Chris Columbus

©Abaca, Dennis Van Tine
Quand je serai grand...

Les enfants que nous avons été peuvent remercier deux films, responsables quelque part du parcours emblématique de Chris Columbus derrière le stylo, la caméra et à la production. Le premier est le western américain "Butch Cassidy et le Kid" (1969), l'un des films qu'il a visionné à ses 10 ans lors de ses sorties quotidiennes le samedi après-midi, dans un cinéma de l'Ohio où il a grandi. Le second survient cinq ans plus tard. Avec "Le Parrain" (1972), qu'il voit pour la première fois à ses 15 ans, le cinéma va devenir plus qu'une passion. Un objectif de vie.

Plutôt destiné à suivre les traces de ses parents, c'est-à-dire travailler dans une usine automobile ou d'aluminium, Chris rêve lui de cinéma certes mais aussi de bandes dessinés. Grand fan des comics Marvel, il se met très tôt à dessiner des story-boards et à réaliser des films en Super 8 dans la foulée. Ses parents cèdent finalement et l'inscrivent à la Tisch School of the Arts de New York. C'est là qu'il va écrire son tout premier scénario, la comédie "Jocks", l'histoire d'un lycéen catholique rêvant de devenir footballeur.

Spielberg, fidèle camarade de jeu

Un fois diplômé, il tente en vain de vendre son quatrième scénario, "Les Gremlins", dont l'idée de base lui est venue alors qu'il habitait un appartement new-yorkais miteux grouillant de souris qui lui rendaient régulièrement visite. En vain jusqu'à ce qu'un certain Steven Spielberg mette une option dessus. Écrit à l'origine comme une sombre satire de "La vie est belle" (1946) de Frank Capra, et comprenant de nombreuses scènes de violence - la mère se faisait décapiter, le chien manger tout cru et Gizmo se transformait en l'horrible Stripe - Spielberg lui demande de réécrire le scénario pour en faire un film tout public.

Installé à Los Angeles dans le bungalow du réalisateur situé dans les studios Universal, il tricote et détricote son histoire de petits monstres aussi voraces qu'imbéciles que Joe Dante réalise en 1984 et que Spielberg produit. "Les Gremlins" se place à la quatrième place du box-office, derrière "Le Flic de Beverly Hills", "Ghostbusters" et "Indiana Jones et le Temple maudit". Cette année-là sort aussi "Reckless", également scénarisé par Columbus, mais le drame, inspiré de son expérience dans une usine de l'Ohio, passe inaperçu.

Content du film, malgré les quelques scènes de violence restantes que Joe Dante a gardé (on se souvient tous de la scène du micro-onde !) et l'avertissement de la Motion Picture Association of America qui, après ce film instaure une nouvelle classification, PG-13, pour les films déconseillé au moins de 13 ans. Notons qu'à sa sortie Les Gremlins étaient classés dans la catégorie PG, autrement dit tous publics. Cela n'empêchera pas Spielberg de commander dans un premier temps un autre scénario à Columbus : ce sera "Les Goonies".

Le triomphe des enfants sur les adultes

"Les Goonies" font une sortie remarquée en 1985. Porté par de jeunes acteurs aux parents célèbres à Hollywood − Martha Plimpton est la fille de Keith Carradine, Josh Brolin le fils de James Brolin et Sean Astin celui de John Astin et Patty Duke - les aventures de ces sept gamins d'Astoria en BMX, partie sur les traces d'un pirate nommé Willy Le Borgne, marque toute une génération et devient comme "Les Gremlins" un classique des années 1980. Comment oublier le Bouffi-Bouffon de Choco, les frères Fratteli, le difforme mais gentil monstre Sinok et les inventions délirantes de Data ?

La patte Spielberg est ici de nouveau facilement reconnaissable et avec Columbus il forme un duo qui n'a pas perdu son âme d'enfant. Loin de là. Comme le père de famille des "Gremlins", cet inventeur farfelu aux créations plus que douteuses, on retrouve dans "Les Goonies" cet amour pour les drôles d'inventions. Tout deux amateurs des gadgets de la saga James Bond, ils dotent ici l'un des gamins de la bande, Data, de bric et de broc excentriques avec lesquels il fabrique des objets parfois utiles, parfois... totalement bancales !

