Cary Grant

©Abaca, Sachs Ron/CNP/ABACA
Archibald Alexander Leach voit le jour en 1904, dans un foyer instable, presque sordide, en Angleterre au début du siècle. C'est à Bristol qu'Elsie et Elias Leach tentent d'élever Archie. Son enfance difficile en rappelle une autre toute aussi célèbre, celle de Charlie Chaplin.
Elsie, sa mère, est enfermée dans une institution psychiatrique pour démence alors que son fils n'est qu'un petit garçon. Son père, quant à lui, a pour réputation d'être particulièrement dur, voire tyrannique. L'homme déscolarise vite Archie et le fait engager dans la compagnie de cirque des Knockabout gérée par l'acteur Bob Pender. Il travaille la pantomime, il jongle, fait parfois le clown, il se tient encore loin de l'acteur classique et parfois poseur des années 1950... Cependant, tout cet apprentissage lui confère cette capacité à se mouvoir intelligemment à l'écran, sachant se placer et créer la surprise, loin des acteurs "immobiles" que l'on peut voir dans les années 1940.
Inspiré toute sa vie par la carrière de Chaplin, dans lequel il se retrouve dans les origines modestes, Archie pense que l'Amérique peut le sortir de sa situation encore fragile. En 1920, toute la troupe prend par chance le bateau pour New York pour paraître à Broadway. Pour l'anecdote, Mary Pickford et Douglas Fairbanks, le tout premier couple glamour d'acteurs à Hollywood est sur le même bateau que lui.
Le coup de foudre avec cette ville est immédiat : le jeune homme travaille à Coney Island le jour et se produit sur scène le soir, et traîne dans les nightclubs de la ville. Il partage à l'époque un appartement avec le futur costumier le plus influent d'Hollywood, Orry-Kelly, qui permet à Archie de rencontrer des agents et des metteurs en scène de Broadway.
Orry-Kelly propose à Archie de le suivre à Los Angeles pour ses affaires. Sur place, il décroche des auditions, essentiellement des comédies un peu potaches telles que "She Done Him Wrong" (1933) avec Mae West qui décèle en lui un potentiel intéressant. Il enchaîne avec "Topper" et "Philadelphia Story".
Il signe alors avec la Paramount qui lui suggère de changer ce nom trop anglais que l'on pourrait croire imaginé par Charles Dickens lui-même, en quelque chose de plus américain. Cary Grant voit le jour. Ce pseudonyme a toujours provoqué chez l'acteur une sorte de schisme entre sa personnalité publique et privée, très différente de l'image qu'il projette au public. Trouble qui lui fait prononcer par la suite cette phrase célèbre : "Tout le monde veut être Cary Grant, même moi..."
Il forme un tandem détonant avec l'athlétique Katharine Hepburn, duo glamour adoubé par le tout Hollywood, mais dont les films n'ont pas le succès escompté. Il tourne avec elle "Sylvia Scarlett", ou "L'impossible Monsieur Bébé" (1938). Par la suite, Howard Hawks le prend sous son aile et le fait tourner dans "His Girl Friday" en 1940, ambigüe histoire de triangle amoureux. Pour Grant, le succès est fulgurant, il est l'acteur le mieux payé de l'âge d'or, dépassant même son modèle, Chaplin.
On lui présente un autre brillant réalisateur dont le nom n'est plus à faire et qui vient lui aussi de Grande-Bretagne. Il aime le suspens, les fins de films glorieuses et inattendues... Alfred Hitchcock sert la main de Grant en 1940. Un an plus tard, il le fait tourner avec Joan Fontaine dans "Soupçons", long-métrage qui amorce une belle collaboration entre les deux hommes. Dans "Soupçons", l'acteur pose les bases de l'image Cary Grant que tout le monde aime voir : séducteur implacable mais élégant, coqueluche de ces dames, homme porté sur l'oisiveté, parfois superficiel. Ses personnages détiennent surtout un secret qu'ils tentent de cacher à tout prix. Les récompenses l'ignorent, Joan Fontaine remporte l'Oscar de la meilleure actrice.
