Pénélope Bagieu

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©Abaca, Nicolas Genin
Depuis l'âge où elle sait tenir un crayon dans sa main, Pénélope Bagieu dessine. Pas vraiment motivée pour prendre des cours de dessin, elle reste la fille du lycée qui dessine bien mais ça ne va pas plus loin. Son baccalauréat économique et social en poche, elle prend une année sabbatique pour réfléchir à la voie qui lui correspondrait le mieux. De retour dans les rangs, elle tâtonne une année en classe préparatoire à l'ESAT Paris avant de réaliser qu'elle se sentirait plus à sa place dans un métier artistique.

La parisienne, née le 22 janvier 1982 dans le 14ème arrondissement, s'oriente alors dubitativement sans grande connaissance de l'Histoire de l'art vers l'Ecole nationale Supérieure des Arts Décoratifs. Elle s'y forge une solide culture artistique, touche au bois, à la peinture, mais surtout au dessin, le crayon n'ayant jamais vraiment quitté ses doigts. Mais qu'est-ce qu'elle pourrait bien faire avec ce fameux crayon ? Peut-on vraiment gagner sa vie en dessinant ? Toutes ces questions lui passent par la tête si bien qu'une fois diplômée, en 2006 avec la plus mauvaise note de sa promotion, elle se fagote un book et se met en quête d'un job dans l'illustration après un passage au Central Saint Martins College of Art and Design de Londres où elle y a expérimenté l'animation.

Arpentant le Tout-Paris dans le but de dénicher une collaboration quelconque avec un magazine ou une maison d'édition de la région, elle sème ses dessins scolaires et gribouillis personnels mais ne récolte que des refus. C'est sa rencontre avec un agent qui va la lancer sur le marché, mais un marché vite lassant, qui ne lui ressemble pas : celui de la publicité. D'abord pour Le Crédit Agricole, suivi d'entreprises généralement spécialisées dans l'aide à la personne et de la marque de surgelés Marie.

À cette époque, Pénélope Bagieu regrette le temps où, étudiante, elle expérimentait différents supports et faisait réellement travailler son imagination. N'ayant plus vraiment le temps de dessiner pour elle, elle y remédie en se lançant dans la blogosphère au début de l'année 2007. À cette période, encore peu d'illustrateurs, et encore moins d'illustratrices, crayonnent sur la Toile. Baptisée "Ma vie est tout à fait fascinante", le blog reprend un personnage qu'elle a créé peu de temps auparavant pour les besoins d'un magazine suisse, le premier à lui avoir fait confiance. Chaque semaine, l'auteure et dessinatrice leur faisait parvenir les aventures de son héroïne, Joséphine, une trentenaire très fleur bleue qui ne désespère pas de trouver l'amour. Son anti-soi en quelque sorte. Joséphine passe donc du papier à l'écran et commence à séduire toute une poignée d'internautes qui se retrouvent dans ce personnage maladroit qui enchaîne les plans foireux.

Vraiment très attachée à son héroïne, encouragée par ses milliers de vues sur Internet et la publication d'extraits de son blog en 2008 par l'éditeur Jean-Claude Gawsewitch, elle entreprend de lui consacrer un album entier. Voilà comment la trentenaire à lunette et son chat Brad Pitt s'est retrouvée dans les rayons des librairies. Véritable succès, ce coup d'essai aura deux frères : "Joséphine tome 2 : Même pas mal" (2011) et "Joséphine change de camp" (2012). L'année suivante, la réalisatrice Agnès Obadia s'en empare ...
et l'adapte à l'écran avec la voluptueuse Marilou Berry dans le rôle. Le film, et sa suite "Joséphine s'arrondit" (2015), attireront à eux deux plus d'un million de téléspectateurs. Quant à elle, elle ne passera que très discrètement sur le tournage, préférant rester à sa place et confier le soin de l'adaptation aux scénaristes attitrés.

Conjointement à ses albums "Joséphine", Pénélope Bagieu réalise une quarantaine d'illustrations pour le livre "Vie de Merde" (2008), participe en 2011 au Festival de Cannes en tant que chroniqueuse pour la chaîne Arte et se voit décorer de l'insigne de Chevalier des Arts et des Lettres lors du 40e Festival international de la bande dessinée d'Angoulême qui lui consacre une exposition. Sa visibilité croît également grâce à ses chroniques régulières sur le site de Madmoizelle.com, magazine féministe sur lequel elle évoque ses coups de coeur en matière de bandes dessinées. Le 9e art ne sera d'ailleurs pas en reste puisqu'elle se montre en parallèle très productive : elle signe son premier one shot "Cadavre Exquis" (2011), histoire d'amour et d'ambition, dessine et colorie "La Page Blanche" (2012), quête d'identité d'une jeune femme amnésique scénarisée par Boulet, et nous embarque même dans les rues de New York en sa compagnie avec le guide Cartoville (2014).

Globe-trotteuse dans l'âme - elle dessine ses voyages dès les débuts de son blog - elle profite également de sa notoriété pour alerter ses lecteurs. Comme en novembre 2013 via son post "Prends cinq minutes, et signe, copain" dans lequel elle dénonçait le chalutage industriel. Plus d'un million d'internautes avaient signé la pétition. Également militante pour l'égalité des droits des femmes, celle qui se revendique ouvertement féministe et fière de l'être rejoint entre autres en 2015 le collectif des créatrices de bandes dessinées contre le sexisme suivi de la campagne du planning familial Ceci n'est pas un cintre pour le droit à l'avortement.

Les femmes ont d'ailleurs depuis toujours leur place dans son oeuvre, davantage ces dernières années d'ailleurs comme en témoigne sa bande dessinée "California Dreamin", réalisée en 2015 uniquement au crayon à papier (28 au total et 2 ans de travail !) et en noir et blanc. Elle y met en scène une biographie fantasmée et romancée de Mama Cass, icône des années 1970 et chanteuse du groupe The Mamas and the Papas. Solaire et charismatique, elle imagine la vie qu'aurait pu avoir cette petite fille juive ayant grandi à Baltimore avant de se lancer dans le genre de la comédie musicale alors que la mode était au folk.

L'année suivante, elle rend hommage à quinze femmes d'exception dans le premier tome d'un dyptique intitulé "Culottées". Clémente Delait, femme à barbe, Agnodice, gynécologue de l'Antiquité, Margaret Hamilton, l'actrice terrifiante du Magicien d'OZ... ces femmes audacieuses ont toute la particularité d'avoir pris en main leur destin. Prépubliée sur un blog du Monde en amont de sa publication sur papier, cette galerie de personnages culottés lui a été inspirée par la volcanologue française Katia Krafft à qui elle voulait à l'origine consacrer une BD complète.

Aujourd'hui installée aux Etats-Unis avec mari et enfants, Pénélope Bagieu travaille toujours avec son éditeur français Gallimard et peut sans nul doute dire que sa vie est tout à fait fascinante.
 
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