Bruno Le Roux

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Bruno Le Roux©Abaca, Robert Alain

Fils de commerçants, Bruno Le Roux grandit à Épinay-sur-Seine et ne quittera dès lors plus la Seine-Saint-Denis, si ce n'est le temps de ses études en sciences économiques, gestion et stratégie à l'université Paris X de Nanterre. Socialiste, il commence sa carrière politique en 1989, à 24 ans, lorsqu'il se voit nommé adjoint à la culture dans sa ville d'enfance auprès du maire PS Gilbert Bonnemaison. L'année suivante, le jeune homme devient directeur adjoint de cabinet du premier secrétaire de son parti, Pierre Mauroy. Il garde son poste auprès de celui qu'il considère comme son mentor pendant deux ans, tout en prenant lui-même le statut de premier secrétaire de la fédération socialiste de la Seine-Saint-Denis, avant de passer conseiller général de son département.

Pour fêter ses 30 ans, Bruno Le Roux accède en 1985 à la Mairie d'Épinay-sur-Seine et prend en charge les questions de sécurité en tant que délégué du Parti Socialiste, alors dirigé par Lionel Jospin. Deux ans plus tard, l'homme politique se voit offrir un gage de confiance par les électeurs en obtenant un siège de député pour représenter la première circonscription de la Seine-Saint-Denis dans l'Hémicycle - il se fera réélire en 2002, 2007 puis 2012.

S'il se voit contraint de quitter la mairie d'Épinay-sur-Seine en mars 2001, battu aux municipales par le centriste Hervé Chevreau, Bruno Le Roux parvient à s'imposer petit à petit au sein du Parti Socialiste. Son nouveau chef, François Hollande, lui a en effet confié depuis un an la mission de secrétaire national chargé des élections. Proche de ce dernier depuis qu'ils se côtoient au palais Bourbon, il s'avérera au fil des années l'un de ses plus loyaux partisans. Si bien que sa fidélité est récompensée en 2012, le candidat à la présidentielle se reposant alors sur lui comme l'un de ses portes-parole de campagne - avec Bernard Cazeneuve, Najat Vallaud-Belkacem et Delphine Batho.

Lorsque François Hollande remporte la course et devient chef de l'État, celui que l'on qualifie de négociateur habile devient président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale en juin 2012 - il en était déjà le vice-président et porte-parole ... depuis 2007. S'il prouve être un pion précieux pour le Président de la République dans l'Hémicycle, l'homme politique sait aussi jouer les stratèges et conserver une forme d'indépendance. Il fait notamment pression sur l'exécutif en organisant, dès la fin de l'année, deux scrutins internes : l'un pour réclamer un projet de loi sur le droit de vote des étrangers, l'autre pour l'inscription d'un amendement sur l'ouverture de l'assistance médicale à la procréation (AMP) dans la loi dite du mariage pour tous.

S'il continue de défendre son ami, de plus en plus bas dans les sondages, à coup de belles paroles comme "L'impopularité c'est la rançon du courage" ou "Tenez bon, Monsieur le Président (...) parce que nous avons toutes les raisons de lever la tête et d'en être fiers", le président du groupe socialiste se montre aussi sévère après la claque reçue par la gauche au premier tour des élections municipales de 2014. "Cela fait plusieurs mois que je dis que le gouvernement manque de cohérence. Une certaine forme d'amateurisme", lance-t-il en effet sur Radio Classique. Aussi un élu PS déclare-t-il cette année-là, selon l'AFP : "Bruno Le Roux a toujours un jeu un peu compliqué, où l'on ne sait pas toujours s'il défend sa position ou celle de François Hollande".

Reste que, bien qu'il ait vu son influence s'amoindrir depuis qu'il a "perdu le contrôle" des frondeurs du parti à la nomination de Manuel Valls en tant que Premier ministre, sa loyauté (presque) sans faille envers le Président de la République lui vaut bientôt une nouvelle récompense... C'est en effet à lui que ce dernier pense lorsque Bernard Cazeneuve quitte la Place Beauvau pour rejoindre à son tour Matignon, le 6 décembre 2016. Bruno Le Roux se voit enfin - il attendait cela depuis quelques remaniements déjà - confier les rennes du ministère de l'Intérieur.

Mais voilà qu'une affaire vient bientôt mettre fin à son (bref) mandat : après des révélations sur l'emploi en CDD de ses deux filles (mineures) en tant qu'assistantes parlementaires à l'Assemblée nationale, Bruno Le Roux est contraint de démissionner le 21 mars 2017. Il est remplacé par Matthias Fekl.

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