Zach Braff

©Abaca, Flores Vince
Pour les trentenaires, Zach Braff est une version masculine de la showrunneuse Lena Dunham, qui dans sa série "Girls" clamait ceci : "Je veux être la voix de ma génération". Sans le vouloir, le natif du New Jersey, cadet d'une fratrie de quatre enfants, l'est devenu en seulement deux films, lui qui avait du mal à trouver des références de films générationnels qui lui parlaient.

Mais avant de parler de sa jeune carrière de réalisateur indépendant, revenons sur ses débuts d'acteur pour le moins chaotiques. Une première audition ratée à l'âge de 13 ans ne l'encourage pas vraiment, mais il poursuit néanmoins sa route qui l'amène à croiser celle de son réalisateur fétiche, Woody Allen. Pour son premier rôle au cinéma en 1993, Zach Braff campe le fils du cinéaste américain et de Diane Keaton dans "Meurtre mystérieux à Manhattan". Un mini-rôle qui le pousse à se tourner vers des études poussées de cinéma à la Northwestern University.

À sa sortie, ce ne sont que des comédies romantiques ("Le Club des coeurs brisés", "Blue Moon") qui vont s'offrir à lui, sa mine de boy next door y jouant pour beaucoup. Ce n'est qu'à 26 ans qu'un rôle charismatique va lui être alloué : celui de l'interne JD dans la série médicale "Scrubs". Nous sommes en 2000 et les séries médicales de type "Urgences" montrent la vie de professionnels de la médecine avec un filtre sérieux et appliqué.

Jusqu'à l'arrivée de "Scrubs", sitcom absurde et surréaliste de la chaîne NBC, centrée sur le personnage énigmatique de JD. Jamais sans sa licorne en peluche, l'interne John J.J. Dorian, martyrisé par le sadique Docteur Perry qui l'appelle par des noms de filles, se voit régulièrement empreint à des doutes et questionnements, transmis aux téléspectateurs par le biais d'une voix-off. Pour l'anecdote, dans la série, il vit en colocation avec l'interne en chirurgie Christopher Turk, dont l'acteur, Donald Faison, n'est autre que son meilleur ami à la ville.

Pendant neuf saisons, les téléspectateurs s'identifient aisément à cet anti-héros touchant et barré, faisant accéder à ses pensées les plus farfelues. Si les trois premières saisons du show attirent en moyenne 10 à 15 millions de curieux, les six autres baissent à vue de nez, entraînant en 2010 l'arrêt de la série, lauréate d'un Emmy en 2006. "Grey's Anatomy" lui succèdera en 2005, conservant à chaque épisode une morale à retenir sur les événements venant de se passer.

Entre temps, le comédien a été contacté par quelques studios de cinéma, mais toujours très furtivement. Voix du petit poulet dans le film d'animation "Chicken Little" en 2005, il est un producteur dans la série Arrested development - Les nouveaux pauvres en 2005 et prend part l'année suivante à deux nouvelles comédies romantiques, "Last Kiss" et "Son ex et moi".

Ce n'est qu'en tant que réalisateur qu'il se démarquera véritablement. En 2004, il signe "Garden State", dans lequel Natalie Portman tire le héros, lui-même, de sa dépression. De retour dans sa ville natale, le New Jersey - ville qui a pour petit nom Garden State - pour assister à l'enterrement de sa mère, Andrew "Large" possède de fortes ressemblances avec le comédien, notamment dans le métier qu'il exerce. Fictionnelle mais inspirée de sa propre vie, l'histoire de ce comédien raté noyé dans ses souvenirs d'enfance conquiert la presse et le public, qui voient avec ce premier coup d'essai, un film "qui refait honneur à la comédie sentimentale et à ses héros en quête de maturité" pour le magazine Première.

Projeté au Festival du Film de Sundance, "Garden State" rapporte 36 millions de dollars de recettes au box-office mondial, pour un petit budget de 2,5 millions de dollars. Se démarquant par son sujet traité avec une intimité rarement vue à l'écran, il reste également dans les esprits grâce à sa bande originale impeccable, passant dans les oreilles du Coldplay, du Nick Drake, du Iron & Wine et surtout les Shins, dans cette scène où Natalie Portman alias Sam tend son casque à l'homme en perdition qu'elle vient de rencontrer à l'hôpital. ...
Il remportera d'ailleurs un Grammy de la meilleure compilation musicale.

