Pierre Sabbagh

  • En bref
  • news
  • vidéos
  • photos
  • Filmographie
  • Discographie
©BestImage, RINDOFF-PATERSON
Fils d'un artiste peintre et d'une conservatrice de musées, né le 18 juillet 1918 à Lannion en Côtes-d'Armor, Pierre Sabbagh ne se destine pas tout de suite au journalisme. Ce qu'il rêve d'abord, c'est de devenir acteur. Aussi décide-t-il à 19 ans de prendre des cours d'art dramatique auprès de Charles Dullin. Toutefois, après avoir participé au tournage du film "Volpone" (1941) de Maurice Tourneur, où il joue brièvement les Vénitiens, le jeune homme finit par abandonner son aspiration première, reconnaissant lui-même qu'il était "un piètre comédien". Davantage intéressé par ce qui se passe dans les coulisses, il enchaîne alors les petits boulots dans le monde du spectacle, devenant affichiste et décorateur de théâtre entre 1938 et 1940, puis marionnettiste chez Jacques Chesnais de 1941 à 1942.

Mais la vie en voudra autrement, forçant sur un malheureux sort du destin Pierre Sabbagh à enfin trouver sa voie professionnelle : alors qu'il part à la recherche de sa mère, résistante déportée, il devient en 1944 correspondant de guerre en Allemagne. L'apprenti journaliste signe dès l'année suivante, et plus précisément le 15 octobre 1945, son premier reportage à la radio lorsqu'il couvre l'exécution de Pierre Laval, ancien chef du gouvernement de Vichy. Alors qu'il continue d'oeuvrer sur les ondes, le jeune homme s'intéresse rapidement au nouveau média émergent qu'est la télévision. Il entre officiellement à la Radiodiffusion-Télévision Française en 1946, où il présente sa première émission, culturelle, avec le dessinateur Jean Effel sur son oeuvre "La Création du monde".

Trois ans plus tard, le directeur de la RTF, Wladimir Porché, lui confie la création du tout premier journal télévisé de l'histoire de la petite lucarne. Sans présentateur, celui-ci s'ouvre, le 29 juin 1949 à 21 heures, sur des images de Paris vu du ciel. "J'avais compris que l'information télévisée devait être avant tout un spectacle. À la télé ce sont les images qui comptent, pas les paroles. Alors, des images, je suis allé en chercher", dira plus tard Pierre Sabbagh. Même si tout ne s'est pas passé comme prévu... Monté à bord, avec son cameraman, d'un dirigeable pour filmer la capitale, le voilà pris dans un accident lorsque l'engin heurte une ligne à haute tension et s'écroule à une quarantaine de kilomètres de Paris. "On a arrêté les trains dans la région. On a coupé le courant partout... Une véritable catastrophe nationale comme vous voyez. Premier journal !", se rappellera-t-il plus tard avec humour de la séquence abracadabrantesque, immortalisée sur pellicule.

L'aventure du JT continue néanmoins, avec les moyens du bord. Le ...
jeune journaliste, fait rédacteur en chef, s'entoure d'autres vingtenaires - dont notamment Pierre Tchernia et Pierre Dumayet - la seule génération intéressée à participer à cette nouvelle aventure qu'est la télévision. L'équipe mène ses investigations à bord d'une vieille Jeep récupérée auprès de l'armée américaine, se limitant aux environs des bureaux situés rue Cognacq-Jay, dans le VIIe arrondissement parisien, faute de temps. "À 9 heures du soir on faisait un quart d'heure d'actualité, composé de sujets que nous tournions avec des caméras d'amateur 16mm (...) Et le soir on projetait notre pellicule avec une illustration sonore (...) Nous faisions des commentaires en direct, et sans le savoir nous étions en train de faire ce qu'est la télévision", racontera plus tard Pierre Tchernia dans le documentaire "Le JT, toute une histoire" (2009).

Après cinq ans de journal télévisé, Pierre Sabbagh quitte le petit écran en 1954. Il devient, de retour à la radio, rédacteur en chef d'Europe 1 pendant un an et épouse la speakerine vedette Catherine Langeais, avec qui il formera des décennies durant l'un des couples les plus emblématiques du petit écran. Car lui-même y revient finalement en 1957, en tant que conseiller technique du directeur de la RTF. Deux ans plus tard, il est promu directeur adjoint de l'actualité, poste qu'il gardera jusqu'en 1962. Après quoi il fait partie des animateurs les plus populaires en présentant des émissions de divertissement à succès comme L'Homme du XXe siècle (1961-1964), premier grand jeu télévisé de questions de culture générale, puis Au Théâtre ce soir (1966-1985), où il donne aux Français accès, depuis leur salon, aux pièces des planches parisiennes de Marigny.

En 1968, Pierre Sabbagh prend encore du galon lorsqu'il accède à la direction de la première chaîne. Il y reste trois ans avant de passer à la tête de la deuxième, jusqu'à l'éclatement de l'ORTF en 1974. Le journaliste poursuit par la suite sa carrière dans l'audiovisuel, toutefois loin des plateaux. Il se voit d'abord nommé PDG de la société de production Technisor en 1981. Deux ans plus tard, il préside un groupe de réflexion sur l'image de TF1 et, sous la volonté de Jacques Chirac, devient membre de la Commission nationale de la communication et des libertés pendant trois ans.

À la mort de Pierre Sabbagh le 30 septembre 1994 à Paris, à l'âge de 76 ans, c'est ainsi tout un chapitre de l'histoire de la télévision française qui se tourne. Sa femme Catherine Langeais, à ses côtés jusqu'au dernier souffle, le rejoindra quatre ans plus.
 
0 commentaire - Pierre Sabbagh
  • avatar
    [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

avatar
[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]