Gérard Oury

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Il n'y a pas une année où un classique signé Gérard Oury ne soit diffusé sur le petit écran français. Rien de plus normal lorsque l'on sait que, rien que "La Grande Vadrouille", sorti en 1966, a engrangé pas moins de 17 millions d'entrées en quelques mois, marquant le plus gros succès de la carrière de celui qui était pourtant destiné à une carrière d'acteur.

À sa sortie du Conservatoire national, il fait ses premiers pas sur les planches dans la pièce "Britannicus" et rejoint en qualité de pensionnaire la Comédie-Française. Mais il se voit coupé dans son élan à cause de la Seconde Guerre Mondiale, qui contraint l'homme d'origine juive à quitter la France et le théâtre dès 1940 pour Genève afin d'échapper à la terreur nazie.

Au sortir de la guerre, l'acteur va faire une rencontre fatidique : celle de Louis de Funès, rencontré en 1946 sur le tournage d'"Antoine et Antoinette" de Jacques Becker. Les deux hommes partagent en effet l'affiche : le premier joue un client, le second un épicier. Cinq ans plus tard, c'est de Bourvil qu'il fait la connaissance dans "Garou Garou, le passe muraille", de Jean Boyer.

C'est donc finalement ses quelques rôles d'acteur qui conduisent Gérard Oury à passer derrière la caméra et à diriger les plus grands comiques de l'époque. Mais il faudra patienter jusqu'en 1960 pour le voir s'emparer d'une caméra. "La Main chaude", son premier film pour lequel il a écrit le scénario et s'est attribué un rôle, est un échec commercial à sa sortie en salle.

Malgré cette débâcle, il insiste et propose "La Menace", d'après le roman "Les Mariolles" de Frédéric Dard, mais il faudra attendre 1962 et le film à sketchs "Le Crime ne paie pas" pour enregistrer un premier succès. Adapté des bandes dessinés de Paul Gordeaux, le film met en scène au travers de quatre segments, des vedettes de l'époque telles que Michèle Morgan, Philippe Noiret, Annie Girardot , Pierre Brasseur et un certain Louis de Funès.

Les années 1960 seront fastes pour le réalisateur discret, qui fait activer les zygomatiques des Français avec "Le Corniaud", 12 millions d'entrées en salle, l'occasion de réunir pour la troisième fois au cinéma le tandem de choc Bourvil/ Louis de Funès. S'inspirant de faits réels - l'animateur télé Jacques Angelvin et ses 52 kilos d'héroïne pure retrouvés dans sa Buick - Oury la transpose en farce tonitruante y intégrant des répliques à jamais gravées dans la mémoire collective : "Bah maintenant elle va marcher beaucoup moins bien, forcément!". Au vu du succès du film, plusieurs remakes ont afflué en Italie, en Allemagne et même en Slovénie. En revanche, les Etats-Unis, même en ayant proposé une somme importante à Gérard Oury et au producteur Robert Dofman, n'ont pas eu les droits pour l'adapter.

L'année suivante, ce n'est plus sur les routes de Naples et de Bordeaux, mais sur celles de Paris et de Bourgogne que le duo fanfaronne. Au sommet de leur art dans "La Grande Vadrouille", ils parviennent tout deux à faire rire aux éclats le public sur un sujet qui n'y prête pas du tout : l'époque de l'Occupation allemande. Pourtant vécue comme un traumatisme par les Français de l'époque, cette phase de l'Histoire devient ici loufoque et presque cartoonesque, attirant 17 millions de spectateurs en salle : un succès historique ...
qui place le film en tête du box-office français jusqu'à la sortie de Titanic en 1998 (27 774 181 entrées).

Sa collaboration avec Louis de Funès donnera naissance à d'autres comédies devenues cultes, du film d'époque "La Folie des grandeurs", avec Yves Montand aux "Aventures de Rabbi Jacob" (1973) où il y parle avec humour de l'antisémitisme ("Vous êtes juif Salomon ?"), lui qui en a été victime, au travers du personnage haut en couleur - et très chauvin - de Victor Pivert. Telle sera la ligne rouge de son cinéma drôlement engagé : dénoncer par le rire les travers humains.

Le clown Pierre Richard et le cascadeur Jean-Paul Belmondo tourneront également sous sa direction dans "La Carapate" (1978) pour le premier et dans "L'As des as" (1982) et "Le Cerveau" (1968) pour le second. En 1999, le réalisateur signe son dernier film, "Le Schpountz", un remake de Marcel Pagnol datant de 1938 qui sera un échec commercial en salle avec moins de 200 000 entrées comptabilisées.

Fait commandeur de la Légion d'honneur par le président François Mitterrand en 1991, il reçoit un César pour l'ensemble de sa carrière deux ans plus tard, avant que le festival de Cannes ne lui rende hommage en 2002. Quatre ans avant sa disparition, le 20 juillet 2006 à Saint-Tropez à l'âge de 87 ans. Gérard Oury aura passé plus de 60 années de sa vie au service du rire. Le petit écran le lui rend bien en multi-rediffusant ses classiques demeurés intemporels.
Filmographie :
Réalisateur
1999 : Le Schpountz
1996 : Fantôme avec chauffeur
1993 : La Soif de l'or
1989 : Vanille faise
1987 : Lévy et Goliath
1984 : La Vengeance du serpent à plumes
1982 : L'As des as
1980 : Le Coup du parapluie
1978 : La Carapate
1973 : Les Aventures de Rabbi Jacob
1971 : La Folie des grandeurs
1969 : Le Cerveau
1966 : La Grande Vadrouille
1965 : Le Corniaud
1962 : Le crime ne paie pas
1960 : La Menace
1960 : La Main chaude
Acteur
2003 : Là-haut, un roi au-dessus des nuages, de Pierre Schoendoerffer
1964 : A couteaux tirés, de Charles Gérard
1963 : Pas de lauriers pour les tueurs, de Mark Robson
1959 : Le Voyage, d'Anatole Litvak
1958 : Le Miroir à deux faces, d'André Cayatte
1958 : Le Dos au mur, d'Edouard Molinaro
1958 : Le Septième Ciel, de Raymond Bernard
1957 : Les Marines, de François Reichenbach
1957 : Méfiez-vous fillettes, d'Yves Allégret
1956 : La Maison des secrets, de Guy Green
1956 : La Meilleure Part, d'Yves Allégret
1955 : La Fille du fleuve, de Mario Soldati
1954 : Détective du bon Dieu, de Robert Hamer
1954 : Commando à Rhodes, de Lewis Milestone
1953 : Le Fond du problème, de George More O'Ferrall
1953 : La Rose et l'Epée, de Ken Annakin
1953 : La Belle Espionne, de Raoul Walsh
1953 : L'amante di paride, de Marc Allégret et Edgar George Ulmer
1952 : Le Costaud des Batignoles, de Guy Lacourt
1952 : Horizons sans fin, de Jean Dréville
1951 : La nuit est mon royaume, de Georges Lacombe
1951 : ... Sans laisser d'adresse, de Jean-Paul Le Chanois
1951 : Garou-Garou, le passe-muraille, de Jean Boyer
1949 : La Belle que voilà, de Jean-Paul Le Chanois
1949 : La Souricière, d'Henri Calef
1948 : Du Guesclin, de Bernard de Latour
1948 : Jo la Romance, de Gilles Grangier
1947 : Antoine et Antoinette, de Jacques Becker
1942 : Les Petits Riens, de Raymond Leboursier
Récompenses :
1993 : César pour l'ensemble de sa carrière
1991 : Commmandeur de la Légion d'honneur

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sortie le 13 juillet 2016
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