Neuf ans plus tard, il fait appel à la fanbase d'internautes qu'il s'est constitué avec son premier jet pour financer son deuxième projet. Grâce à cette campagne de crowdfunding via Kickstarter, menée de front avec Donald Faison, il peut avoir une liberté totale sur l'intrigue, le casting, le montage et le dénouement final du film. En seulement cinq jours, il suscite un fort engouement, récoltant trois millions de dollars alors qu'il n'en avait demandé que deux. Voilà comment "Le Rôle de ma vie" ("Wish I Was Here" en version originale) est parvenu à sortir en salle.

Une nouvelle fois, Zach Braff s'éloigne des teen comédies habituelles, en braquant sa caméra sur des personnages désoeuvrés qui poursuivent tant bien que mal leurs rêves. Un personnage féminin, la mère de famille Kate, intervient une nouvelle fois pour sauver le héros du film, Aidan, joué par le cinéaste. Écrit avec son frère, le film s'impose comme un mix entre leurs deux existences liées par leur vie d'enfants bouleversés par le divorce de leurs parents, Anne, une psychologue, et Hal, un avocat d'origine juive. La religion juive prend d'ailleurs toute sa place dans "Le Rôle de ma vie", via le rôle du père pétrifié par ses rêves de jeunesse joué par Zach Braff, qui trouve refuge dans la foi et la spiritualité... mais toujours de façon drôle et irrévérencieuse !

Tourné à Los Angeles en vingt-six jours, il marque la troisième collaboration du cinéaste avec l'actrice Joey King, avec laquelle il a joué dans "Le Monde fantastique d'Oz" de Sam Raimi en 2013, lui campant le singe assistant du magicien James Franco. Mais aussi la seconde avec Sheldon (Jim Parsons) de la série "Big Bang Theory". La bande originale, de nouveau travaillée avec soin (Coldplay, The Shins, Bon Iver, Cat Power, etc.) séduit tout autant que les multiples références geek (Le Comic Con, les séries "Homeland" et "Game of Thrones", la saga Star Wars etc.), mais n'empêche pas le film de rencontrer un accueil mitigé des professionnels, moins emballé que par le premier opus.

Zach Braff, qui n'a jamais reçu de Golden Globe du meilleur acteur ou du meilleur réalisateur malgré une pluie de nominations, tentera une nouvelle fois de séduire à la fois le public et la critique en 2017 avec la comédie "Braquage à l'ancienne". Remake du film du même nom sorti en 1979 avec Lee Strasberg, il raconte l'histoire loufoque de trois retraités sur la paille qui vont s'improviser braqueurs. Un coup de projecteur sur le troisième âge, porté par la brochette de superstar Morgan Freeman, Michael Caine et Alan Arkin, qui devrait parler à une autre génération cette fois.

Filmographie :

Réalisateur
2017 : Braquage à l'ancienne
2015 : Self Promotion (Téléfilm)
2014 : Le rôle de ma vie
2004-2009 : Scrubs (Série TV)
2008 : Night Life (Téléfilm)
2004 : Garden State

Acteur

2016 : In Dubious Battle, de James Franco
2015 : Undateable (Série TV)
2014 : Inside Amy Schumer (Série TV)
2014 : Le rôle de ma vie, de Zach Braff
2014 : Community (Série TV)
2013 : Le monde fantastique d'Oz, de Sam Raimi
2012 : The Color of Time (Collectif)
2012 : The Exes (Série TV)
2012 : Cougar Town (Série TV)
2010 : The High Cost of Living, de Deborah Chow
2001-2010 : Scrubs (Série TV)
2009 : Scrubs : Interns (Série TV)
2006 : Son ex et moi, de Jesse Peretz
2006 : Last Kiss, de Tony Goldwyn
2005-2006 : Arrested development - Les nouveaux pauvres (Série TV)
2006 : Nobody's Watching, de Gail Mancuso (Téléfilm)
2005 : Chicken Little, de Mark Dindal (Film d'animation)
2004 : Garden State, de Zach Braff
2002 : Joyeux Muppet Show de Noël, de Kirk R. Thatcher (Téléfilm)
2002 : Clone High (Série TV)
2000 : Endsville, de Steven Cantor
2000 : Le club des coeurs brisés, de Greg Berlanti
2000 : Blue Moon, de John A. Gallagher
1999 : Getting to Know You, de Lisanne Skyler
1993 : Meurtre mystérieux à Mahattan, de Woody Allen
1990 : The Baby-Sitters Club (Série TV)
1989 : High, de Bruce Paltrow (Téléfilm)


Récompense :

2005 : Grammy de la meilleure compilation musicale pour "Garden State"

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