Jean Seberg

©Getty Images, Mondadori Portfolio
C'est à l'âge de 12 ans que naît la vocation de Jean Seberg pour le métier d'actrice. Grande admiratrice de Marlon Brando, elle décide très tôt de suivre les pas de son idole et se lance dans le cinéma. C'est chose faite en 1957 lorsque, à l'issue d'un casting réunissant plus 18 000 candidates, la belle Américaine est sélectionnée pour incarner la pucelle d'Orléans dans le drame Sainte Jeanne, réalisé par l'Autrichien Otto Preminger. Ebloui par sa prestation pleine de poésie et de sincérité, le cinéaste lui accorde de nouveau sa confiance l'année suivante, et lui offre le premier rôle de Bonjour tristesse, adapté du roman de Françoise Sagan. C'est le début d'une carrière brève, mais couronnée de succès.

Jean Seberg quitte ensuite son Iowa de naissance pour s'installer à Paris, ville lumière, qu'elle illuminera, justement, de son talent. Le premier coup d'éclat arrive en 1960, avec La Récréation de François Moreuil et Fabien Collin. Il est vite suivi par le sublime A bout de souffle de Jean-Luc Godard, manifeste du cinéma de la Nouvelle Vague, dans lequel la comédienne prête ses traits à Patricia Franchini, une charmante étudiante américaine vendeuse de journaux à ses heures perdues dont s'éprend Jean-Paul Belmondo. Succès critique, A bout de souffle érige Jean Seberg au statut d'icône de la Nouvelle Vague.

A cheval entre les Etats-Unis et la France, Jean Seberg tourne aussi bien sous la direction de metteurs en scène américains que français. Pour Robert Rossen, elle est Lilith, une jeune schizophrène tourmentée, dans le film éponyme de 1964. Avec Claude Chabrol, elle tourne deux films : La Ligne de démarcation en 1966 et La Route de Corinthe en 1967. En effet, les "sixties" sont fastes pour l'actrice. Elles se clôtureront d'ailleurs en apothéose, avec la comédie musicale La Kermesse de l'Ouest (1969).

Populaire, Jean Seberg devient la coqueluche de la presse à scandale. Cette dernière dévoile régulièrement les tumultes de sa vie privée. Leurs sujets de prédilection : sa relation avec l'écrivain Romain Gary, ses nombreuses liaisons, ainsi que ses activités militantes au sein du Black Panther Party. Car il faut le rappeler, Jean Seberg est l'une des premières actrices à s'insurger contre les injustices dont furent victimes les afro-américains dans les années 1970. Cette surmédiatisation affaiblit considérablement son état mental et physique. Progressivement, elle s'éloigne des plateaux de cinéma.

En 1972, Jean Seberg fait partie de la distribution cinq étoiles (Jean-Louis Trintignant, Michel Piccoli, Michel Bouquet...) de L'Attentat, thriller ...
signé Yves Boisset, inspiré de l'assassinat de l'opposant marocain Mehdi Ben Barka. Elle prête ensuite sa jolie chevelure blonde au personnage de Marilyn Monroe dans Les Hautes Solitudes (1974) de Philippe Garrel. Elle retrouve le réalisateur en 1978 pour Le Bleu des Origines. Ce sera sa dernière apparition dans les salles obscures.

Le 30 août 1979, Jean Seberg disparaît dans des circonstances opaques. Elle est retrouvée sans vie quelques jours plus tard. Malgré les nombreuses zones d'ombre entourant son décès, l'autopsie conclura au suicide.

Au-delà des frasques de sa vie intime, la comédienne laisse derrière elle le souvenir d'une actrice précoce, au talent pur. Pour toute une génération de cinéphiles, elle est et restera, l'étudiante ingénue à la coupe garçonne qui déambulait sur les Champs-Elysées le New York Herald Tribune sous les bras dans A bout de souffle.

Filmographie :

Actrice

1978 : Le Bleu des origines, de Philippe Garrel
1976 : Le Canard sauvage, de Hans W. Geißendörfer
1975 : Le Grand Délire, de Denis Berry
1974 : Pris au piège, de Daniel Petrie
1974 : Les Hautes Solitudes, de Philippe Garrel : Marilyn Monroe
1974 : Bianchi cavalli d'agosto, de Raimondo Del Balzo
1974 : Ballad for Billy the Kid, de Jean Seberg
1973 : La Corruption de Chris Miller, de Juan-Antonio Bardem
1972 : Police Magnum, de Romain Gary
1972 : Le Tueur à gages, de Pasquale Squitieri
1972 : L'Attentat, d'Yves Boisset
1971 : Questa specie d'amore, d'Alberto Bevilacqua
1970 : Vague de chaleur, de Nelo Risi
1970 : Macho Callahan, de Bernard Kowalski
1970 : Airport, de George Seaton
1969 : Pendulum, de George Schaefer
1969 : La Kermesse de l'Ouest, de Joshua Logan
1968 : Les oiseaux vont mourir au Pérou, de Romain Gary
1967 : La Route de Corinthe, de Claude Chabrol
1967 : Estouffade à la Caraïbe, de Jacques Besnard
1966 : L'Homme à la tête fêlée, d'Irvin Kershner
1966 : La Ligne de démarcation, de Claude Chabrol
1965 : Un milliard dans un billard, de Nicolas Gessner
1965 : Choc, de Mervyn Le Roy
1964 : Lilith, de Robert Rossen
1964 : Les Plus Belles Escroqueries du monde, de Jean-Luc Godard
1964 : Échappement libre, de Jean Becker
1963 : À la française, de Robert Parrish
1961 : Les Grandes Personnes, de Jean Valère
1961 : L'Amant de cinq jours, de Philippe de Broca
1961 : Congo vivo, de Giuseppe Bennati
1960 : Let No Man Write My Epitaph, de Philip Leacock
1960 : La Récréation, de François Moreuil et Fabien Collin
1960 : À bout de souffle, de Jean-Luc Godard
1959 : La souris qui rugissait, de Jack Arnold
1958 : Bonjour tristesse, d'Otto Preminger
1957 : Sainte Jeanne, d'Otto Preminger

Réalisatrice

1974 : Ballad for Billy the Kid (interprète des chansons du film)

Ses derniers films

Tous ses films

Bonjour Tristesse

comédie dramatique
sortie le 11 octobre 2017
Bonjour Tristesse

À bout de souffle

suspense
sortie le 23 juin 2010
À bout de souffle

Sainte Jeanne

autre
sortie le 8 novembre 2000
Sainte Jeanne

Les Hautes solitudes

drame
sortie le 15 décembre 1974
Les Hautes solitudes
 
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