Michel Ocelot

©Getty Images, Dominique Charriau
Marqué à jamais par les contes africains, notamment les Contes de la brouisse et de la forêt, qu'il découvre pendant son enfance en Guinée, Michel Ocelot débarque en France, à Angers, à l'âge de 12 ans. Le choc culturel est brutal pour l'adolescent, qui peine à s'adapter à cette nouvelle vie. Très vite, le dessin devient une échappatoire à sa vie d'immigré en mal du pays.

Élève à l'École des Beaux-Arts d'Angers, puis aux Arts décoratifs de Paris, il se familiarise en parallèle avec la caméra de son père. Débrouillard et curieux, il s'envole ensuite pour les États-Unis où il découvre les studios d'animation Disney à Los Angeles. Mais cette rencontre avec la firme aux grandes oreilles ne va pas le fasciner, bien au contraire : peu réceptif à l'univers de Mickey, il regrette le manque de princesses dans les films Disney et préfère tourner le dos à l'animation de cartoon.

De retour en France, il décide de tracer sa propre route, loin des sillons de l'animation classique. Mais d'abord, il effectue son service militaire au service cinématographique des armées, tout en participant parallèlement à des concours d'animation. Sa rencontre avec le producteur d'"Emmanuelle" (1974), Yves Rousset-Rouard, va lui permettre de collaborer pour la première fois avec le petit écran. Ce dernier lui propose d'écrire et de réaliser soixante épisodes de 5 minutes pour la série télévisée d'animation "Les Aventures de Gédéon", diffusée à partir du 9 février 1976 sur TF1. Long cou inhabituel, démarche sautillante... le caneton parlant ainsi que la totalité des personnages et décors du film seront réalisés avec la technique du papier découpé.

Une méthode artisanale qui lui attirera bon nombre de critiques. Un coup dur pour l'animateur, qui arrête de travailler et de chercher un quelconque travail alimentaire pendant un an. Dans son coin, il tente de faire son chef-d'oeuvre à lui, réalisé uniquement à base de papiers découpés. Pari réussi, "Les Trois Inventeurs" (1980) et sa dentelle blanche va faire parler de lui, mais positivement. Lauréat de plusieurs prix dans les festivals, dont le BAFTA du meilleur court-métrage d'animation, le film est une belle revanche pour Michel Ocelot, qui signe ici l'histoire, le montage et la fabrication des marionnettes créées avec des napperons de pâtissier.

Enfin reconnu dans le monde de l'animation, l'animateur français ne trouve pas pour autant de travail fixe. À l'exception d'une commande de Jacqueline Joubert pour Antenne 2 ("La Princesse insensible"). Lassé de réaliser des projets qui ne l'épanouissent pas, il réalise dans l'autonomie la plus totale, "La Légende du pauvre bossu", bijou dépouillé sans dialogue, ni couleurs, ni mouvements, qui lui fera remporter en 1982 le César du meilleur film d'animation. Une statuette qui ne change pas son quotidien, ce dernier continuant de vivre à petit feu en faisant des films à droite à gauche qui ne lui rapportent pas grand-chose.

En 1987, il quitte le temps d'un court-métrage les princes et princesses de ses rêves les plus fous pour réaliser "Les Quatre voeux", uniquement sur papier calque. Adaptation d'un conte grivois médiéval dans lequel un vilain se voit offrir la réalisation de quatre voeux par Saint Martin, le court est sélectionné en compétition officielle du Festival de Cannes.

La fin des années 1980 sonne sa dernière collaboration avec la télévision. Le concept de "Ciné Si" est simple et efficace : un homme, deux copains et un hibou entrent dans un vieux cinéma et discutent ...
d'une idée de film. À ce moment précis, l'un des courts imaginés par Michel Ocelot apparait sur l'écran de cinéma. Producteur du programme, Didier Bruner lui conseille d'arrêter de perdre son temps à la télévision et de se lancer dans le long-métrage d'animation.

Ce n'est qu'à la fin des années 1990, après des mois de chômage, que son premier film d'animation version longue sort en salle : "Kirikou et la sorcière" (1998). Dessin animé exotique sur lequel plâne son enfance en Afrique. Avant Kirikou, aucun film d'animation ne présentait de personnages africains. C'est une grande première qui va l'amener tout droit au succès critique et public, les Français s'attachant à ce petit homme parlant dans le ventre de sa mère avant de vaincre, avec intelligence et malice, les obstacles qui se mettent sur sa route. Sept ans plus tard, un deuxième volet, "Kirikou et les Bêtes sauvages" voit le jour et dépasse les entrées du premier. La création dépasse alors le maître, qui s'attèle à un tout autre sujet pour son film suivant.

"Azur et Asma" (2006), son quatrième long-métrage, vogue de nouveau sur le fleuve du conte de fée, mais sur fond d'immigration. Un sujet davantage destiné aux adultes qu'aux enfants. D'une rive à l'autre de la Méditerranée, deux frères de lait séparés brutalement finissent par se retrouver où qu'ils aillent. Ensemble, ils vont vivre dangers et merveilles. Pour narrer cette féerie visuelle entre Orient et Occident, l'orfèvre se documente, lit entre autres le Coran et l'Évangile. Sélectionné par le Festival de Cannes dans le cadre de la Quinzaine des réalisateurs, le film contient quelques passages en langue arabe non sous-titrés : une volonté de la part du réalisateur, souhaitant faire ressentir au public la frustration que peuvent ressentir les immigrés lorsqu'ils ne comprennent pas la langue du pays dans lequel ils vivent.

Cinq ans plus tard, en théâtre d'ombres et pour la première fois en 3D relief, son long-métrage "Les Contes de la nuit" sort en salle. Adapté de sa série de courts métrages en ombres chinoises Dragons et Princesses, il est le seul film français sélectionné en compétition officielle à la Berlinale. Cette année-là, le Prix Henri-Langlois du film d'animation et de l'image animée lui est décerné pour l'ensemble de son oeuvre.

Dans la continuité de son dialogue visuel avec la 3D, il fait de son Kirikou un adolescent en relief dans "Kirikou et les Hommes et les Femmes" (2012), troisième volet de ses aventures d'Afrique de l'Ouest. Le film regroupe comme ses prédécesseurs, cinq aventures indépendantes les unes des autres, racontées par le grand-père de Kirikou. Tandis que le précédent volet se concentrait sur les animaux de son village, ce sont les villageois qui sont ici mis en exergue.
Depuis, Michel Ocelot a réalisé le moyen-métrage "Ivan Tsarevitch et la Princesse changeante", sorti en septembre 2016. Le raconteur d'histoires nous plonge une nouvelle fois dans un univers enchanté où les rêves deviennent réalité.

Filmographie :

2016 : Ivan Tsarevitch et la Princesse changeante
2012 : Kirikou et les Hommes et les Femmes
2011 : Les Contes de la nuit
2006 : Azur et Asmar
2005 : Kirikou et les Bêtes sauvages
2000 : Princes et Princesses
1998 : Kirikou et la Sorcière

Récompenses :

2011 : Prix Henri-Langlois Film d'animation et de l'image animée pour l'ensemble de son oeuvre
1982 : César du meilleur court-métrage d'animation pour "La Légende du pauvre bossu"
1980 : BATFA du meilleur film d'animation pour "Les Trois Inventeurs"

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