angleterre à cette époque, la technique ne manque pas de faire remarquer l'artiste en herbe au début des années 1960 : au Ealing Blues Club, où il joue parfois auprès d'Alexis Korner, deux autres jeunes musiciens sont particulièrement épatés par son jeu. Il s'agit de Mick Jagger et Keith Richards.

Les trois amoureux du blues américain forment bientôt, avec le pianiste Ian Stewart, un groupe nommé d'après une chanson de Muddy Waters : les Rolling Stones. Ils jouent leur premier concert le 12 juillet 1962 au Marquee Club et sont bientôt rejoints par le bassiste Bill Wyman puis le batteur Charlie Watts. Si Brian Jones est définitivement le leader de la formation à ses balbutiements, il va petit à petit reculer dans l'ombre de Mick Jagger et Keith Richards, le tandem de génie derrière les compositions originales qui font rapidement leur succès international, notamment avec le fameux (I Can't Get No) Satisfaction en 1965.

Reste que lui sait se distinguer à la fois pour son sens aigu du style, ses airs de dandy fascinant les jeunes âmes rock & roll des années 1960, mais aussi et surtout pour son indéniable talent de musicien. Multi-instrumentiste, Brian Jones joue de son fameux slide guitare sur des titres comme Little Red Rooster et No Expectations, de la sitar sur Street Fighting Man ou Paint It Black, de l'orgue sur Let's Spend the Night Together, du marimba (une sorte de xylophone répandue en Amérique Latine) sur Under My Thumb, de la flûte sur Ruby Tuesday, du clavecin sur Lady Jane, du saxophone et du hautbois sur Dandelion, du mellotron sur She's a Rainbow, ou encore de l'harmonica notamment sur Not Fade Away.

Or le jeune homme est aussi brillant qu'insupportable. Bill Wyman commentera plus tard, dans son autobiographie "Stone Alone" : "Il y avait au moins deux côtés à la personnalité de Brian. L'un des Brian était introverti, timide, sensible, profondément réfléchi. L'autre était un paon enorgueilli, grégaire, artistique, avec le besoin désespéré de l'approbation de ses pairs." Difficile, narcissique, et certainement jaloux de n'avoir qu'une petite place sur les devants de la scène face aux personnalités flamboyantes de ses partenaires, il devient l'objet de tensions.

Voir sa compagne Anita Pallenberg le quitter en 1967, pour aller dans les bras ...
de Keith Richards, n'arrange certainement pas ses relations avec les autres membres fondateurs du groupe. Par ailleurs enclin à l'autodestruction, Brian Jones tombe dans les drogues et l'alcool plus sérieusement encore que ses collègues et devient ingérable, de moins en moins présent aux répétitions, parfois incapable de jouer d'un quelconque instrument tant il est sous influence. Condamné à deux reprises pour possession de cannabis, il se voit en outre refuser un visa pour les États-Unis, où les Rolling Stones doivent effectuer une tournée en 1969. C'est la goutte d'eau, ou peut-être simplement une opportunité : le groupe décide d'engager un autre guitariste et, en somme, se séparer de lui.

La version officielle ne dira pas que Brian Jones a ainsi été évincé, mais plutôt qu'il a lui-même souhaité prendre un autre chemin. Il est vrai que la tendance plus rock qu'empruntent graduellement les Rolling Stones convient moins au musicien virtuose, qui s'est déjà adonné à quelques projets parallèles. Entre autres collaborations, il a joué tantôt du saxophone pour les Beatles (You Know My Name), tantôt des percussions pour Jimi Hendrix (All Along the Watchtower). Il a également signé la bande originale de "Vivre à tout prix" (1967), un film de Volker Schlöndorff dans lequel jouait sa compagne d'alors, Anita Pallenberg. Et, se fascinant de plus en plus pour les instruments exotiques, il est parti en 1968 dans un village au Maroc enregistrer la performance d'un groupe local dénommé Master Musicians of Joujouka. L'artiste ne verra toutefois pas le résultat de ses travaux, diffusés seulement trois ans plus tard sous le titre "Brian Jones Presents the Pipes of Pan at Joujouka".

Tout juste un mois après son départ du légendaire groupe de rock, le 3 juillet 1969, le musicien émérite est en effet retrouvé noyé au fond de la piscine de sa maison à Hartfield, dans le Sussex de l'Est en Angleterre. Sa mort, à 27 ans, a été déclarée accidentelle - même si certaines théories complotistes évoqueront un meurtre... Les Rolling Stones, qui avaient prévu de monter sur scène deux jours après pour introduire Mick Taylor comme leur nouveau membre, dédient ce concert à Hyde Park à la mémoire de leur ancien partenaire.

Interrogé en 1995 par le magazine Rolling Stone sur un possible sentiment de culpabilité face à la tournure tragique des événements, Mick Jagger répondra : "J'ai le sentiment que j'ai agi de façon très infantile, nous étions très jeunes et d'une certaine façon on s'en prenait à lui. Mais, malheureusement, il se faisait lui-même une cible facile ; il était très, très jaloux, très difficile, très manipulateur, et agir ainsi dans ce genre de groupe de gens, c'est le chercher, soyons honnêtes. Je n'avais pas bien saisi son addiction aux drogues. Personne ne semblait connaître grand-chose à cette époque sur le sujet. Des choses comme le LSD venaient d'émerger. Personne ne savait le mal que cela engendrait".

Discographie :

Avec les Rolling Stones :

1969 : Let It Bleed
1968 : Beggars Banquet
1967 : Their Satanic Majesties Request
1967 : Between the Buttons
1966 : Got Live If You Want It !
1966 : Aftermath
1965 : December Children
1965 : Out of Our Heads
1965 : Five by Five
1965 : The Rolling Stones, Now !
1965 : The Rolling Stones No.2
1964 : 12x5
1964 : The Rolling Stones

En solo :

1967 : A Dregree of Murder (Bande originale)

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