Salvador Dalí

©Getty Images, REPORTERS ASSOCIES
Dès la naissance, Salvador Dalí tombe dans le surréel. Venu au monde quelques neuf mois après la mort de son grand frère, dont il hérite le nom - celui de leur père -, il se voit dire par ses parents qu'il en est la réincarnation. Aussi songera-t-il des années après : "Toutes mes excentricités, toutes mes incohérences sont la constante tragique de ma vie (...) Je veux prouver que je ne suis pas le frère mort, mais le vivant".

Enfant précoce, il est élevé dans l'affection de sa mère et la rigidité de son père, qui punit lourdement ses bizarreries comme ses ébullitions. Les deux s'accordent toutefois sur le talent de leur fils pour le dessin. Ils l'encouragent même dans cette voie, en lui construisant un atelier dans leur maison de vacances à Cadaqués, lui offrant des cours particuliers, puis lui organisant sa toute première exposition au sein de leur maison. Le jeune prodige verra ensuite ses oeuvres présentées pour la première fois en public au Théâtre Municipal de Figueres. À tout juste quinze ans.

Deux ans plus tard, après avoir perdu sa mère d'un cancer du sein, Salvador Dalí s'installe à l'Académie royale des beaux-arts de Saint-Ferdinand à Madrid. Il y cultive son goût pour l'excentricité, apparaissant déjà dans des tenues saugrenues, comme pour l'insolence, se faisant suspendre au bout d'un an pour avoir critiqué ses professeurs et incité ses camarades à la rébellion... Puis carrément exclure à 22 ans, avant de pouvoir passer ses examens finaux, pour avoir déclaré qu'aucun académicien n'était assez compétent pour l'évaluer. De sa formation, il garde néanmoins une grande connaissance en peinture, dessin et sculpture, et se voit inspiré tant par des mouvements d'avant-garde comme le dadaïsme que par des classiques comme Velásquez, à qui il emprunte par ailleurs sa fameuse moustache en croc.

Dès son premier voyage à Paris, en 1926, Salvador Dalí croise la route d'un certain Pablo Picasso. Il voue dès lors une véritable admiration pour le célèbre peintre cubiste, qui influencera alors nettement son travail. Dans la Ville Lumière, lieu de rencontre favori des artistes et intellectuels de ces années folles, il accroche également avec le peintre René Magritte, qui l'introduit au surréalisme, et le poète Paul Éluard, qui l'introduit à sa femme... Salvador Dalí a trouvé sa muse en la personne d'Elena Ivanovna Diakonova, surnommée Gala. Devenue son épouse quelques années plus tard, elle encouragera son art jusqu'à la fin de ses jours et acceptera même, vieillissante, de le partager avec une nouvelle muse - Amanda Lear.

Salvador Dalí intègre le surréalisme à partir de 1929. Il fait renaître le mouvement grâce à ce qu'il appelle la méthode "paranoïaque critique". En puisant dans son subconscient, par une "libre interprétation des associations délirantes", il transforme la réalité pour la voir non pas telle qu'elle est, mais telle qu'il voudrait qu'elle soit. Cette réalité transfigurée, dont il fera tout un mode de vie, il la dépeint sur ses toiles avec un grand sens du détail, une technique méticuleuse, et souvent un travail en trompe-l'oeil qui feront toute sa réputation. En 1931, l'artiste espagnol signe son oeuvre la plus connue : "La Persistance de la Mémoire", communément surnommée "Les Montres Molles", qui défie la question de la rigidité du temps.

Plutôt que de se confiner à une seule forme d'expression de son Art, Salvador Dalí s'essaie parallèlement au cinéma aux côtés de son ami Luis Buñuel. Il contribue à deux de ses films, "Un chien andalou" (1929) et "L'âge d'or" (1930), puis ...
écrit le scénario de "Babaouo" (1932), mais celui-ci tombe dans l'oubli. S'il sera récupéré près de soixante-dix ans plus tard par le réalisateur Manuel Cusso-Ferrer, l'artiste s'éloigne alors du septième Art. Il n'y revient qu'en 1945 pour le maître du suspens qu'est Alfred Hitchcock, participant au décor de "La Maison du docteur Edward" avec Gregory Peck et Ingrid Bergman. Après quoi il travaille également auprès de Disney, produisant des maquettes pour le dessin animé "Destino". Mais encore une fois celui-ci ne voit pas le jour... du moins jusqu'en 2003.

Au milieu des années 1930, la personnalité haute-en-couleurs de Salvador Dalí - qui aime ficeler sa moustache, de plus un plus hirsute, et se pavaner avec une canne voire une longue cape - commence à lasser certains de ses compères surréalistes. Pour cela, et pour son refus (lié à son apolitisme) de dénoncer Franco d'une commune voix avec ses compatriotes Buñuel, Picasso et Miró, l'artiste espagnol est exclu du mouvement en 1934 par son leader André Breton. Cinq ans plus tard, ce dernier lui donne le surnom d'Avida Dollars, un anagramme ingénieux qui dénonce une certaine avidité financière. Alors qu'il s'installe aux Etats-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale, jusqu'en 1948, Salvador Dalí succombe en effet à l'aspect grandissant du marketing, promouvant son art dans des expositions internationales comme sur les couvertures de magazines tels qu'American Weekly ou Vogue.

A New York, le fameux MET offre au peintre surréaliste sa première rétrospective en 1941. Comme arrivé à un summum, il publie l'année suivante son autobiographie, "La vie secrète de Salvador Dalí". L'artiste continue de travailler d'arrache-pied à maints projets sur les prochaines décennies. Il développe sa peinture en s'inspirant de divers courants, du réalisme à l'abstrait en passant par le pop art, travaillant toujours les illusions jusqu'à arriver à introduire l'holographie et la stéréoscopie dans ses oeuvres. Infatigable, il prend par ailleurs le temps d'illustrer des chefs-d'oeuvre tels que "Don Quichotte", de designer des meubles tels que son "Canapé Lèvres de Mae West", de collaborer avec la cristallerie Daum sur quelque vingt-huit créations en pâte de cristal, de jouer les acteurs de publicité pour les chocolats Lanvin, ou encore de dessiner le fameux logo marguerite des sucettes Chupa Chups...

À partir de 1960, Salvador Dalí consacre également beaucoup de temps à son Teatro-Museo Dalí, érigé d'après ses propres dessins en lieu et place du Théâtre Municipal qui avait accueilli sa première exposition publique, détruit pendant la guerre civile. Le nouveau bâtiment, inauguré en 1974, non seulement accueille la plus grande collection du peintre espagnol, dont certaines oeuvres réalisées explicitement pour le musée, mais peut aussi se targuer d'être la plus grande structure surréaliste au monde. Aussi, malgré son éradication du mouvement, Salvador Dalí persiste et signe : "Le surréalisme, c'est moi !" s'exclame-t-il même en 1978 dans un entretien télévisé auprès de Pierre Boutang et Pierre Naville.

Deux ans plus tard, l'artiste déjà légendaire se voit néanmoins contraint de prendre sa retraite en raison d'un trouble moteur qui l'empêche de peindre. Après avoir par ailleurs perdu sa femme, "sa muse surréaliste", décédée en 1982, il tombe dans un grande dépression et part s'isoler dans le château qu'il lui avait offert. Gravement brûlé après que sa demeure ait pris feu en 1984, et dorénavant confiné à une chaise roulante, il est rapatrié par ses amis à Figueres. C'est ainsi dans la ville qui a vu naître ce maître du surréalisme que Salvador Dalí s'éteint, à 84 ans, d'un arrêt cardiaque le 23 janvier 1989.

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