Au-delà de ces gimmick loufoques, Spielberg et Columbus, des "Gremlins aux Goonies" en passant plus tard par "Maman, j'ai raté l'avion" et "Madame Doubtfire", déclinent à chaque fois des enfants très courageux se montrant capables, par la force du destin, d'affronter et de surmonter des épreuves à hauteur d'adultes (des créatures imprévisibles dans "Les Gremlins", une famille de frapadingues dans "Les Goonies", deux cambrioleurs pas très fûtés dans "Maman, j'ai raté l'avion", un divorce douloureux dans "Madame Doubtfire"...).

Moteur... Action !

Le stylo entre les mains, Chris Columbus poursuit son bonhomme de chemin à Hollywood, écrivant le scénario du "Secret de la pyramide" (1985), un film d'aventures réalisé par Barry Levinson et produit par... Steven Spielberg. Recevant un accueil critique plutôt défavorable, il ne rapporte que 19 739 millions de dollars pour un budget de 18 millions.

Après cet échec, le touche-à-tout décide de passer à son tour derrière la caméra, afin de pouvoir maîtriser un film de A à Z. La comédie d'aventures "Nuit de folie" voit le jour en 1987. Elisabeth Shue y campe une baby-sitter en vadrouille à la recherche de sa meilleure amie restée coincée dans une gare routière à Chicago. Le film ne marque pas les esprits, tout comme "L'homme bicentenaire" (1988), sa deuxième réalisation, adaptée d'une nouvelle d'Asimov et d'un roman "The Positronic Man", co-écrit par Asimov et Robert Silverberg.

Comme résigné à retourner à l'écriture, il croise sur sa route John Hughes, scénariste et réalisateur de "Breakfast Club" ...
1985), qui lui propose de lire le scénario de "Christmas Vacation (Le sapin a les boules), mais le projet n'aboutira finalement pas. Il réitère en lui en présentant deux autres qui pourraient l'intéresser, "Reach the Rock" (Le temps d'un orage) et "Home Alone" (Maman, j'ai raté l'avion). D'abord pas franchement emballé, Columbus finit par accepter. Cette décision, sans le savoir, va donner un élan considérable à sa carrière.

Keviiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin !

Fasciné depuis tout petit par la période de Noël, le scénario de "Maman, j'ai raté l'avion" résonne tout de suite en lui. Adieu donc "Reach the Rock" et bonjour Kevin McCallister, un gamin de 8 ans abandonné involontairement par sa (grande) famille, partie fêter Noël à Paris. Pensant pouvoir jouer tranquillement avec l'araignée de son frère, regarder des films d'horreur dans le lit de ses parents et manger pénard des sucreries, Kevin va finalement jouer les aventuriers lorsque deux cambrioleurs (les Casseurs Flotteurs Harry et Marv) s'immiscent chez lui.

Écrite et produit par John Hughes, cette comédie familiale sortie en 1990 marque le premier succès de Columbus en tant que réalisateur. Un succès tellement conséquent - il reste à l'affiche de novembre 1990 à l'été 1991 aux Ètats-Unis et se classe numéro 1 au box-office pendant 12 semaines - et record pour son petit budget (15 millions de dollars) et ses grosses entrées mondiales (533 millions de dollars), qu'une suite verra le jour en 1992 ("Maman, j'ai encore raté l'avion"). Pourtant pas le premier choix de Columbus, Macaulay Culkin et ses mimiques de sale gosse, est érigé au rang de star et remporte au total 4,5 millions de dollars pour les deux films. Aujourd'hui, et ce chaque année, "Maman, j'ai raté l'avion" réunit des familles entières françaises comme américaines devant leur poste en période de fêtes.

