James Ellroy

©Abaca, DPA
James Ellroy naît à Los Angeles en 1948, dans un foyer qui ne lui promet ni bonheur, ni projet. C'est à l'âge de dix ans que Jean Ellroy, sa mère, meurt assassinée en 1958 par un serial killer. Ce choc sera indélébile et forme déjà l'esprit et l'intelligence de James, une propension à la narration, à l'imaginaire et... au sordide. Il emménage alors avec son père mais il n'est pas promis à un avenir éblouissant.

Au lycée, il se fait déjà remarquer pour son affection pour la polémique : il critique l'intouchable JFK, exprime un certain attrait pour l'idéologie nazie... C'est un garçon introverti, aux moeurs étranges pour beaucoup. Son père fait un accident vasculaire cérébral. Sa condition de quasi-paralytique oblige James à être à son chevet et le soigne comme il peut. Il continue ses petits larcins et son évolution de jeune homme en eaux troubles.

Il échappe à l'armée après avoir inventé un dysfonctionnement d'élocution pour ne pas quitter son père. Ellroy rejoint donc son paternel mais celui-ci succombe peu de temps après son retour. La descente aux enfers continue pour le jeune homme qui se fait renvoyer du lycée pour ses propos politiques. À l'âge de dix-huit ans, James est mis à la porte de tout le monde et vit dans la rue, continuant de mener une vie de marginal, tout en s'acoquinant aux stupéfiants en tous genres.

Après avoir fait un court séjour en prison, résultat de ses exploits de cambrioleur à la petite semaine, il décroche son premier emploi d'adulte et tente de se réconcilier avec la société. Mais les excès continuent, sa consommation d'alcool atteint un niveau délirant, il contracte des pneumonies et des maladies à répétition. James décide de virer de bord pour changer de vie et prend pour travail un poste de caddy de golf. Il commence à écrire sur le tard, vers l'âge de trente ans.

Son insatiable curiosité pour les bas-fonds de Los Angeles, sa police parfois pourrie, les filles à qui l'on fait miroiter la célébrité mais qui se font exploiter, les faits divers, ces gens que l'on assassine dans des quartiers délabrés... ont formé son esprit de narrateur. Il commence en 1981 avec "Brown's Requiem" et "Clandestine" en 1982. Il démarre une trilogie, avec "Blood on the Moon" (1984), "Because the Night", "Suicide Hill" en 1985. Mais son vrai premier roman à succès débarque en 1987, premier volume de la quadrilogie "L.A. Quarter" : "Le Dahlia Noir".

Ce roman, inspiré du terrible fait divers de 1947 fascine les lecteurs. L'auteur s'inspire de l'assassinat terrifiant d'une jeune actrice troublée et troublante, Elizabeth Short, brune incendiaire qui fut retrouvée coupée en deux dans un terrain vague de Los Angeles. Les spécialistes d'Ellroy conviennent vite que l'auteur a mis en parallèle cette terrible (et probable) affaire de moeurs avec le propre ...
meurtre de sa maman, en 1958. James Ellroy paraît vite comme le chef de file des auteurs de romans noirs, brisant le rêve d'Hollywood en mille morceaux, mettant en exergue les travers dégénérés des exclus du rêve américain. Son écriture est sèche, dépouillée et "très sujet-verbe-complément", sans ornement.

Sa passion pour la violence et surtout pour la police de Los Angeles transpirent de ses romans. Il met en scène des hommes parfois seuls et alcoolisés, traquant le mal et les fous à travers les rues de la Cité des Anges sans grande conviction, comme des esclaves de leur boulot ingrat. En 1990, "L.A. Confidential" sort en librairie et déjà, le cinéma s'intéresse à Ellroy, grâce à sa capacité à dessiner des personnages, à leur conférer une personnalité précise et bien sûr son goût pour l'obscurité des âmes. Sa carrière de scénariste peut démarrer.

Ellroy avait déjà écrit pour le cinéma, le scénario de "Cop", réalisé par James B. Harris en 1988 et qui vait remporté un succès modeste. On adapte enfin l'un de ses livres, "L.A. Confidential", réalisé en 1997 par Curtis Hanson. Ce récit sur trois flics de Los Angeles déterminé à faire la lumière sur le massacre de l'Oiseau de nuit, met en scène les stars de l'époque, comme Kevin Spacey et Russell Crowe. Le film est un triomphe critique et commercial, Ellroy devient célèbre dans le milieu du cinéma.

En 2006, "Le Dahlia Noir" est adapté par le maître de la violence esthétique au cinéma, Brian de Palma. Toujours aussi rigide et intraitable, Ellroy avait prédit que le film serait un flop. Il ne se sera guère trompé, le film met en scène Josh Hartnett, Aaron Eeckhart et Scarlett Johansson est très mal accueilliet par la suite, le film subit une réévaluation incessante de la part des critiques, déchirées entre le talent de De Palma et la qualité de l'histoire, parfois empêchée par les prestations de ses acteurs, trop irrégulières.

En tant que scénariste, il n'aura réellement écrit que trois histoires : "Dark Blue" (2003), "Au bout de la nuit" (2008) et "Rampart" en 2011. James Ellroy continue essentiellement sa carrière d'auteur de romans, toujours entâchés de crimes et d'intrigues policières.

A ce jour, son succès est toujours au plus haut, critiqué ou adoré par la presse littéraire, il construit vigoureusement sa légende, notamment avec de savoureux satisfecits comme : "Je suis le maître de la fiction. Je suis le plus grand auteur de fictions criminelles qui ait jamais vécu. Je suis à la littérature criminelle ce que Tolstoï est au roman russe et ce que Ludwig Van Beethoven est à la musique". En toute modestie.

Scénariste :

2011 : Rampart, d'Oren Moverman
2008 : Au bout de la nuit, de David Ayer
2003 : Dark Blue, de Ron Shelton

Ses derniers films

Tous ses films

Rampart

suspense
sortie le 3 juillet 2013
Rampart

Au bout de la nuit

suspense
sortie le 25 juin 2008
Au bout de la nuit

Le Dahlia noir

suspense
sortie le 8 novembre 2006
Le Dahlia noir

Dark Blue

suspense
sortie le 20 août 2003
Dark Blue
 
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