Brigitte Bardot

©Getty Images, Gilles Bassignac
Quand on pense à Brigitte Bardot on pense immédiatement au cinéma des années 1950, à son allure si désinvolte et emblématique avec sa choucroute sur la tête et sa blondeur surnaturelle. Mais aussi à une certaine libération sexuelle, à sa courte relation avec Serge Gainsbourg et à ses collaborations immortelles avec Roger Vadim et les réalisateurs de la Nouvelle Vague.

Mais bien avant de percer au cinéma, c'est sur les podiums que Brigitte Anne-Marie Bardot s'illustre. Elle n'a alors que 15 ans et éblouit déjà par sa présence de babydoll. Une femme-enfant que tous aimeraient protéger. Chouchoute du magazine Elle, BB, issue d'une famille bourgeoise dont elle a reçu une éducation des plus strictes, va se prendre de passion pour la danse classique, discipline à laquelle elle se formera dès 1949 au Conservatoire de Paris. Dans les rangs se trouvent une autre actrice qui fera fureur aux Etats-Unis avec Gene Kelly. Une certaine Leslie Caron.

À peine trois ans plus tard, des réalisateurs commencent à saisir cette beauté unique au corps de rêve à l'écran, et faire par-delà même d'elle un objet de fantasme. C'est Marc Allégret, en 1950, qui la remarque en premier et lui propose un rôle dans son prochain film, "Les lauriers sont coupés". Si le long-métrage ne voit pas le jour, elle lui fait rencontrer Roger Vadim, réalisateur de 22 ans dont elle tombera folle amoureuse. Sa première apparition à l'écran se fera sous l'égide de Jean Boyer, qui lui met le pied à l'étrier en 1952 avec son film "Le trou normand", où elle partage l'affiche avec Bourvil.

L'année suivante, elle débarque au Festival de Cannes, volant la vedette aux stars de la Croisette que les paparazzis ont délaissée pour capturer la beauté insolente de cette femme impudique et provocatrice. Les rôles affluent alors, souvent au premier plan : fille belle et pure d'un gardien de phare dans "Manina, la fille sans voile" (1953), Anna, promise à deux frères dans "Haine, amour et trahison" (1954), naïve Pilar dans "Le Fils de Caroline Chérie" (1955) ou encore Brigitte Latour, diabolique séductrice dans "Cette sacré gamine" (1956).

À chaque fois, Bardot illumine par sa présence magnétique avec cette façon si singulière qu'elle a d'avoir été comme créée par les Dieux. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que Roger Vadim la sollicita en 1956 pour le film "Et Dieu... créa la femme". Sur une musique d'Ennio Morricone, la starlette joue Juliette, une femme très libre notamment sur le plan sexuel, aux côtés de Jean-Louis Trintignant. Tourné dans le port de Saint-Tropez, encore peu connu à l'époque, Bardot la scandaleuse, comme elle se fait surnommer avec ce film, se trémousse ici sur un mambo endiablé et fredonne dans sa robe rouge "moi je m'en fous, je m'en contrefous". Les Français eux ne s'en fichent guère, agacés par la voix femme-enfant de BB. Outre-Atlantique en revanche, c'est l'hystérie, notamment aux Etats-Unis. Les scènes de nu se voient censurées dans certains pays mais ce parfum de scandale va lui être bénéfique et la propulser au sommet.

Considérée avec ce film comme une icône de l'émancipation féminine, elle qui a décomplexé les femmes des années 1960 avec son bikini, devient synonyme d'une certaine révolution des moeurs comme Marilyn Monroe qui, en 1959, provoque également des émois dans "Certains l'aiment chaud" de Billy Wilder. Dix ans plus tard, elle devient même la première femme choisie pour symboliser Marianne, figure de la République. Bardot tournera par la suite avec son premier mari à cinq autres reprises ("Les bijoutiers du clair de lune", "La bride sur le cou", "Le repos du guerrier", "Histoires extraordinaires", "Don Juan ou Si Don Juan était une femme"), tandis que les réalisateurs de la Nouvelle Vague s'emparent de ses atouts.

Absence de jeu, spontanéité, façon d'être... : elle est l'actrice idéale comme ont pu l'être Jeanne Moreau, Bernadette Lafont ou Anna Karina, pour ce mouvement dont fait notamment parti Jean-Luc Godard. Leur seule et unique collaboration, en 1963 pour "Le Mépris", suffit à entrer ...
dans l'histoire du cinéma. Notamment grâce à cette scène culte où elle demande, allongée nue sur un lit, à Michel Piccoli s'il aime ses fesses. Pour ce drame sur la crise d'un couple, qui a connu un grand succès commercial, la comédienne empochera 400 000 euros, soit la moitié du budget du film.