En 1944, Grant revient à la comédie avec la sautillante création de Frank Capra, "Arsenic et vieilles dentelles", scénario imprégné de vaudeville avec ses cadavres dans les placards et ses charmantes interprétations. Il retrouve vite "Hitch", pour qui il tourne, avec l'actrice suédoise préférée d'Hollywood Ingrid Bergman dans "Les Enchaînés". Cette mise à l'épreuve amoureuse entre les deux personnages sur fond d'espionnage est l'un des meilleurs cocktails de suspens jamais pensé par le maître Alfred. Cary Grant apprécie l'exigence des scenarii que le réalisateur lui soumet et cherche à se dépasser dans son travail d'interprétation.
Hawks rappelle Cary Grant pour "I Was a Male War Bride" en 1949, et se retrouve à jouer avec une nouvelle starlette d'Hollywood, la jeune Marilyn Monroe, dans "Chérie, je me sens rajeunir" en 1952. Mais à déjà presque 45 ans, Cary ne supporte plus les comédies et refuse tout en bloc. Il dit oui à un tandem avec son équivalent féminin, la superbe Grace Kelly pour "La Main au Collet" en 1955, l'un des meilleurs Hitchcock à n'en point douter. Quelques années plus tard, c'est "North by Nothwest" ("La Mort aux Trousses") et sa célèbre scène de traque par un mitrailleur ailé. Cary reste au sommet de sa carrière, en artisan du frisson Hitchcockien.
En 1958, on l'approche pour incarner un agent secret british séducteur et brillant, ce cher James Bond, personnage pensé par Ian Fleming, directement inspiré par Cary Grant. Il refuse les avances et le rôle échoit au très plaisant et presque inconnu, Sean Connery. Il prend sa retraite d'acteur dans les années 1960.
Toute sa vie, Cary Grant a défié les ors d'Hollywood en refusant de faire partie de l'Académie des Oscars. Position qui lui a valu d'être longtemps boudé par ses pairs jusqu'en 1970, quand il reçoit l'Oscar d'honneur pour l'ensemble de sa carrière des mains d'une autre légende, Frank Sinatra.
L'acteur disparaît en 1986.
En 1981, il épouse Barbara Harris la dernière de ses cinq épouses. Les mariages et la vie privée de Cary Grant ont longtemps été l'objet de ragots et ont fait les choux gras de la presse à scandale. Son premier mariage s'est notamment soldé par un divorce à cause de ...
violences conjugales de la part de l'acteur sur sa femme Virginia Cherrill. En 1966, sa troisième femme lui donne une petite fille, Jennifer Grant, mais le mariage finit également par exploser. Des rumeurs attestant que Grant était homosexuel ont toujours jalonnées sa carrière, chose qui n'a jamais été avérée ou vérifiée à ce jour.
Encore aujourd'hui présenté comme le meilleur acteur de tous les temps (tous styles de jeu confondus) par le site de référence IMDB, il devance James Stewart, un autre acteur fétiche d'Hitchcock, Marlon Brando, Errol Flynn ou même... son modèle, Charlie Chaplin. L'élève a peut-être dépassé le maître.
Filmographie :
1966 : Rien ne sert de courir (Walk Don't Run), de Charles Walters
1964 : Grand méchant loup appelle (Father Goose), de Ralph Nelson
1963 : Charade, de Stanley Donen
1962 : Un soupçon de vison (That Touch of Mink), de Delbert Mann
1960 : Ailleurs l'herbe est plus verte (The Grass Is Greener), de Stanley Donen
1959 : La Mort aux trousses (North by Northwest), d'Alfred Hitchcock
1959 : Opération jupons (Operation Petticoat), de Blake Edwards
1958 : Indiscret (Indiscreet), de Stanley Donen
1958 : La Péniche du bonheur (Houseboat), de Melville Shavelson
1957 : Elle et lui (An Affair to Remember), de Leo McCarey
1957 : Orgueil et Passion (The Pride and the Passion), de Stanley Kramer
1957 : Embrasse-la pour moi (Kiss Them for Me), de Stanley Donen
1955 : La Main au collet (To Catch a Thief), d'Alfred Hitchcock
1953 : La Femme rêvée (Dream Wife), de Sidney Sheldon
1952 : Cette sacrée famille (Room for One More), de Norman Taurog
