David Byrne

©Abaca, Utrecht Robin
Exilé depuis tout petit outre-Atlantique, d'abord au Canada à ses 2 ans avant que ses parents ne s'installent définitivement dans le Maryland six ans plus tard, David Byrne se lance dans la musique alors qu'il est encore étudiant à l'École du design de Rhode Island. Il y rencontre Chris Frantz et sa petite-amie Tina Weymouth, avec qui il s'envole bientôt pour New York et fonde Talking Heads en 1974. Le groupe, dont il est à la fois chanteur est guitariste, est lancé dans les bacs trois ans plus tard avec "Talking Heads '77", qui comprend déjà le classique Psycho Killer. S'en suivront par la suite autant de tubes que Life During Wartime, Once in a Lifetime ou encore Burning Down the House.

David Byrne, ce personnage longiligne, l'air presque crispé tout droit dans son costume bien soigné, se fait déjà une petite réputation pour ses prestations scéniques, quelque peu conceptuelles. Alors qu'il se positionne dès le début des années 1980 comme une figure populaire d'avant-garde, le chanteur et musicien ne tarde pas à se lancer dans des projets parallèles. En collaboration avec l'un des producteurs de Talking Heads, Brian Eno, il dévoile en 1981 "My Life in the Bush of Ghosts", véritable pionnier des différentes tendances électroniques et du sampling. Tout en gardant sa place centrale au sein de son groupe, qui fait toujours un carton avec "Little Creatures" (1985), l'artiste se tourne par ailleurs vers les planches. Après avoir composé en 1981 la musique de "The Catherine Wheel", spectacle de danse de Twyla Tharp, il diffuse en 1985 l'opus "The Knee Plays", réalisé pour l'opéra "Civil Wars" de Robert Wilson.

L'année suivante, voilà qu'il investit les salles obscures avec une comédie musicale de sa propre réalisation : "True Stories", portée par une bande originale des Talking Heads, s'immisce dans une petite ville du Texas le temps d'un concours de talents. Malgré la présence notable de l'acteur américain John Goodman, le film passe toutefois largement inaperçu. S'il retournera derrière la caméra à quelques (petites) reprises, c'est surtout pour ses talents de compositeur que David Byrne va laisser une trace mémorable dans l'histoire du septième Art. Et ce dès 1987, lorsqu'il participe à la bande originale du fameux "Dernier Empereur" de Bernardo Bertolucci. L'oeuvre, acclamée de toutes parts, lui vaut un beau triplé gagnant : l'Oscar, le Golden Globe et le Grammy Award de la Meilleure musique de film.

Après avoir signé l'année suivante la bande originale de la comédie "Veuve, mais pas trop..." de Jonathan Demme avec Michelle Pfeiffer et Alec Baldwin, l'artiste se lance (enfin) dans une carrière solo. Talking Heads ne sera officiellement dissout que trois ans plus tard, mais le groupe a déjà enregistré son dernier album studio avec "Naked" (1988). Aussi est-ce une nouvelle ère qui commence lorsque le chanteur revient seul dans les bacs en 1989. Une ère placée sous le rythme latino : "Rei Momo" - diffusé d'ailleurs sur le label Luaka Bop, qu'il a fondé un an auparavant pour explorer justement la musique dite "du monde" - est une véritable ode à la cumbia, au merengue et autre mambo.

Les critiques n'apprécient que moyennement cette tentative d'exotisme, mais David Byrne n'en a que faire. "Une fois que vous laissez quelque chose s'emparer de vous, vous êtes changé à jamais", écrira-t-il plus tard dans les colonnes du New York Times. Son véritable amour pour la musique latine, et notamment brésilienne, le mènera à publier diverses compilations d'artistes sud-américains sur son label. Et ses prochains efforts personnels continueront d'être teintés de sonorités afro-latinos... Même si "Uh-oh" (1992) est définitivement plus pop-rock que son prédécesseur, obtenant d'ailleurs une paire de nominations aux MTV Video Music Awards pour She's Mad. Et que "Feelings" (1997) se fera quant à lui surtout remarquer pour sa collaboration avec le groupe britannique électro/trip hop Morcheeba.

Après avoir dévoilé un sixième opus solo, "Look Into the Eyeball" (2001), David Byrne retrouve sur scène ses anciens acolytes des Talking Heads, pour la première fois depuis plus d'une décennie. Le groupe, introduit en 2002 au Rock & Roll Hall of Fame, entonne pour ...
l'occasion certains de ses plus grands tubes. Mais loin de se languir sur le passé, et contrairement même à ce que souhaiteraient certains membres de la formation iconique, le chanteur et musicien poursuit par la suite son petit bonhomme de chemin, multipliant les domaines d'exploration artistique.

