Stanley Kubrick

©Getty Images, Warner Bros
Grâce à son père, Stanley Kubrick découvre la photographie et, grâce à sa mère, le goût de la lecture. Après des études qui ne l'ont guère passionné, il est engagé au jeune âge de 17 ans par le magazine Look comme photographe-reporter. Il s'investit alors ardûment dans son métier, apprenant le cadrage, la lumière, les spécificités des extérieurs, et se plongeant dans de longues séances de cinéma.

L'autodidacte abandonne tout quatre ans plus tard pour se consacrer à la réalisation et signe son premier court-métrage, "The day of the Fight", un documentaire sur le boxeur Walter Cartier. En 1953, il réalise son premier long, "Fear and Desire", en empruntant l'argent à sa famille. Dès lors Stanley Kubrick fait preuve d'une obsession pour le détail, marquant les prémices de sa future réputation... Cinéaste exigeant, il interdira d'ailleurs plus tard toutes les projections de "Fear and Desire", le trouvant trop prétentieux.

Après "Le baiser du tueur" (1954), où sa maîtrise de la lumière est remarquée, "L'ultime razzia" (1956) marque ensuite son association avec James B. Harris sur la société de production Harris-Kubrick Pictures ; le film, coproduit avec l'United Artist pour un budget de 320 000 dollars, est un succès.

Aussi Stanley Kubrick présente-t-il dès l'année suivante "Les sentiers de la gloire" (1957), une oeuvre sombre tournée en Allemagne sur l'exécution de trois soldats français dans les tranchées de la Première Guerre Mondiale. Sa première réalisation majeure, emmenée et soutenue par Kirk Douglas, elle est aussi largement contestée : sous la pression d'associations d'anciens combattants français et de certains gouvernements européens, les producteurs décident de ne pas distribuer le film, qui ne sera finalement projeté en France que dix-huit ans plus tard.

Alors qu'il devait diriger Marlon Brando dans un western, "La vengeance au deux visages", que l'acteur portera finalement lui-même sur le grand écran en 1961 après s'être fâché avec le réalisateur, Stanley Kubrick revient auprès de Kirk Douglas pour un nouveau tournage majeur. Insatisfait du travail d'Anthony Mann sur "Spartacus", ce dernier lui demande en effet de reprendre la réalisation du péplum. Mais il n'a aucun dire sur le script, signé Dalton Trumbo, alors qu'il le trouve trop moralisateur. Aussi considère-t-il qu'il s'agit de son oeuvre la plus impersonnelle, bien qu'elle soit devenue incontournable, et prend dès lors bien soin de garder tout le contrôle sur ses films.

En 1962, le cinéaste tourne "Lolita" en Angleterre, loin de la censure puritaine américaine, sur une adaptation du roman de Vladimir Nabokov dans lequel un professeur de lettres tente de séduire une adolescente. Coupé et remanié, mais tout de même interdit aux moins de 18 ans lors de sa sortie aux États-Unis, la nouvelle oeuvre de Kubrick fait à nouveau scandale, de par son histoire sulfureuse cette fois. "Lolita" marque alors la rupture du réalisateur avec James.B. Harris. Par ailleurs définitivement installé en Angleterre, près de Londres, c'est dorénavant seul qu'il produira ses prochains films, distribués par la Warner Bros.

Deux ans après ce scandale, Stanley Kubrick présente sa satire politico-militaire "Docteur Folamour", en pleine guerre froide. Portée par le génie comique de Peter Sellers, la fable déjantée est cette fois particulièrement bien reçue, décrochant même une double nomination aux Oscars dans les catégories Meilleur film et Meilleur réalisateur. Triomphant, Stanley Kubrick disparaît alors de la circulation...

C'est qu'il concocte quelque chose : après cinq années passées à perfectionner son prochain film dans l'ombre, ayant même fermé les studios à la presse - ce qu'il fera dorénavant de façon systématique -, le réalisateur revient en 1968 avec l'un de ses projets les plus ambitieux. Coécrit avec Arthur C. Clarke, "2001 : L'odyssée de l'espace " ne reçoit qu'un Oscar, celui des Meilleurs effets visuels, mais comptera avec le recul parmi les grands classiques du film de science-fiction.

