Celia Cruz

Celia Cruz©Getty Images, Lionel FLUSIN

Celia Cruz grandit dans le barrio de Suantos Suárez auprès de ses quatorze frères, soeurs, cousins, neveux et nièces. C'est elle qui est chargée de bercer tous ces enfants au lit, faisant déjà preuve d'un don pour la chanson. Par ailleurs, imprégnée depuis toute petite du climat musical qui règne à Cuba, elle ne commence toutefois à rêver d'une carrière sur scène qu'à 22 ans, lorsqu'elle remporte un concours de chant organisé à la radio.

Alors que les contrats défilent pour qu'elle chante sur les ondes locales, la jeune femme poursuit en parallèle son chemin académique vers l'enseignement. Poussée par son père, qui espère la voir choisir cette voie plus traditionnelle, elle ne continue d'apparaître à la radio que pour payer ses livres et subvenir à ses besoins. Au vu de sa popularité grimpante, et sur les bons conseils d'un de ses professeurs, elle finit toutefois par se laisser tenter et abandonne son cursus à l'Université nationale des enseignants pour y préférer le Conservatoire de La Havane.

Après trois années d'études, Celia Cruz se lance corps et âme dans la musique. Elle chante d'abord auprès de la troupe de danse Las Mulatas de Fuego, puis de l'orchestre Gloria Matancera, avant de gravir les échelons en 1950 : la jeune artiste est choisie pour remplacer Myrta Silva, chanteuse de La Sonora Matancera, célèbre orchestre cubain. Si ce changement est au départ vu d'un mauvais oeil par le public, la présence, si chaleureuse, de Celia Cruz sur scène ne tarde pas à conquérir tous les esprits.

Le groupe fait un carton, prenant régulièrement la tête d'affiche du fameux Tropicana Club, apparaîssant dans quelques films du grand écran et achevant surtout des tournées à travers les Amériques - dont les Etats-Unis - tout le long des années 1950. Marquée par l'ascension du communisme à Cuba, avec l'arrivée de Fidel Castro au pouvoir en 1959, la fin de la décennie est aussi bientôt celle de la collaboration entre les artistes. Plusieurs membres de La Sonora Matancera, dont Celia Cruz, profitent d'une tournée pour s'exiler au Mexique puis rejoindre, quelques années plus tard, la patrie de l'Oncle Sam. La chanteuse devient ainsi citoyenne américaine en 1961, ce qui ne manque pas de faire enrager Castro, qui l'interdit de territoire : elle ne pourra plus jamais mettre un pied sur le sol cubain, même pour assister à l'enterrement de son père.

Encore méconnue par sa terre d'accueil, Celia Cruz connaît quelques premières années difficiles. Du moins en terme professionnel... Dans le privé, au contraire, elle épouse en 1962 celui qui a été depuis 14 ans à ses côtés, le trompettiste de La Sonora Matancera Pedro Knight, qui devient par la suite son manager. Alors qu'elle continue d'enregistrer une multitude d'albums, ce n'est qu'au milieu des années 1960 que la chanteuse cubaine commence à se faire un nom aux Etats-Unis, lorsqu'elle rencontre le légendaire Tito Puente. Naît alors une fructueuse et longue collaboration puisqu'elle enregistrera avec le "Roi du Latin Swing" un total de huit albums, dont le titre "Guantanamera", célèbre cantique cubain qu'ils reprennent avec brio en 1967.

Le réel succès ne vient toutefois qu'à partir des années 1970 pour la chanteuse, qui à travers diverses autres collaborations, dont Johnny Pacheco, les Fania All-Stars et Ray Barretto, explose auprès des nostalgiques des sons afro-cubains comme d'un public plus jeune, transporté par le rythme effréné de sa salsa. Celia Cruz se fait, par ailleurs, une grande réputation pour ... ses performances sur scène, qui vont de paire avec l'excentricité de ses tenues et perruques : un goût pour la fantaisie qu'elle maintiendra intact, comme le son de sa voix et son large sourire, tout le long de ses quarante ans de carrière.