Alors qu'il s'adonne depuis les années 1990 à diverses expositions, tantôt photographiques, tantôt d'installations conceptuelles, il poursuit notamment son intrusion sur les écrans. Ainsi signe-t-il les bandes originales du "Young Adam" (2003) de David Mackenzie avec Ewan McGregor et Tilda Swinton, puis du "This Must Be the Place" (2011) de Paolo Sorrentino, récompensé à Cannes, qui met en scène un Sean Penn mué en rock-star (presque) méconnaissable. De même, c'est bien la musique de David Byrne que les téléspectateurs peuvent entendre tout le long de la deuxième saison de "Big Love" (2007), série dramatique portée par Bill Paxton et Chloë Sevigny sur HBO.

Comme en témoigne son album "Grown Backwards" (2004), dans lequel il incorpore un peu d'opéra avec "La Traviata" de Verdi et les "Pêcheurs de perles" de Bizet, l'artiste reste toujours avide de nouvelles expériences musicales. Aussi le voit-on assister le célèbre DJ britannique Fatboy Slim en 2010 sur "Here Lies Love", un opus contant l'histoire de l'ancienne Première Dame des Philippines, Imelda Marcos, sur la voix de chanteuses comme Tori Amos, Cyndi Lauper, Sharon Jones et Florence Welch. L'oeuvre est plus tard adaptée aux planches du Public Theater de New York (2013), puis du National Theatre de Londres (2014-2015), pour une comédie musicale rock mise en scène par Alex Timbers.

Les deux derniers albums de David Byrne présentent également de nouvelles collaborations : d'abord avec un ancien partenaire musical, Brian Eno, pour "Everything That Happens Will Happen Today" (2008), puis avec la chanteuse St. Vincent pour "Love This Giant" (2012). Jamais là où on l'attend, l'ancien leader des Talking Heads entre par ailleurs de temps à autres dans les studios d'artistes aux registres bien différents : auprès des rockeurs d'Arcade Fire pour chanter les coeurs sur leur reprise de Speaking in Tongues (2011), ou aux côtés des rappeurs de De La Soul pour le titre Snoopies, tiré de leur dernier opus "and the Anonymous Nobodies" (2016).

Celui qui tient en outre assidûment un journal, ainsi qu'une webradio sur son site web, semble bien loin d'être prêt à rendre son tablier. David Byrne, la soixantaine passée, revient en 2017 sur deux fronts : il présente une nouvelle exposition de performance artistique intitulée "The Institute Presents : Neurosociety", dans la Silicon Valley, et annonce une nouvelle comédie musicale retraçant l'histoire de Jeanne d'Arc, "Joan of Arc: Into the Fire", qui démarerra au Public Theater new-yorkais pour la Saint-Valentin. Et lorsqu'on lui demande - pour la énième fois - s'il n'envisagerait pas une réunion des Talking Heads, l'artiste répond (à The Creative Independent) : "(Ce) serait sans doute un grand succès pour une certaine génération, et même peut-être pour plusieurs générations. Ça me rapporterait beaucoup d'argent et d'attention. Mais ce serait aussi un grand pas en arrière..." Toujours aller de l'avant, ainsi semble être la devise de l'infatigable explorateur musical.

Discographie :

2012 : Love This Giant, avec St. Vincent
2008 : Everything That Happens Will Happen Today, avec Brian Eno
2004 : Grown Backwards
2001 : Look Into the Eyeball
1997 : Feelings
1994 : David Byrne
1992 : Uh-oh
1989 : Rei Momo
1981 : My Life in the Bush of Ghosts, avec Brian Eno

Filmographie :

Réalisateur :

1994 : Between the Teeth (Documentaire musical)
1990 : Red Hot and Blue (Téléfilm musical collectif)
1989 : Îlé Aiyé
1986 : True Stories

Acteur :

2012 : Les Simpson (Série TV animée)
2011 : This Must Be the Place, de Paolo Sorrentino
1998 : Lulu on the Bridge, de Paul Auster
1989 : Checking Out, de David Leland
1987 : Trying Times (Série TV)
1986 : True Stories, de David Byrne
1986 : Dead End Kids, de Joann Akalaitis
1985 : Survival Guide, de Jonathan Demme

Récompenses :

1989 : Grammy Award de la Meilleure bande originale, pour "Le dernier empereur"
1988 : Oscar de la Meilleure bande originale, pour "Le dernier empereur"
1988 : Golden Globe de la Meilleure bande originale, pour "Le dernier empereur"

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