1952 : Chérie, je me sens rajeunir (Monkey Business), d'Howard Hawks
1951 : On murmure dans la ville (People Will Talk), de Joseph L. Mankiewicz
1950 : Cas de conscience (Crisis), de Richard Brooks
1949 : Allez coucher ailleurs (I Was a Male War Bride), d'Howard Hawks
1948 : Un million clé en main (Mr. Blandings Builds His Dream House), de Henry C. Potter
1948 : La Course aux maris (Every Girl Should Be Married), de Don Hartman
1947 : Deux soeurs vivaient en paix (The Bachelor and the Bobby-Soxer), d'Irving Reis
1947 : Honni soit qui mal y pense (The Bishop's Wife), de Henry Koster
1946 : Sans réserve (Without Reservations), de Mervyn LeRoy
1946 : Nuit et Jour (Night and Day), de Michael Curtiz
1946 : Les Enchaînés (Notorious), d'Alfred Hitchcock
1944 : Étrange histoire (Once Upon a Time), d'Alexander Hall
1944 : Rien qu'un coeur solitaire (None But the Lonely Heart), de Clifford Odets
1944 : Arsenic et vieilles dentelles (Arsenic and Old Lace), de Frank Capra
1943 : Pile ou face (Mister Lucky), de H.C. Potter
1943 : Destination Tokyo, de Delmer Daves
1942 : Lune de miel mouvementée (Once Upon a Honeymoon), de Leo McCarey
1941 : La Chanson du passé (Penny Serenade), de George Stevens
1941 : Soupçons (Suspicion), d'Alfred Hitchcock
1940 : La Dame du vendredi (His Girl Friday), de Howard Hawks
1940 : Mon épouse favorite (My Favorite Wife), de Garson Kanin
1940 : Howard le révolté (The Howards of Virginia), de Frank Lloyd
1940 : Indiscrétions (The Philadelphia Story), de George Cukor
1939 : Gunga Din, de George Stevens
1939 : Seuls les anges ont des ailes (Only Angels Have Wings), de Howard Hawks
1939 : L'Autre (In Name Only), de John Cromwell
1939 : Fantômes en croisière (Topper Takes a Trip), de Norman Z. McLeod
1938 : L'Impossible monsieur Bébé (Bringing Up Baby), de Howard Hawks
1938 : Vacances (Holiday), de George Cukor
1937 : Le Coeur en fête (When You're in Love), de Robert Riskin
1937 : Le Couple invisible (Topper), de Norman Z. McLeod
1937 : L'Or et la femme (The Toast of New York), de Rowland V. Lee
1937 : Cette sacrée vérité (The Awful Truth), de Leo McCarey
1936 : Empreintes digitales (Big Brown Eyes), de Raoul Walsh
1936 : Suzy, de George Fitzmaurice
1936 : La Chasse aux millions (The Amazing Quest of Ernest Bliss), d'Alfred Zeisler
1936 : Bonne blague (Wedding Present), de Richard Wallace
1935 : Les Ailes dans l'ombre (Wings in the Dark), de James Flood
1935 : Intelligence Service (The Last Outpost), de Charles Barton et Louis Gasnier
1935 : Sylvia Scarlett, de George Cukor
1934 : Princesse par intérim (Thirty Day Princess), de Marion Gering
1934 : Born to Be Bad, de Lowell Sherman
1934 : Kiss and Make Up, de Harlan Thompson
1934 : La Demoiselle du téléphone (Ladies Should Listen), de Frank Tuttle
1934 : Caprice de femmes (Enter Madame), d'Elliott Nugent
1933 : Lady Lou (She Done Him Wrong), de Lowell Sherman
1933 : Celle qu'on accuse (The Woman Accused), de Paul Sloane
1933 : L'Aigle et le Vautour (The Eagle and the Hawk), de Stuart Walker
1933 : Gambling Ship, de Louis Gasnier et Max Marcin
1933 : Je ne suis pas un ange (I'm No Angel), de Wesley Ruggles
1933 : Alice au pays des merveilles (Alice in Wonderland), de Norman Z. McLeod
1932 : La Belle Nuit (This Is the Night), de Frank Tuttle
1932 : Sinners in the Sun, d'Alexander Hall
1932 : Singapore Sue, de Casey Robinson
1932 : Merrily We Go to Hell, de Dorothy Arzner
1932 : Le Démon du sous-marin (Devil and the Deep), de Marion Gering
1932 : Blonde Vénus (Blonde Venus), de Josef von Sternberg
1932 : Hot Saturday, de William A. Seiter
1932 : Madame Butterfly, de Marion Gering
Récompenses :

1970 : Oscar d'honneur
1960 : Etoile sur le Hollywood Walk of Fame

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