Chrissie Hynde

Chrissie Hynde©BestImage, AGENCE

Christine Elle Hynde, de son nom complet, rêve de faire partie d'un groupe de rock dès le plus jeune âge. Mais alors que les garçons montent des formations à tout-va dans les garages des suburbs américaines, elle, en tant que fille, reste discrète quant à ses ambitions, ne s'entraînant au chant et à la guitare que quand elle se retrouve seule à la maison. En grandissant, celle qui se fera appeler simplement Chrissie Hynde étudie un temps l'art à l'Université d'État du Kent - où elle sera témoin du massacre notoire par la Garde Nationale de quatre étudiants manifestant contre la guerre du Vietnam, le 4 mai 1970. Mais la fan des Stooges d'Iggy Pop et du Velvet Underground de Lou Reed se décide finalement à tout plaquer pour tenter sa chance sur la scène musicale de Cleveland.

Après plusieurs années à devoir enchaîner les petits boulots, et de plus en plus intriguée par l'explosion du punk rock sur la scène londonienne, la jeune femme lève les voiles. Elle décide d'aller poursuivre ses rêves à la source, là d'où viennent tous ces grands groupes de rock avec lesquels elle a grandi, comme les Rolling Stones du temps de Brian Jones et les pionniers The Kinks.

À Londres, Chrissie Hynde parvient à dégoter un job de critique pour le tabloïd rock New Music Express. Elle rencontre alors divers musiciens et producteurs anglais, devenant même proche de certains d'entre eux. Lesquels l'invitent volontiers à venir jouer de temps à autre sur scène, sans pour autant lui offrir une place permanente... La chanteuse et musicienne se retrouve même à deux doigts de former un groupe avec le guitariste Mick Jones, mais doit finalement se contenter de quelques concerts auprès de lui et ses autres partenaires musicaux - c'était avant qu'ils ne deviennent connus, aux balbutiements d'une formation dénommée The Clash.

Qu'importe, Chrissie Hynde trouvera d'autres musiciens. À commencer par le bassiste Pete Farndon, puis le guitariste James Honeyman-Scott et, à l'arrivée du batteur irlandais Jerry Mcleduff - qui sera toutefois bientôt remplacé par Martin Chambers -, le groupe dont l'Américaine a tant rêvé se retrouve au complet en 1978. Sous le nom The Pretenders, il diffuse l'année suivante un premier single, Stop Your Sobbing, reprise d'une chanson des Kinks qui rencontre déjà un franc succès. Celui-ci ne tarde pas à être suivi par le fameux Brass in Pocket, qui s'en va pour sa part prendre la tête des charts britanniques en 1980.

Forts de leur notoriété instantanée, The Pretenders dévoilent cette année-là leur premier album éponyme, un mélange unique du punk anglais et du rock américain qui culmine à son tour en première position du classement au Royaume-Uni. Alors que son groupe commence également à se faire connaître dans sa patrie, obtenant la certification or et les louanges des critiques aux États-Unis, Chrissie Hynde s'impose rapidement en tant que figure féminine à la fois coriace et méritante, comme on en croise si peu dans ce milieu. "Ils ne me regardent pas comme un sex-symbol ou une fille avec d'énormes nichons qui rebondissent sur scène... Et cette chose (sa guitare, ndlr), ce n'est pas une extension ou un symbole phallique", tient-elle ainsi à préciser lors d'une interview auprès du Rolling ... Stone en 1981. Celle qui force ainsi le respect de ses pairs, par ses talents de musiciennes comme d'auteure-compositrice, verra le premier opus de son groupe devenir un grand classique rock, d'ailleurs placé en vingtième position des "100 Meilleurs albums de la décennie" par le célèbre magazine américain.

Alors que "Pretenders II" (1981) confirme son succès, la formation anglo-américaine connaît par la suite une double tragédie, en 1982 et 1983, avec les morts consécutives de James Honeyman-Scott et de Pete Farndon par overdose. C'est toutefois également durant cette sombre période que Chrissie Hynde donne naissance à sa première fille, née de sa relation avec Ray Davies des Kinks. Par sa volonté, The Pretenders parvient par ailleurs à survivre - sans jamais toutefois trouver de remplacement pérenne à son bassiste ni à son guitariste.

Le premier album du groupe après la disparition de deux de ses membres, "Learning to Crawl", diffusé en 1984, reçoit un accueil des plus chaleureux, obtenant notamment la certification platine aux États-Unis. Mais attention à ne pas y voir un message émotionnel, la chanteuse et musicienne insistant au micro de Rolling Stone qu'il s'agit "juste d'une collection de dix malheureuses chansons". Et de poursuivre : "Je déteste cette sorte d'interprétation romantique ou sentimentale que les gens en font - vous savez, 'la disparition tragique', 'la renaissance'. Cela ne s'est pas du tout passé comme ça."

Reste que, elle, dorénavant mère de famille (elle aura deux autres enfants nés de deux mariages, le premier avec le chanteur Jim Kerr de Simple Minds et le second avec le scultpeur Lucho Brieva), a indéniablement calmé ses ardeurs. Si ce n'est, peut-être, pour se faire la voix de quelques causes environnementales, politiques et surtout animales, étant notamment devenue activiste auprès de l'association de défense des animaux PETA.

Après nombreux autres albums auprès de son groupe, et une prestigieuse place au fameux Rock and Roll Hall of Fame en 2005, ce n'est qu'en 2014 que Chrissie Hynde tente pour la première fois un effort en solo. Celle qui a dorénavant la soixantaine passée rencontre avec "Stockholm" des avis plutôt positifs, parvenant à se hisser en huitième place des charts indépendants américains et en trente-sixième du classement général Billboard 200. L'année suivante, la chanteuse et musicienne dévoile une autobiographie intitulée "Reckless" (que l'on peut traduire par "téméraire" voire "imprudente"), acclamée par la critique. Et c'est encore auprès des Pretenders que Chrissie Hynde revient une nouvelle fois dans les bacs en 2016. Le titre du nouvel opus, "Alone" ("Seule"), sonne néanmoins comme un testament de l'indépendance, certes peut-être autant sentimentale que musicale, de celle qui incarne finalement à elle seule ce groupe indissociable de l'histoire du punk rock anglo-américaine.

Discographie :

En solo :

2016 : Stockholm

Au sein de The Pretenders :

2016 : Alone
2008 : Break Up the Concrete
2002 : Loose Screw
1999 : Viva el Amor
1995 : The Isle Of View
1994 : Last of the Independents
1990 : Packed!
1986 : Get Close
1984 : Learning to Crawl
1981 : Pretenders II
1980 : Pretenders

Filmographie :

2010 : JBTV (Série TV)
2010 : Glenn Martin DDS (Série TV animée)
2006 : Happy Feet, de George Miller, Warren Coleman et Judy Morris (Film d'animation)
2003 : Les razmoket rencontrent les Delajungle, de John Eng et Norton Virgien (Film d'animation)
1995 : Friends (Série TV)
1995 : The Glam Metal Detectives (Série TV)

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