Jean D'Ormesson

©Abaca, Bessiere Franck
Son grand-père ne savait pas quoi faire de ce jeune homme qui ne répondait rien à la question "Que veux-tu faire plus tard ?" L'avenir était mal parti pour ce membre de la famille Lefèvre d'Ormesson, fils d'un ambassadeur de France. S'il aimait bien lire dans les couloirs du château familial de Saint-Fargeau, dans l'Yonne, où il grandit, l'idée d'écrire ne lui a jamais traversé l'esprit. Comme beaucoup, c'est pour plaire à une fille qu'il s'est mis à écrire, mais pas une lettre d'amour. Un roman entier.

Pas suffisant pour plaire aux filles, ce roman part aux oubliettes et Jean d'O, comme il se fait surnommer, continue son bonhomme de chemin. Balloté de villes en villes pendant sa jeunesse à cause des missions de son père, il parvient néanmoins à décrocher son baccalauréat en 1943 après un premier échec. Normalien à l'âge de 19 ans, il se passionne pour les belles lettres et se lance dans une agrégation de philosophie après avoir obtenu sa licence de lettres et d'histoire.

L'érudit aux yeux couleur océan met à bien ses talents d'auteur dans une carrière de journaliste. Paris Match et les quotidiens régionaux Ouest-France, Nice-Matin et Le Progrès de Lyon voient sa plume de qualité passer dans leurs pages. Suite à son mariage tardif à l'âge de 37 ans avec la fille d'un magnat de la presse et administrateur du Figaro, il entre dans le quotidien de droite qu'il finira par diriger de 1974 à 1977. Toujours attaché au journalisme, Jean d'Ormesson continue régulièrement de collaborer à la rubrique Débats et opinions du Figaro.

Au début des années 1950, Jean d'Ormesson est nommé au poste de secrétaire général du Conseil international de philosophie et des sciences humaines (CIPSH). Alors que son père l'encourage vivement à se diriger vers une carrière de haut fonctionnaire, sa passion pour la littérature le rattrape. Son premier roman, "L'Amour est un plaisir", est publié en 1956. Si les ventes restent confidentielles, une vocation est née.

En 1971, il reçoit le Grand Prix du roman de l'Académie française pour "La Gloire et l'Empire". Deux ans plus tard, le 18 octobre 1973, il entre dans cette institution jugée très sélective qui lui attribue le fauteuil numéro 12. En 1980, il donne un nouveau souffle à cette académie poussiéreuse en y faisant entrer une femme pour la ...
première fois en la personne de Marguerite Yourcenar.

Devenu l'un des écrivains préférés des Français par ses écrits autobiographiques à mi-chemin entre le récit et l'essai ("Du côté de chez Jean", "C'était bien", "Au revoir et merci") et son sens de la formule ("Les honneurs, je les méprise, mais je ne déteste pas forcément ce que je méprise."), l'intellectuel de droite entre dans l'Histoire en 2015 en se faisant éditer quatre de ses ouvrages majeurs dans la prestigieuse collection La Pléiade des éditions Gallimard. Une rareté pour un écrivain encore vivant.

Édité aujourd'hui par la maison d'édition de sa fille Héloïse, il traverse les années sans prendre une ride, toujours avec le sourire au coin de l'oeil. En 2011, il publie "La Conversation", un livre vendu à 60 000 exemplaires dans lequel il aborde le tournant du règne de Napoléon devenant Bonaparte. Deux ans plus tard sort "Un jour je m'en irai, sans en avoir tout dit" (2013), un roman interrogeant le monde qui l'entoure, suivi de "Comme un chant d'espérance" (2014) explorant le mystère de l'univers. En 2016 est édité "Je dirais malgré tout que cette vie fut belle" (2016), dans lequel il s'intente un procès, et "Guide des égarés" où il tente de répondre à la question "Qu'est-ce que je fais là ?" Entre deux écrits, il a fait ses premiers pas au cinéma en incarnant unFrançois Mitterrand fin gourmet face à Catherine Frot dans "Les Saveurs du Palais" (2012).

Très obsédé par le temps qui passe, comme on peut s'en apercevoir dans son livre "Voyez comme on danse", Jean d'Ormesson ne porte pourtant jamais de montre à son poignet - ni de chaussettes à ses pieds comme Einstein d'ailleurs - preuve qu'il est éternel, comme ses mots. "L'éternité, c'est ce qu'il y a de plus fragile, c'est du papier. Qu'est-ce qui reste de tout le passé ? Non pas les idées, parce qu'elles s'envolent, mais des mots écrits" confiait-il à Bernard Pivot en juin 1978.

Récompenses :

2016 : Prix Saint-Simon pour Je dirai malgré tout que cette vie fut belle
2016 : Prix Jean-Jacques Rousseau pour Je dirai malgré tout que cette vie fut belle
2014 : Grand-Croix de la Légion d'honneur
2001 : Prix Combourg pour Voyez comme on danse
1971 : Grand Prix du roman de l'Académie française pour La Gloire et l'Empire

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