Doué pour déceler le potentiel comique des acteurs, après Macaulay Culkin c'est sur Robin Williams, repéré dans des clubs de comédie de Los Angeles, qu'il jette son dévolu. Enfin sa caméra. Choisi pour incarner ce père de famille se déguisant en vieille gouvernante attachante pour voir le plus possible ses enfants après un divorce douloureux, Robin Williams avec son regard triste et sa mélancolie profonde, donne une portée plus adulte au film. En effet, contrairement à ses films précédents, Chris Columbus joue ici sur la corde sensible en abordant de front les séquelles d'un divorce. Il collaborera à deux autres reprises avec Robin Williams, pour "Neuf mois aussi" (1995) et "L'homme bicentenaire" (1999).

Dans le monde magique d'Harry Potter

Célèbre à Hollywood pour sa faculté à diriger de jeunes acteurs sur un plateau de tournage, Chris Columbus entend parler d'une adaptation qui pourrait tout à fait lui convenir : celle des romans "Harry Potter" signés J.K. Rowling. Après que Steven Spielberg se soit finalement détaché du projet, Columbus, soutenu par ses enfants qui ont adoré les livres, rencontre l'écrivaine en Angleterre. En lice aux côtés d'autres réalisateurs de renom pour décrocher le sésame, il finit par convaincre l'auteur à succès, en lui promettant notamment de filmer la globalité de ce premier film en Angleterre et de réunir uniquement à l'écran un casting britannique.

Voilà comment Chris Columbus est devenu le seul réalisateur américain à avoir piloté un épisode d'Harry Potter. Et même deux puisqu'après s'être attaché à "Harry Potter à l'école des sorciers" (2001), il est reconduit sur le deuxième opus de la franchise, "Harry Potter et la chambre des secrets" (2002). Un temps considéré sur le troisième volet, il retourne finalement aux États-Unis se consacrer à sa famille, qu'il a peu vue les années passées puisqu'il vivait en Angleterre pour les besoins des tournages. Il produit néanmoins l'opus, via sa société 1492 Pictures, réalisé par Alfonso Cuaron.

Les folles aventures des trois héros Harry, Ron et Hermione, l'école de magie Poudlard, les parties mouvementées de Quidditch, les monstres étranges, la musique de John Williams (déjà attaché à "Maman, j'ai raté l'avion"). Tous les ingrédients du succès sont là. Les spectateurs, petits comme grands, sont plus de 6 milliards à se déplacer dans les salles du cinéma du monde entier, grandissant avec Daniel Radcliffe, Emma Watson et Rupert Grint et s'arrachant livres comme goodies, de la baguette magique d'Harry Potter à l'écharpe Gryffondor. Les enfants de Columbus les premiers. Ils apparaissent même tous les quatre à un moment donné de la saga.

Et après ?

Depuis l'ouragan Harry Potter, Chris Columbus a principalement porté sa casquette de producteur. "La nuit au musée" (2009), "Percy Jackson" (2010) − dont il réalise le premier volet − "La couleur des sentiments" (2011) et "Tallulah" (2016) sont autant de films à succès qu'il chapote en tant que producteur. En 2015, il repasse derrière la caméra pour le divertissant "Pixels", dans lequel l'espèce humaine se voit attaquer par des personnages de jeu vidéo tels que Pacman et Donkey Kong... On vous l'avait bien dit, Chris Columbus n'a pas grandi. S'il n'a pas découvert l'Amérique comme son homologue Christophe Colomb (en anglais son nom se prononce Christopher Columbus), il aura contribué à la rendre meilleure.

Filmographie :

2015 : Pixels
2012 : Applebaum (Téléfilm)
2010 : Percy Jackson : Le voleur de foudre
2009 : I Love You, Beth Cooper
2005 : Rent
2002 : Harry Potter et la chambre des secrets
2001 : Harry Potter à l'école des sorciers
1999 : L'homme bicentenaire
1998 : Ma meilleure ennemie
1995 : Neuf mois aussi
1993 : Madame Doubtfire
1992 : Maman, j'ai encore raté l'avion
1991 : Ta mère ou moi !
1990 : Maman, j'ai raté l'avion !
1988 : Heartbreak Hotel
1987 : Nuit de folie

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