Stéphane Brizé

©Abaca, Aurore Marechal
Dès sa sortie de DUT électronique, Stéphane Brizé met le pied dans le milieu de l'audiovisuel via divers stage et un emploi à la télévision où il était préposé à l'égalisation des couleurs des différentes caméras.

Installé à Paris, ce provincial vide de toute tentation culturelle dans son enfance faite de parties de football plus que de cours de dessin (qu'il aurait bien aimé suivre), prend en parallèle des cours d'art dramatique qui le passionne tellement qu'il décide de tenter sa chance comme acteur ainsi que metteur en scène de théâtre. Mais aucune des deux voies ne l'épanouiront totalement, sa pièce Georges Dandin, une comédie de Molière revisitée avec la troupe des Robins des bois est un fiasco, et les propositions de rôles trop rares ("Ada sait pas dire non", "Au petit Marguery").

Téméraire, il se donne une seconde chance et s'essaie à la réalisation. Son premier court-métrage, "Bleu dommage", reçoit à sa sortie en 1993, le Grand Prix du Festival de Cognac. Encouragé, il s'attèle à un deuxième court-métrage trois ans plus tard, "L'oeil qui traîne", gagnant entre autres du Grand Prix du Festival de Vendôme. Il trimballe ensuite sa caméra sur le clip vidéo du chanteur Peter Kröner, avant de se lancer dans le grand bain de la réalisation d'un long-métrage.

"Le Bleu des villes", premier d'une longue lignée de films co-écrit avec l'actrice Florence Vignon, sort en salles en 1999. Présenté à la Quinzaine des réalisateurs, section parallèle du Festival de Cannes, ce portrait sensible d'une contractuelle (Mathilde Seigner) passée à côté de son rêve de chanteuse, séduit la critique et le public et repart avec le Prix Michel d'Ornano du meilleur scénario. Dès lors, Stéphane Brizé se pose comme un cinéaste de l'intime, capable de décortiquer les failles du quotidien de manière simple et dépouillée.

Le réalisateur humaniste se voit ensuite proposer un défi de taille par la région Val de Loire : écrire et tourner en seulement dix jours un film avec des comédiens non professionnels. Le résultat donne le chassé-croisé amoureux "Entre adultes", produit par Claude Lelouch, qui ne sort en salles qu'en 2006, après le succès de "Je ne suis pas là pour être aimé" (2005), son troisième long-métrage.

Dans ce dernier, Patrick Chesnais y joue un homme solitaire et inexpressif, laissé de côté par la société. Son inscription à des cours de tango va lui faire reprendre goût à la vie. Présenté au Festival de San Sebastian, le film est nommé à plusieurs reprises aux César, mais repart bredouille.

Trois ans plus tard, il signe "Mademoiselle Chambon", de nouveau co-écrit avec Florence Vignon, qui marque sa première collaboration avec l'acteur Vincent Lindon. Adapté de l'oeuvre d'Eric Holder racontant l'histoire de cette passion entre un homme et l'institutrice de son fils qui va venir bousculer son quotidien ordinaire de père de famille, il reçoit le César de la meilleure adaptation en 2010. Entre-temps, Stéphane Brizé repasse devant la caméra pour Thomas Vincent dans "Le Nouveau Protocole".

Il retrouve Vincent Lindon deux ans plus tard pour "Quelques heures de printemps", dans lequel ce dernier campe un fils tout juste sorti de prison et contraint de retourner vivre chez sa mère (Hélène Vincent) avec qui les rapports sont tendus. Difficultés de communication, non-dits... le fils apprend sur le tard la démarche de sa mère, qui a entrepris dans son dos de suivre un protocole de suicide assisté. À la fois ...
tendre et brutal, le film s'inspire du documentaire Le Choix de Jean, qui avait retourné le coeur du cinéaste en 2004. Il reçoit quatre citations aux César 2013 (Meilleur réalisateur, meilleure actrice, meilleur acteur et meilleur scénario original).

Jamais deux sans trois, Stéphane Brizé trouve les mots justes et le sujet adéquat pour parler une nouvelle fois à Vincent Lindon. Seul acteur professionnel dans "La Loi du marché" (2015), il prend à bras le corps le rôle d'un chômeur de longue durée acceptant un emploi ne correspondant pas à ses compétences professionnelles.

Dans le costume d'un vigile de supermarché, il va se retrouver au coeur d'un dilemme. Au sommet de leur collaboration, le duo s'attaque à des sujets peu traités au cinéma que sont la crise économique, les injustices sociales et le chômage. Touchant en plein coeur le public qui parvient à s'identifier au anti-héros joué par Lindon, le film sociétal est sélectionné en Compétition officielle au Festival de Cannes et lui vaut son tout premier César du meilleur acteur et Prix d'interprétation masculine à Cannes.

Le succès de "La Loi du marché" permet au cinéaste de boucler les financements d'un projet qui mûrit depuis longtemps dans sa tête : l'adaptation du roman de Guy de Maupassant, découvert il y a une vingtaine d'années et toujours resté dans un coin de sa tête. "Une vie" (2016), tourné au format carré 1:33 à Cherbourg et au Tréport pour la grande majorité met en scène Judith Chemla dans la peau de Jeanne le Perthuis des Vauds, personnage évoluant dans la Normandie de la première moitié du XIXème siècle.

Hypersensible, elle se retrouve incapable de faire face à la brutale réalité du monde dans lequel elle vit. Accrochée à son enfance, elle tente de faire peu à peu le deuil de ce paradis perdu.

Filmographie :

Réalisateur

2016 : Une Vie
2015 : La Loi du marché
2012 : Quelques heures de printemps
2009 : Mademoiselle Chambon
2006 : Entre adultes
2005 : Je ne suis pas là pour être aimé
1999 : Le Bleu des villes

Acteur

2008 : Le Nouveau Protocole, de Thomas Vincent
1999 : Nos vie heureuses, de Jacques Maillot
1995 : Ada sait pas dire non, de Luc Pagès
1995 : Au petit Marquery, de Laurent Bénégui
1993 : Bleu dommage, de Stéphane Brizé

Récompenses :

2015 : Mention spéciale du jury oecuménique du Festival de Cannes pour "La Loi du marché"
2013 : Prix de la critique américaine au Festival de COLCOA pour "Quelques heures de printemps"
2012 : Prix des Auditeurs du Masque et la Plume dans la catégorie film français pour "Quelques heures de printemps"
2010 : César de la meilleure adaptation, avec Florence Vignon, pour "Mademoiselle Chambon"
2006 : Prix spécial du jury au Festival de Vérone pour "Je ne suis pas là pour être aimé"
2006 : Prix Nouveau Talent Cinéma de la SACD
2005 : Prix CEC du meilleur film au Festival international du film de Saint-Sébastien pour "Je ne suis pas là pour être aimé"
1999 : Prix Michel-d'Ornano au Festival du cinéma américain de Deauville pour "Le Bleu des villes"
1999 : Mention honorable du Prix du Jury Jeune au Festival de Namur pour "Le Bleu des villes"
1997 : Grand Prix au Festival Mamers en Mars pour "L'oeil qui traîne"
1996 : Grand Prix au Festival de Rennes pour "L'oeil qui traîne"
1996 : Grand Prix au Festival d'Alès pour "L'oeil qui traîne"
1996 : Grand Prix au Festival du film de Vendôme pour "L'oeil qui traîne"
1994 : Prix du meilleur court métrage au Festival de Cognac pour "Bleu dommage"

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