Creedence Clearwater Revival

Creedence Clearwater Revival©Getty Images, Central Press

Peut-on avoir le mal d'un pays sans jamais y avoir mis les pieds ? Visiblement oui, et les Creedence Clearwater Revival en sont l'ultime preuve avec leurs racines rock. Mais avant d'évoquer leur ascension et leur musique si singulière, revenons justement aux racines du groupe.

Avant de prendre le nom de scène de CCR, le quintet qui le forme, les frères multi-instrumentistes John et Tom Fogerty, le batteur Doug Clifford et le bassiste Stu Cook, jouaient une brit-pop à la manière des Beatles mais sans grand succès. Formé en 1958 dans la banlieue de San Francisco, la fratrie et les deux camarades de classe de l'aîné jouent sous le nom de Tom Fogerty & The Blue Velvets, Tom évoluant à l'époque derrière le micro. Rebaptisé Les Golliwogs en 1964, année où ils signent avec le label Fantasy Records, c'est justement la place derrière le micro qui va changer la donne.

Nous sommes en effet en 1967 et le groupe peine à décoller. À son retour de l'armée, John prend les choses en main et décide de dépoussiérer le groupe en lui donnant un nouveau nom de scène : les Creedence Clearwater Revival. Un nom qui peut paraître abrupte mais pas tant que ça lorsque l'on connait les intentions du frère cadet à l'époque. Avec ce nouveau nom à rallonge dont les mots font respectivement référence à la croyance, une marque de bière et un renouveau, John Fogerty tend à donner un nouveau souffle au groupe. Nouveau souffle qui va prendre son élan dans les racines du rock.

Leur premier album, "Creedence Clearwater Revival", sort dans les bacs en 1969 et fait déjà effet d'un petit tsunami. Composé et chanté entièrement par John Fogerty, y figurent trois reprises à succès : I Put A Spell On You de Screamin' Jay Hawkins, Ninety-nine and a Half de Wilson Pickett et Susie Q de Dale Hawkins. Mais c'est véritablement l'année suivante que le paysage musical américain va être bouleversé par ces cinq petits gars de la banlieue de San Francisco. Ce n'est pas un mais trois albums qui sortent cette année-là : "Bayou Country", "Green River" et "Willy and the Poor Boys".

Leur musique sans artifice, avec ses introductions de guitare heavy et la voix directe et rugissante de John, s'impose comme une évidence. Lui qui n'a jamais mis les pieds dans le Sud des Etats-Unis et découvert la musique country et rythm'n blues à la radio, sublime la tradition du rock, tout en gardant l'aura de mystères nécessaire. Rock rural mais pas pastoral, le groupe fait de leur musique une fête permanente, loin de la musique engagée des Doors, de Jimi Hendrix ou encore de Bob Dylan. Ce dernier dira ... d'ailleurs de Proud Mary, tube-phare de l'album "Bayou Country", qu'elle est la plus belle chanson de l'année 1969.

Classé 2e dans les charts américains et certifié disque de platine avec 1 million d'exemplaires vendus, le morceau sera repris par la suite par des stars comme Tom Jones, Elvis Presley, Bruce Springsteen ou encore Beyoncé. C'est ce qu'on appelle un tube intemporel, qui passe les décennies sans s'écorner. Le "Bayou Beat" ou "Swamp rock, cette musique marécageuse, tout droit sortie des rives du Mississippi, est né. Proud Mary, connu également sous le titre de Rolling on a River, évoque le labeur de ces femmes plongeuses dans les restaurants de Memphis et de La Nouvelle-Orléans.

L'album suivant, "Green River", voit trois de ses titres (Green River, Lodi et Bad moon rising) classés dans les charts. Vendu à plus de trois millions d'exemplaires, il reste quatre semaines consécutives en haut du podium. Quasi écrit en intégralité par John Fogerty, sauf le titre The Night Time Is the Right Time, il figure en 2003, soit trente-quatre ans après sa sortie, à la 95e place du classement des 500 plus grands albums de tous les temps pour le magazine Rolling Stone. Déjà à l'époque le magazine les sacrait meilleur groupe de l'année suite à la parution de leur quatrième album, "Willy and the Poor Boys".

Quatre albums et déjà plus de 10 millions de copies vendues uniquement aux Etats-Unis (!). Les Américains fredonnent aussi facilement leurs morceaux (Prood Mary et Fortunate Song en tête) que ceux des Beatles. Les CCR sont à l'apogée de leur carrière tandis que les Beatles eux se séparent en 1970. Mais la rupture n'est pas bien loin non plus chez les CCR. Cette année-là, après le succès de leur cinquième opus, "Cosmo's Factory" - l'album enregistre les meilleures ventes de leur carrière avec ses tubes Up around the bend et Who'll stop the rain- Tom Forgethy s'éloigne du groupe. Il collaborera une dernière fois avec le groupe sur l'album "Pendulum".

Le 16 octobre 1972, peu de temps après avoir sorti ce qui sera leur dernier album, "Mardi Gras", les Creedence Clearwater Revival annonce la fin du groupe. Le quintet se reforme occasionnellement par la suite. Jusqu'au décès de Tom en 1990. Si leur carrière solo n'a pas été des plus convaincantes, John Forgethy a continué lui de nous faire voyager sur les rives du Mississippi. Sur son dernier album, "Wrote a Song for Everyone" (2013), il reprend le titre Lodi avec ses deux fils Shane et Tyler. La relève est assurée.

Discographie :

1972 : Mardi Gras
1970 : Pendulum
1970 : Cosmo's Factory
1969 : Willy and the Poor Boys
1969 : Green River
1969 : Bayou Country
1968 : Creedence Clearwater Revival

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