Albert Camus

Albert Camus©Getty Images, ullstein bild / Contributeur

Albert Camus voit le jour à Mondovi en Algérie en 1913 d'un père, Lucien, qu'il connaît à peine et qui meurt à la guerre, et d'une mère servante, illettrée. Entouré de son frère, de sa mère et de sa grand-mère, une femme pour qui l'éducation peut rimer avec coups, Albert est un enfant qui aime vivre, lire et faire du sport.

Doué à l'école, son instituteur Louis Germain, ne lâche pas Albert qu'il pousse à décrocher une bourse pour étudier. Avant ses 18 ans, il contracte la tuberculose. Malgré une longue convalescence, il passe son bac en 1932, puis entame des études de philosophie. À peu près au même moment, il épouse une vedette, Simone Hié avec qui le mariage n'aboutit qu'à un divorce à cause des diverses addictions de celle-ci.

Albert Camus fonde après avoir adhéré au Parti Communiste (1935), le Théâtre du Travail et écrit "La révolte des Asturies" avec trois compagnons. Au théâtre, il occupe essentiellement la fonction de metteur en scène et fait jouer du Malraux, un auteur qu'il considère comme un maître.

Cinq ans plus tard, il rencontre sa femme Francine. Le couple, parents de jumeaux, vit à Paris. Cette dernière développe une fragilité préoccupante : clairement dépressive, elle souffre certainement du succès de son mari, se sentant parfois à l'écart de son monde, bien qu'elle soit une talentueuse pianiste. Albert Camus, infidèle impénitent, plonge à cause ou malgré lui son épouse dans un désarroi dont elle se remet très difficilement, ayant essayé de mettre fin à ses jours. L'état de Francine, de plus en plus préoccupant, lui vaut même un internement à un moment de sa vie. Parmi les maîtresses les plus célèbres de Camus, Maria Casarès, flamboyante actrice d'origine espagnole, véritable star des années 1940 avec qui il vit une passion brûlante. Il la met notamment en scène en 1944 pendant les répétitions de la pièce "Le Malentendu". D'autres femmes ont également constellé sa vie sentimentale, notamment Mi, une jeune danoise qui reste sa dernière liaison avant sa mort.

En 1942, il arrive à faire publier la même année chez Gallimard "L'Etranger" et "Le Mythe de Sisyphe", deux piliers de la bibliographie de Camus. Deux années plus tard, l'écrivain fait une rencontre majeure, le chef de file des existentialistes et créateur ... de Libération, Jean-Paul Sartre. Chacun se nourrit de l'autre, partageant pensées et écrits, mais les deux philosophes devenus amis sont amenés à se déchirer quelques années plus tard.

Il écrit "Caligula" en 1945, une pièce en quatre actes sur l'empereur romain. Ce drame révèle également au public du théâtre Hébertot à Paris un tout jeune acteur, éternel jeune premier, l'acteur de théâtre et plus tard de cinéma, Gérard Philipe. L'auteur livre dix ans plus tard une lecture jouée au théâtre des Noctambules.

Nous sommes au lendemain de la guerre, en 1947 et Camus signe sa troisième oeuvre essentielle, "La Peste", et fonde le journal Combat. À ce moment de sa vie, Camus ressent le besoin d'exprimer ses vues sur la guerre qui sévit en Algérie, retourne même sur place à Alger, livre un discours enflammé et vit ce drame comme un chapitre infiniment douloureux, mais sa parole n'a guère d'impact. En 1956, "La Chute" est probablement son livre le plus inquiétant.

Albert Camus est consacré de son vivant en recevant le prix ultime, le Nobel de la littérature à Stockholm le 10 octobre 1957. Son discours, l'un des premiers à être filmé, est intense, sublimement écrit et est aujourd'hui encore considéré comme résolument moderne. En voici un extrait tout à fait marquant : "Le rôle de l'écrivain, du même coup, ne se sépare pas de devoirs difficiles. Par définition, il ne peut se mettre aujourd'hui au service de ceux qui font l'histoire : il est au service de ceux qui la subissent. Ou, sinon, le voici seul et privé de son art. Toutes les armées de la tyrannie avec leurs millions d'hommes ne l'enlèveront pas à la solitude, même et surtout s'il consent à prendre leur pas. Mais le silence d'un prisonnier inconnu, abandonné aux humiliations à l'autre bout du monde, suffit à retirer l'écrivain de l'exil, chaque fois, du moins, qu'il parvient, au milieu des privilèges de la liberté, à ne pas oublier ce silence et à le faire retentir par les moyens de l'art."


En 1960, c'est à bord de l'auto de Michel Gallimard, l'un de ses meilleurs amis qu'Albert Camus meurt après que le véhicule ait quitté la route vers la ville de Sens. Auprès de lui, le manuscrit du "Premier Homme" gît avec le génie...

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