Françoise Dorléac

©Getty Images, Central Press / Intermittent
Fille de deux comédiens, Maurice Dorléac et de Renée Simonot, elle est la seconde d'une lignée de quatre filles, Catherine, Sylvie et Danielle. Leurs parents les élèvent de manière relativement libre pour l'époque, laissant les jeunes filles embrasser leurs ambitions, essentiellement artistiques pour Françoise et Catherine.
Enfant, Françoise fait montre d'une personnalité forte : elle se démarque de ses soeurs par un tempérament déterminé, espiègle voire un peu extrême. Elle décide pourtant à l'origine de devenir bonne soeur, comptant sur sa foi catholique indéfectible. Mais son charisme, son besoin de tout exprimer, d'exulter même, prend le dessus, éloignant de fait une vie de confinement dans les ordres... La jeune Françoise se fait d'ailleurs renvoyer manu militari du lycée pour indiscipline.
Elégante et dotée d'un physique hors-norme pour l'époque, elle débute chez Christian Dior comme mannequin, mais elle s'ennuie vite et rêve de théâtre. Elle pousse alors les portes du conservatoire en 1959 et ne cache aucunement ses ambitions de réussite. Dans l'ombre, une autre travaille dur également, c'est Catherine. Les soeurs ne se quittent quasiment jamais, s'entraident, se complètent. La jeune soeur est plus discrète, réfléchie et en retrait, spectatrice prudente du parcours en accéléré de sa soeur. Catherine ramène souvent Françoise à la réalité du métier, ses difficultés et ses embûches. Entre temps, la belle Françoise fait ses classes et joue dans la pièce "Gigi", avec Gaby Morlaix.
Ambitieuse certes, Françoise Dorléac n'avait aucunement confiance en elle. Cette insécurité est connue de tous. L'actrice ne s'aime pas spécialement, critique son visage, ses tâches de rousseur, son nez, sa minceur extrême et prend peur dès qu'elle doit se montrer en public. Elle mène une vie d'ascète, ne boit pas et ne fume pas, mais sort beaucoup. Catherine elle, est jeune maman, mais ne se prive de rien.
Elle démarre sa carrière au cinéma avec "Les Loups dans la bergerie" d' Hervé Bromberger en 1960 et dans "Tout l'or du monde" chez René Clair. Dans "La Gamberge", elle incarne Françoise, une jeune fille qui monte à la capitale pour faire fortune... Elle rencontre sur le tournage un autre jeune premier de l'époque, Jean-Pierre Cassel, avec qui elle aura une liaison.
Elle ne laisse plus aucun réalisateur indifférent, sa voix grave et sa vivacité plaisent aux artisans de la Nouvelle Vague. En 1964, c'est le génial Philippe de Broca qui lui confie son plus important rôle dans "L'Homme de Rio" au côté de Jean-Paul Belmondo. Elle rencontre par la suite François Truffaut - dont elle sera amoureuse - qui la fait tourner dans "La Peau Douce". Françoise Dorléac y incarne Nicole, une hôtesse de l'air qui entame une relation avec ...
Pierre un écrivain marié. Les désillusions de leur couple adultère la rattrape et la mène jusqu'à l'irréparable.
C'est Roman Polanski qui lui donne l'occasion de s'éloigner des rôles de filles excentriques, quasiment exaltées et lui propose "Cul-de-sac" en 1966. Elle n'est pas la seule à s'imposer comme une valeur sûre du cinéma français, sa petite soeur Catherine a fait du chemin et est même une égérie : elle tourne notamment en 1964 dans "Les Parapluies de Cherbourg" de Jacques Demy, un chef-d'oeuvre couronné de la Palme d'or à Cannes.
Ce dernier pense alors réunir les deux soeurs dans une nouvelle comédie dansée et chantée, "Les Demoiselles de Rochefort", sorti en 1967. Il décide même d'en faire des jumelles qui rêvent de carrière de danseuse et de chanteuse à Paris... Le réalisateur ne lésine pas sur les moyens, s'offre même le géant Gene Kelly pour un pas de deux avec Françoise, ou encore Danielle Darrieux pour jouer leur mère, ou le premier danseur du film "West Side Story", George Chakiris pour couronner le tout. "Les deux soeurs jumelles nées sous le signe des gémeaux" emballent le public qui tombe sans effort amoureux des deux pépites du cinéma français d'alors.
Mais c'est en pleine gloire, le 26 juin 1967, alors que Françoise doit se rendre à l'aéroport de Nice pour s'envoler vers Londres, elle perd le contrôle de son véhicule et meurt sur le coup, à l'âge de 25 ans.
L'actrice Catherine Deneuve continue dans la presse à se livrer sur sa soeur disparue. Le 15 octobre 2010, Mademoiselle Deneuve a assisté au baptême d'un camélia baptisé en l'honneur de Françoise, le camélia Françoise Dorléac. La ville de Rochefort a également inauguré une place au nom de l'actrice en 1992.
Filmographie :
1967 : Les Demoiselles de Rochefort, de Jacques Demy
1967 : Un cerveau d'un milliard, de dollars de Ken Russell
1965 : Cul-de-sac, de Roman Polanski
1965 : Genghis Khan, d'Henry Levin
1965 : Passeport pour l'oubli, de Val Guest
1964 : L'Homme de Rio, de Philippe de Broca
1964 : La Peau douce, de François Truffaut
1964 : La Chasse à l'homme, d'Édouard Molinaro
1964 : La Ronde, de Roger Vadim
1962 : Arsène Lupin contre Arsène Lupin, d'Édouard Molinaro
1962 : La Gamberge, de Norbert Carbonnaux
1961 : La Fille aux yeux d'or, de Jean-Gabriel Albicocco
1961 : Tout l'or du monde, de René Clair
1960 : Les Loups dans la bergerie, d'Hervé Bromberger
1960 : Ce soir ou jamais, de Michel Deville
1960 : Les portes claquent, de Michel Fermaud et Jacques Poitrenaud

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