Trois ans plus tard sort "Orange Mécanique", adapté ...
du roman d'Anthony Burgess. Là encore, Stanley Kubrick fait polémique. Les scènes de violence et d'érotisme, presque insoutenables, sont vivement critiquées. Le film est même retiré des écrans anglais après des menaces de mort à l'encontre de son réalisateur. Mais encore une fois, emmené par l'interprétation survoltée de Malcolm McDowell, "Orange Mécanique" devient vite une référence culte du septième art. Un des plus gros succès de l'époque pour Warner Bros., sacré Meilleur film par le New York Film Critics Circle, il deviendra même l'un des plus connus du cinéaste.

S'il souhaitait par la suite porter à l'écran la vie de Napoléon, personnage à qui il voue une véritable admiration, Stanley Kubrick apaise sa frustration avec la fresque historique "Barry Lyndon", qu'il réalise en 1975 d'après le roman de W.M. Thackeray. Filmée comme une succession de tableaux du 18e siècle, celle-ci dépasse son budget initial de 8,5 millions de dollars, traîne sur quelque 250 jours de tournage, et fâche définitivement l'acteur Ryan O'Neal avec son réalisateur. Malgré une production ainsi difficile, et un accueil critique ensuite désastreux, le film obtient quatre Oscars : Meilleure direction artistique, Meilleure photographie, Meilleurs costumes et Meilleur arrangement musical.

Définitivement intouchable, Stanley Kubrick signe encore un de ses plus grands chefs-d'oeuvre en adaptant "Shining" de Stephen King en 1980. L'écrivain ne souhaite toutefois pas être crédité au générique, trouvant son roman dénaturé, et le film se voit poignardé par la critique, puis boudé du public. Mais, comme à son habitude, le cinéaste se révèle un véritable visionnaire, inventant notamment avec son technicien Garrett Brown le procédé de la steadycam pour ce film d'épouvante. Lequel deviendra à son tour un grand classique, non sans l'aide de la performance hallucinante de Jack Nicholson. Shelley Duvall, elle, se remettra difficilement de ce tournage où elle devait répéter jusqu'à 50 fois une même scène...

De longues années s'écoulent avant que Stanley Kubrick ne refasse surface. Après l'accident de voiture de R. Lee Ermey, acteur et conseiller technique sur son nouveau projet, le cinéaste revient finalement en force en 1987 avec "Full Metal Jacket". Réalisé d'après le livre "The Short Timers" de Gustav Hasford, ce nouveau film de guerre devient à son tour une référence mythique du septième art.

Il faudra ensuite attendre encore douze ans avant que Stanley Kubrick ne livre "Eyes Wide Shut", adapté du roman "La nouvelle rêvée" d'Arthur Schnitzler. Alors que Harvey Keitel a quitté le tournage, remplacé par Sydney Pollack, ce drame sous-tendu par une forte tension érotique est porté par un couple phare des années 1990 : Tom Cruise et Nicole Kidman, alors mariés à la ville, sont ici en proie au doute et à l'infidélité. Alors que Stanley Kubrick la considère comme sa plus grande oeuvre - bien qu'elle divise l'opinion publique et critique -, c'est en tout cas sa dernière. Le cinéaste meurt la même année, le 6 mars 1999, d'une crise cardiaque à 70 ans. Il travaillait pourtant déjà à un nouveau projet, le futuriste "A.I. Intelligence Artificielle", qui reviendra finalement à son ami Steven Spielberg...

Filmographie :

1999 : Eyes Wide Shut
1987 : Full Metal Jacket
1980 : Shining
1975 : Barry Lyndon
1971 : Orange mécanique
1968 : 2001, l'odyssée de l'espace
1964 : Docteur Folamour
1962 : Lolita
1960 : Spartacus
1957 : Les sentiers de la gloire
1956 : L'ultime razzia
1955 : Le baiser du tueur
1953 : Fear and Desire

Récompenses :

2000 : BAFTA Award posthume, pour l'ensemble de sa carrière
1999 : Bastone Bianco Award au Festival international du film de Venise, pour "Eyes Wide Shut"
1997 : Lion d'Or au Festival international du film de Venise, pour sa contribution au monde du cinéma
1976 : BAFTA Award du Meilleur réalisateur, pour "Barry Lyndon"
1972 : Pasinetti Award au Festival international du film de Venise, dans la catégorie Meilleur film étranger, pour "Orange mécanique"
1969 : Oscar des Meilleurs effets spéciaux, pour "2001, l'odyssée de l'espace"

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