Sur un total dépassant les soixante-dix albums enregistrés depuis ses premiers pas dans les studios, la diva latine signe quelque vingt-trois disques d'or avec des hits comme "Quimbara", "Toro mata" ou "La vida es un carnaval", remporte pas moins de quatre Latin Grammy Awards et trois Grammy Awards - puis un quatrième à titre posthume - et se voit ainsi couronnée "Reine de la Salsa".

Un statut qu'elle conserve encore, plus d'une décennie après sa mort le 16 juillet 2003, des suites d'une tumeur cérébrale. En témoignent tous les hommages qui continuent de pleuvoir, comme les nombreuses chansons écrites en son nom, la reprise de ses plus grand tubes par Jennifer Lopez sur la scène des American Music Awards en 2013, la telenovela "Celia, la série" diffusée sur Telemundo en 2015... Sans compter tous les best-of qui continuent de se vendre, comme le dernier en date, "Celia Cruz Para la Eternidad", sorti en 2016.

Discographie sélective :

2004 : Dios Disfrute a la Reina
2003 : Regalo del alma
2001 : La negra tiene tumbao
2000 : Siempre viviré
1998 : Mi vida es cantar
1994 : Irrepetible
1993 : Azúcar negra
1993 : ¡Azúcar!
1988 : Ritmo en el corazón (avec Ray Barretto)
1987 : The Winners
1986 : La candela
1986 : De nuevo (avec Johnny Pacheco)
1983 : Tremendo trío (avec Ray Barretto)
1982 : Feliz encuentro
1981 : Celia & Willie (avec Willie Colón)
1980 : Celia, Johnny & Pete (avec Johnny Pacheco)
1979 : La ceiba (avec la Sonora Ponceña)
1978 : Eternos (avec Johnny Pacheco)
1978 : A todos mis amigos (avec la Sonora de Memo Salamanca)
1977 : Sólo ellos, pudieron hacer éste álbum (avec Willie Colón)
1976 : Recordando el ayer (avec Johnny Pacheco)
1975 : Tremendo caché (avec Johnny Pacheco)
1974 : Celia & Johnny (avec Johnny Pacheco)
1972 : Algo especial para recordar (avec l'Orchestre de Tito Puente)
1971 : Nuevos éxitos (avec la Sonora de Memo Salamanca)
1970 : Etc., etc., etc (avec Lino Frías et orchestre)
1969 : Quimbo Quimbumbia (avec l'Orchestre de Tito Puente)
1967 : Son con guaguancó (avec la Sonora de Memo Salamanca)
1967 : A ti México (avec la Sonora de Memo Salamanca)
1967 : Bravo (avec la Sonora de Memo Salamanca)
1966 : Cuba y Puerto Rico son... (avec l'Orchestre de Tito Puente)
1965 : Canciones que yo quería haber grabado primero (avec l'Orchestre de Vicentico Valdés)

Filmographie :
1997 : El alma no tiene color (série TV)
1995 : La famille Perez, de Mira Nair
1993 : Valentina (série TV)
1992 : Les mambo kings, d'Arne Glimcher
1964 : Premier Orfeon (série TV)
1961 : Amorcito corazón, de Rogelio A. González
1957 : Affair in Havana, de Laslo Benedek

Récompenses :

2016 : Grammy Award d'honneur, pour l'ensemble de sa carrière
2004 : Latin Grammy Award posthume, du Meilleur album salsa, pour "Regalo del Alma"
2003 : Grammy Award du Meilleur album salsa ou merengue, pour "Regalo del Alma"
2003 : Grammy Award du Meilleur album salsa, pour "La Negra Tiene Tumbao"
2002 : Latin Grammy Award du Meilleur album salsa, pour "La Negra Tiene Tumbao"
2001 : Latin Grammy Award du Meilleur album traditionnel tropical, pour "Siempre Vivire"
2000 : Latin Grammy Award de la Meilleure performance salsa, pour "Celia Cruz and Friends"
1989 : Grammy Award du Meilleur album latino tropical, pour "Ritmo En El Corazon"

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