Iggy Pop

©Getty Images, Rob Ball
Adolescent, c'est derrière une batterie que le futur performeur s'installe au coeur d'un groupe de garage dénommé les Iguanas, puis les Prime Movers, ou encore auprès d'un chanteur de blues à Chicago. Il ne prend finalement le micro qu'à 20 ans, sous le pseudonyme d'Iggy Stooge, dans le groupe qu'il vient de former à Detroit avec les frères Ron et Scott Ashton (guitare et batterie) ainsi que Dave Alexander (basse) : les Psychedelic Stooges.

Ce dernier est d'abord classé dans une mouvance rock expérimental, à mi-chemin entre le Velvet Underground et les Doors, mais se démarque vite de par son jeu scénique. Son leader, tout particulièrement, se fait rapidement une réputation pour son allure outrancière, son inclinaison à faire tomber le haut (puis s'étaler toute sorte de nourriture et se taillader le torse), ou encore ses plongeons dans le public - oui, Iggy fait bien partie des premiers artistes, avec Jim Morrison, à lancer le désormais traditionnel stage diving.

Plus que du rock, ceux qui se font bientôt simplement appeler The Stooges ont ouvert un nouveau monde musical sur la scène de Detroit : le punk rock. Signé sur le label des Doors, Elektra, le groupe publie un premier album éponyme en 1969, suivi de "Fun House" en 1970. Si ceux-ci seront plus tard considérés comme des classiques précurseurs du genre, ils ne rencontrent alors pas un franc succès, les jeunes artistes recueillant des avis très partagés face à leur attitude borderline.

Si bien que The Stooges perd son contrat dès 1971. Les performances de plus en plus exorbitantes - et franchement inquiétantes - du leader, dorénavant appelé Iggy Pop, sont notamment mises en cause. Alors que le groupe se sépare cette année-là, le chanteur entame une (première) cure d'héroïne, entre autres substances. C'est là qu'il croise le chemin de David Bowie : alors en plein dans son personnage de Ziggy Stardust, ce fan de la première heure - dont la chanson The Jean Genie est directement inspirée de l'artiste punk - vient expressément le chercher pour reformer le groupe.

Il produit "Raw Power" en 1973, explosif troisième album d'Iggy & The Stooges, qui donne notamment le titre Search and Destroy, depuis classé parmi les "500 plus grandes chansons de tous les temps" par le magazine Rolling Stone. Mais le retour du groupe sur les devants de la scène ne dure pas. De nouveau face à des problèmes de drogues, celui-ci se sépare définitivement et Iggy Pop atterrit, sans domicile fixe, à Los Angeles. Il finit par être hospitalisé de son plein gré en hôpital psychiatrique, où il recevra quelques visites de son ami Bowie.

Ce dernier lui offre à sa sortie de l'accompagner sur sa tournée européenne, après laquelle les deux emménagent ensemble à Berlin en 1976. De cette cohabitation naît une fructueuse collaboration : le chanteur émérite produit, dès l'année suivante, "The Idiot" et "Lust For Life", sur lequel figure le fameux Passenger, et accompagne son protégé au clavier pendant sa tournée aux Etats-Unis. Remis sur pied, avec davantage de succès en solo qu'auprès des Stooges, Iggy Pop s'envole de lui-même en 1979 avec "New Values", bien reçu auprès des critiques.

Après quelques autres essais, où il tente en vain de se réinventer, et un nouveau temps mort consacré à lutter contre ses vices récurrents, le chanteur revient auprès de Bowie en 1986. Ce dernier avait rencontré, trois ans plus tôt, un grand succès en publiant le remix de China Girl que les deux avaient co-écrits sur ...
"The Idiot". Aussi accepte-t-il tout naturellement de produire "Blah Blah Blah", une des plus grandes réussites commerciales d'Iggy Pop.