Ses dix dernières années de comédienne sont ensuite consacrées à des réalisateurs comme Edouard Molinaro pour "Une ravissante idiote" avec Anthony Perkins, Michel Deville pour "L'ours et la poupée", avec Jean-Pierre Cassel, ou encore Christian-Jacques qui l'immortalise avec Claudia Cardinale dans "Les Pétroleuses". En parallèle de ses dernières apparitions, la star fait la une de la presse à scandales, qui relate ses multiples unions, de son deuxième mariage avec Jacques Charrier, qui lui donnera son premier et unique enfant, à sa troisième union avec le play-boy allemand Gunter Sachs.

Un autre homme va compter dans sa vie : Serge Gainsbourg. Ce dernier va lui écrire ses plus grands succès musicaux. Car oui, Bardot s'affirme également derrière le micro avec sa voix mutine. Perchée sur une moto pour "Harley Davidson", elle est la Bonnie de "Bonnie and Clyde" et se promène au bord de la mer pour "Sur la plage abandonnée". Au total, elle ne chantera pas moins de 80 morceaux. Le double des films dans lesquels elle s'est illustrée.

Depuis qu'elle a claqué la porte du show-business en 1973 à l'âge de 39 ans, Brigitte Bardot a créé sa Fondation pour la protection des animaux sauvages et domestiques. Fervente militante du droit des animaux depuis les années 1960, elle consacre aujourd'hui toute son énergie à cette cause. La Fondation Brigitte Bardot est reconnue d'utilité publique par le Conseil d'Etat en 1992. Cette année-là, elle rencontre Bernard d'Ormale, avec qui elle partage encore sa vie. Une vie qu'elle passe désormais en retrait des médias. Comme le chantait Dario Moreno en 1961 : "Je connais beaucoup de femmes / Qui voudraient bien te ressembler / Mais aucune n'a, comme toi/ Ce petit je ne sais quoi / Qui fait que c'est toi, BB / Il aurait fallu t'inventer / Si tu n'avais pas existé".
Filmographie :
1973 : L'histoire très bonne et très joyeuse de Colinot Trousse-Chemise, de Nina Companeez
1973 : Don Juan ou Si Don Juan était une femme..., de Roger Vadim
1971 : Les pétroleuses, de Christian-Jacque
1971 : Boulevard du Rhum, de Robert Enrico
1970 : Les novices, de Guy Casaril et Claude Chabrol
1970 : L'ours et la poupée, de Michel Deville
1969 : Les femmes, de Jean Aurel
1968 : Shalako, d'Edward Dmytryk
1968 : Histoires extraordinaires, de Federico Fellini, Louis Malle et Roger Vadim
1967 : A coeur joie, de Serge Bourguignon
1965 : Viva Maria!, de Louis Malle
1964 : Une ravissante idiote, d'Edouard Molinaro
1963 : Le mépris, de Jean-Luc Godard
1962 : Le repos du guerrier, de Roger Vadim
1962 : Vie privée, de Louis Malle
1961 : Amours célèbres, de Michel Boisrond
1961 : La bride sur le cou, de Roger Vadim
1960 : La vérité, d'Henri-Georges Clouzot
1959 : Voulez-vous danser avec moi, de Michel Boisrond
1959 : Babette s'en va-t-en guerre, de Christian-Jaque
1959 : La femme et le pantin, de Julien Duvivier
1958 : En cas de malheur, de Claude Autant-Lara
1958 : Les bijoutiers du clair de lune, de Roger Vadim
1957 : Une parisienne, de Michel Boisrond
1956 : Et Dieu... créa la femme, de Roger Vadim
1956 : La mariée est trop belle, de Pierre Gaspard-Huit
1956 : En effeuillant la marguerite, de Marc Allégret
1956 : Les week-ends de Néron, de Steno
1956 : Cette sacré gamine, de Michel Boisrond
1956 : Hélène de Troie, de Robert Wise
1955 : La lumière d'en face, de Georges Lacombe
1955 : Les grandes manoeuvres, de René Clair
1955 : Rendez-vous à Rio, de Ralph Thomas
1955 : Futures vedettes, de Marc Allégret
1955 : Le fils de Caroline chérie, de Jean-Devaivre
1954 : Haine, amour et trahison, de Mario Bonnard
1954 : Si Versailles m'était conté, de Sacha Guitry
1953 : Un acte d'amour, d'Anatole Litvak
1953 : Le portrait de son père, d'André Berthomieu
1953 : Les dents longues, de Daniel Gélin
1952 : Manina... La fille sans voile, de Willy Rozier
1952 : Le trou normand, de Jean Boyer

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1 commentaire - Brigitte Bardot
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    toffeerpy -

    J'ai adoré cette actrice autrefois, mais quelle tristesse de la voir sombrer dans l'aigreur et la haine des autres. Pitoyable façon de vieillir.

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