Benoîte Groult

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©Abaca, Guignebourg Denis

Durant son adolescence, cette fille d'une dessinatrice de mode et d'un styliste de meubles fréquente une école religieuse, où les aumôniers n'accordent pas le même traitement aux filles qu'aux garçons et se fait appeler Rosie pour parer à la sévérité que renvoie le prénom austère de Benoîte.

Alors sans repères face aux inégalités entre les hommes et les femmes - Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir ne sort qu'en 1949 - Benoîte reprend son prénom de naissance, participe au Journal de la Radiodiffusion entre 1944 et 1953, mais commence véritablement à mener un combat féministe en 1968, au moment où la fourmilière éclate.

Professeur de latin, puis de grammaire au début de sa carrière professionnelle, elle prend ensuite la plume avec sa soeur, Flora, avec qui elle publie en 1962 Journal à quatre mains, suivi par Le Féminin pluriel (1965) et Il était deux fois (1967). Avec le soutien de son premier mari, l'écrivain et journaliste Paul Guimard, elle sort du carcan de la littérature féminine et publie en 1975 son essai Ainsi soit-elle, dans lequel elle affirme son féminisme.

La femme de lettres qu'elle est y explique s'être sentie désarçonnée par la radicalité des jeunes féministes de l'après 1968, et raconte à sa manière, sans filtre et avec son franc-parler devenu célèbre, chaque étape de sa vie de femme dans un univers d'hommes. Le livre, véritable coup d'éclat vendu à un million d'exemplaires, participera à la libération de la parole de beaucoup de femmes.

Tout en collaborant pour diverses publications (Elle, Marie Claire, Parents...), elle fonde sa propre revue en 1978 : le mensuel féministe F Magazine, en collaboration avec Claude Servan-Schreiber, dans lequel elle marque de son empreinte des éditos percutants.

Journaliste, romancière et combattante de la première heure, Benoîte Groult mène plusieurs actions sans relâche sur le terrain, défendant tour à tour le divorce et l'avortement, puis oeuvre à la féminisation du dictionnaire et plus particulièrement des titres de profession lorsqu'elle prend la présidence, en 1984, de la commission de féminisation des noms de métiers.

Deux ans plus tard, la militante rejoint l'association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) et publie l'intégralité de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne de 1791, rédigée à l'origine par Olympe de Gouges. Puis, elle se lance dans l'écriture d'une passion sexuelle résistant au temps, qui passe dans Les Vaisseaux du coeur (1988), où elle aborde le thème de la vieillesse, thème qu'elle explorera plus en profondeur en 2006 dans La Touche étoile, où elle disait : "M'en aller à mon heure à moi, qui ne sera pas forcément celle des médecins, ni celle autorisée par le pape (...) ".

Son heure arrive le 21 juin 2016, à Hyères, cinq mois après avoir soufflé ses 96 bougies. Elle qui disait "Je suis née à moi-même que vers 35 ans" laisse derrière elle Constance, une première fille qu'elle a eue avec Paul Guimard, ainsi que Blandine et Lison, nées de son union avec Georges de Caunes.

Récompenses :

2016 : Grand-officier de la Légion d'honneur
2013 : Officier de l'ordre national du Mérite
2010 : Citoyenne d'honneur de la ville de Roanne
2010 : Commandeur de la Légion d'honneur
1995 : Officier de la Légion d'honneur

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