L'ex-leader des Stooges semble encore se chercher avec "Instinct" (1988) avant de trouver la gloire avec le mainstream "Brick by Brick", dont le duo avec Kate Pierson des B-52's sur Candy atteint le Top 20 des charts américains. C'est toutefois dans "American Caesar" en 1993, avec des titres comme Wild America et la reprise du Louie Louie de The Kingsmen, que les critiques le préfèrent. Et trois ans plus tard qu'il devient légendaire : Iggy Pop fait un carton en 1996 grâce à un titre vieux de 20 ans, Lust for life, mis en avant dans la bande originale du fameux "Trainspotting" de Danny Boyle. Pour cause, la comédie britannique déjantée est tirée d'une nouvelle d'Irvine Welsh, dont l'idée lui a largement été insufflée par l'extravagant personnage punk.

Après avoir expérimenté le 7e Art, avec des rôles dans "Cry Baby" (1990), "Dead Man" (1995) ou encore "The Crow, la cité des anges" (1996), et après avoir sorti le très calme "Avenue B" (1999) suivi du très rock "Beat 'Em Up" (2001), Iggy Pop revient aux côtés des Stooges au début des années 2000. Le cinquantenaire, inchangé, si ce n'est pour quelques rides et une longue chevelure blonde, fait appel à ses anciens acolytes pour l'album "Skull Ring" (2003), puis reforme le groupe en 2007 sur "The Weirdness".

Si ce nouvel opus, sorti trente ans après "Raw Power", reçoit des critiques très mitigées, il rappelle le rôle indéniable qu'a joué la formation d'Iggy Pop sur la scène rock américaine. Aussi une certaine Madonna suggère-t-elle, en 2008, d'intégrer le groupe et son trublion de leader au prestigieux Rock and Roll Hall of Fame. Il faudra attendre deux ans, après la mort du guitariste et bassiste Ron Ashton en 2009, pour que justice soit rendue.

Et la légende continue de s'écrire d'elle-même... Acclamé par les critiques et arrivé en 17e place du classement Billboard, c'est d'ailleurs en 2016 qu'Iggy Pop signe sa plus grande réussite avec "Post Pop Depression". A près de 70 ans, le performeur est plus que jamais en forme olympique : toujours serré dans un pantalon taille basse, le torse dévoilé pour jouer, encore, de ses contorsions déchaînées.

Discographie :

2016 : Post Pop Depression
2012 : Après
2009 : Préliminaires
2003 : Skull Ring
2001 : Beat 'Em Up
1999 : Avenue B
1996 : Naughty Little Doggie
1993 : American Caesar
1990 : Brick by Brick
1988 : Instinct
1986 : Blah Blah Blah
1982 : Zombie Birdhouse
1981 : Party
1980 : Soldier
1979 : New Values
1977 : Lust for Life
1977 : The Idiot

Filmographie :

2016 : Gutterdammerung
2016 : Blood Orange
2015 : Sharktopus vs. Whalewolf (téléfilm)
2014 : Mr. Pickles (série TV)
2014 : Asthma
2014-2013 : Once Upon a Time in Wonderland (série TV)
2012 : L'étoile du jour
2010 : Arthur 3: la guerre des deux mondes
2010 : Art House
2009 : Suck
2008-2007 : Lil' Bush: Resident of the United States (série TV)
2007 : Persepolis
2007 : American Dad! (série TV)
2006 : Wayne County Ramblin'
2003 : Coffee and Cigarettes
2002 : Fastlane (série TV)
2000 : Jour blanc
1998 : Les razmoket, le film
1998 : Star Trek: Deep Space Nine (série TV)
1997 : The Brave
1996 : The crow, la cité des anges
1996-1994 : The Adventures of Pete & Pete (série TV)
1995 : Atolladero
1995 : Dead Man
1995 : Tank Girl
1990 : Hardware
1990 : Shannon's Deal (série TV)
1990 : Cry Baby
1986 : La couleur de l'argent
1986 : Sid & Nancy
1983 : Rock & Rule
1982 : Hold Tight! (série TV)

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