Diana Vreeland

Diana Vreeland©Getty Images

La petite Diana voyage beaucoup avec son père avant de finalement émigrer aux Etats-Unis à l'âge de 10 ans, au début de la Première Guerre Mondiale, pour s'installer à New York avec sa famille. Cousine éloignée de Pauline de Rothschild, elle passe ses vacances dans les Rocheuses et côtoie Buffalo Bill avec qui elle pratique l'équitation. Là, la jeune femme, qui entretient des relations difficiles avec sa mère, devient une figure mondaine de la haute-société. En 1922, elle est même citée à deux reprises dans Vogue.
Le 1er mars 1924, Diana épouse le banquier Thomas Reed Vreeland à New York. Ensemble, ils auront deux fils : Thomas Reed Vreeland Jr, futur architecte et professeur à l'UCLA, et Frederick Dalziel Vreeland, futur ambassadeur américain au Maroc. En 1928, la petite famille s'installe à Londres.
Amie de la joaillière Suzanne Belperron, Diana Vreeland se rend souvent sur Paris où elle rencontre Coco Chanel en 1926. Danseuse avec les "Tiller Girls", une troupe londonienne, la jeune femme diversifie ses activités et ouvre une boutique de lingerie réputée, notamment fréquentée par Wallis Simpson. Présentée aux côtés de 14 Américaines au roi George V et la reine Mary le 18 mai 1933, Madame Vreeland fréquente du beau monde : le photographe Cecil Beaton, le compositeur Cole Porter, le critique d'art Sacheverell Sitwell, l'artiste Christian Bérard et l'écrivain Evelyn Waugh. En 1935, elle est de retour à New York pour y suivre son mari.
C'est en 1936 que Diana Vreeland débute sa carrière de journaliste pour le très renommé magazine de mode Harper's Bazaar. Travaillant avec Louise Dahl-Wolfe et Richard Avedon, elle devient rapidement éditrice de mode et tient, à partir d'août 1936, une rubrique caustique et extravagante intitulée "Why Don't You ?..." où elle conseille ses lectrices. Rincer les cheveux blonds des enfants avec du champagne afin qu'ils restent dorés, faire l'éloge du bikini (article qu'elle aidera à populariser) comme la chose la plus importante depuis la découverte de la bombe atomique : tels sont les sujets de la journaliste. Travaillant auprès d'Alexey Brodovitch, elle devient une personnalité influente dans le monde de la mode et conseille notamment la Première dame des Etats-Unis, Jackie Kennedy, en la matière.
C'est en 1960 qu'elle rencontre Ali McGraw qui restera son assistante durant toute sa carrière journaliste. Vreeland sera celle qui réinventera le métier de rédactrice en chef, au sein d'Harper's Bazaar, et le façonnera pour en faire ce qu'il est ... devenu aujourd'hui. Elle contribuera aussi à faire du magazine une référence mondiale dans la mode : en effet, jusque-là les magazines féminins expliquaient surtout comment être une bonne épouse.
Malgré une vie privée chamboulée, son mari partant pour le Canada durant la guerre, la jeune femme affirme vivre une "période vivifiante de sa vie". Dans les années 1960, Newhouse rachète les éditions Condé Nast. Alexander Liberman recrute alors Diana qui rejoint le prestigieux Vogue US en 1962, dont elle deviendra la rédactrice en chef en janvier de l'année suivante. Les Swinging Sixties triomphent tandis que Diana façonne le mouvement Youthquake de la jeunesse, publie la première photo de Mick Jagger en 1964, popularise les jeans, fait poser Twiggy et les stars de cinéma comme des mannequins, lance la carrière de Manolo Blahnik, d'Oscar de la Renta et de Diane von Furstenberg tout en admirant Balenciaga.
La journaliste perfectionniste se fera cependant renvoyer en 1971 à cause de ses idées coûteuses à réaliser dans une période financièrement difficile pour le magazine. Elle sera alors remplacée par son assistante, Grace Mirabella. Après un tour d'Europe, elle devient consultante pour l'Institut du costume du Metropolitan Museum of Art à New York durant l'été 1972 et organise des expositions sur Yves Saint-Laurent et Balenciaga. Après 7 ans d'entretiens, Diana Vreeland publie son autobiographie intitulée D.V. en 1984 et se rend de moins en moins au Met.
Devenue aveugle, ("d'avoir vu tant de belles choses", disait-elle), Vreeland ne sortira plus de chez elle et finira par tomber dans le coma. C'est à l'âge de 86 ans, en 1989, qu'elle décède.
Entrée dans la culture populaire, la papesse de la mode a inspiré le personnage de Maggie Prescott dans le film Drôle de frimousse (Funny Face) de Stanley Donen (1957) ainsi que celui de Polly Maggoo dans Qui êtes-vous Polly Maggoo ? de William Klein (1966). Elle sera aussi l'un des personnages du film Scandaleusement célèbre (Infamous) de Douglas McGrath en 2006 : son rôle est alors interprété par Juliet Stevenson. La même année, elle est aussi un personnage du film Factory Girl de George Hickenlooper, où elle est jouée par Illeana Douglas.
Charismatique et fantasque, Diana aura été, durant toutes ces années, une découvreuse de talents, icône de la presse féminine, de la mode et du chic. "Etonnez-moi" reste le slogan de toute sa carrière.

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