The Cramps

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Si le diable faisait de la musique, il ferait sûrement quelque chose dans le style des Cramps. C'est simple, à chacun de leurs clips on s'imagine en pleine fête lugubre d'Halloween, comme dans le Thriller de Michael Jackson. Il n'y a qu'à regarder la police que les membres utilisent pour écrire The Cramps : les lettres, taillées comme des griffes de loup-garou, dégoulinent comme dans "The Rocky Horror Picture Show".

Fortement inspiré par toute la culture Z, des films d'horreurs aux zombies, en passant par les vampires et la mode gothique, le couple de Sacramento, qui s'est rencontré alors que Poison Ivy (de son vrai nom Kristina Kristy Marlana) faisait du stop, entreprend de former un groupe de musique à la fin des années 1970. Lui (Erick Lee Purkhiser de son vrai nom) travaille à l'époque dans une boutique de disques de collection tandis qu'elle, se produit dans des clubs.

Réunissant leur talent, elle est diabolique à la guitare et lui chante et joue des maracas, le couple est vite rejoint par le guitariste Greg Beckerleg dit Bryan Gregory, et la batteuse Miriam Linna. Le quatuor décide à l'unanimité de se passer de basses et se met alors en quête d'un nom qui leur ressemble : ce sera The Cramps. Nom de scène sanguinaire il va faire saigner beaucoup d'oreilles mais surtout plongé le public dans un univers horrifique qu'il n'oubliera jamais.

En août 1977, la batteuse quitte finalement le groupe pour fonder de son côté les groupes Nervus Rex et The Zantees ainsi que le fanzine Kicks. Remplacée par Nicholas George Stephanoff surnommé Nick Knox - avec tous ces surnoms on se croirait dans un comics de super-héros - elle ne participe donc pas à ce que sera le premier EP des Cramps. Sorti en 1979 sur le label I.R.S. et regroupant les deux singles publiés précédemment, "Gravest Hits" contient cinq titres dont trois reprises (Surfin' Bird des Trashmen, The Way I Walk de Jack Scott et Domino de Sam Phillips). C'est justement dans les studios Sun Records de Sam Phillips, à Memphis, que le groupe a enregistré l'ensemble des titres.

Le succès est tel que le groupe enchaîne avec une tournée britannique avant de conquérir les Etats-Unis et la France. À cette époque ils font également une prestation remarquée dans le film "The Foreigner" (1978), signé par Amos Poe, considéré aujourd'hui comme le premier metteur en scène punk de l'histoire du cinéma. Ça tombe bien car c'est justement le genre que revendiquent les Cramps. Ils n'ont d'ailleurs pas à le revendiquer longtemps car les voir sur scène suffit à faire passer le message. The Cramps ne fait pas semblant d'être punk, il est punk.

Leur premier album officiel sort dans les bacs en 1980. Baptisé "Songs the Lord Taught Us", il inclut des reprises de Little Willie John (Fever), des Sonics (Strychnine) ou encore de Johnny Burnette (Tear It Up). Mêlant éléments de punk rock et de rockabilly, le disque peut se ranger dans la ...
catégorie du psychobilly. La psychose ici est synonyme de violence, d'horreur et de sexualité animale explicite. Les Cramps ne sont pas farouches et nous le prouvent avec cet album trash. Cette année-là est également marquée par le départ de Bryan Grégory, parti ouvrir un sex-shop et un salon de tatouage. Il se verra remplacer par Julien Griensnatch, dit Julien Bond, puis par le guitariste Brian Tristan dit Kid Congo Powers.

L'année suivante n'est plus psychotique mais bel et bien psychédélique avec l'album "Psychedelic Jungle". Alors que la planète rock est envahie de new wave, cet album va réinventer un rock sur les bases du blues et du rockabilly. Encore plus glauque que son prédécesseur (rien que sur la pochette le reflet d'une pupille laisse entendre qu'un tour de magie effrayant vient d'avoir lieu), notamment grâce au subversif et primaire Kid Congo Powers, il contient une reprise renversante de Green Door de Bill Haley et d'autres créatures étranges, inquiétantes et traumatisantes qui viennent peupler cette jungle psychédélique.

Le reste de la décennie ne se passe pas sous les meilleurs auspices. En septembre 1983, Kid Congo Powers quitte la bande lui préférant le Gun Club avant que le groupe ne quitte, trois mois plus tard, le label I.R.S. Alors contraint de ne pas enregistrer de nouvelles chansons pendant un laps de temps de deux ans, on les retrouve seulement en 1986 avec l'album "A Date with Elvis". Dédié au chanteur, acteur et compositeur américain Ricky Nelson, il rend également hommage aux pionniers du rock mais aussi à William Shakespeare.

Victime de plusieurs changements de membre (notamment aux postes de guitaristes et de bassistes), le groupe trouve toujours une issue de secours et sort leur album suivant, "Stay Sick !" en 1990. Y figurera le seul et unique tube international du groupe, Bikini Girls With Machine Guns, classé dans le TOP 40 britannique. L'année suivante, Iggy Pop est l'invité de luxe (Miniskirt Blues) de l'album "Look Mom, No Head", édité sur le label Ace Records. En 2001, The Cramps rééditera l'album sur leur propre label, Vengeance.

The Cramps sort deux nouveaux albums : "Flame Job" (1994) et "Big Beat of Dope Island" (2003). Le premier, auto-produit par le couple, est considéré par la critique musicale comme le retour flamboyant du groupe. Quant au second, il marque la polyvalence de Poison Ivy, qui y signe les textes, la composition, la production et l'iconographie du livret, tout en gérant ses parties de guitare endiablées.

Depuis, le groupe a sorti un dernier album, "Fiends of Dope Island" (2003), sur lequel peut s'entendre les basses de Sugarpie Jones et la batterie de Jim Chandler alias Jungle Jim. Le 4 février 2009, le leadeur Lux Interior décède et le groupe se dissout dans la foulée.

Discographie :

2003 : Fiends of Dope Island
1997 : Big Beat from Badsville
1994 : Flame Job
1991 : Look Mom, No Head !
1990 : Stay Sick !
1986 : A Date with Elvis
1981 : Psycheledic Jungle
1980 : Songs the Lord Taught Us
1979 : Gravest Hits
 
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