Edward Sharpe and the Magnetic Zeros

Edward Sharpe and the Magnetic Zeros©Getty Images, Cassandra Hannagan

Edward Sharpe and the Magnetic Zeros, c'est l'histoire d'une renaissance. Celle d'Alex Ebert, qui doit effectivement chambouler sa vie avant de pouvoir devenir ce joyeux luron qui fait toute la force attractive du groupe. Le natif de la Cité des Anges fait déjà de la musique auprès de ses compagnons d'Ima Robot, signé auprès de Virgin Records au début des années 2000, mais broie du noir. Accro à l'héroïne, alcoolique, et désenchanté par l'industrie du disque, il finit par tout plaquer vers la fin de la décennie - la drogue, la bouteille, le groupe, la petite amie, l'appartement - pour s'isoler dans un studio tout juste muni d'un matelas pneumatique... et écrire.

C'est à ce moment-là qu'il invente le personnage d'Edward Sharpe, un genre de messie "envoyé sur Terre pour soigner et sauver l'humanité, mais continuellement distrait par les filles", dit-il à un journaliste de The Independent. Alex Ebert va d'ailleurs bientôt se laisser distraire par une certaine Jade Castrinos, rencontrée devant un café, avec qui il revient à l'écriture de chansons. Son histoire, qui implique également une nouvelle forme de mathématiques appelée Magnetic Zeros (les zéros magnétiques), n'aura alors pas de suite. Mais inspirera ainsi le nom d'un nouveau groupe.

Émerge alors Edward Sharpe and the Magnetic Zeros, d'une liberté retrouvée, d'une nouvelle idylle qui, si elle ne durera pas, fait l'objet d'une fructueuse collaboration musicale, et d'une préoccupation vitale : croquer la vie à pleine dents, et répandre la joie et la bonne humeur partout sur son passage. Alex Ebert et Jade Castrinos s'entourent petit à petit d'une dizaine de musiciens, pondent avec l'aide financière du collectif The Masses - soutenu par un certain Heath Ledger - un album réalisé sur un vieil enregistreur multipistes, achètent sur Internet un bus capable d'accueillir tout ce beau petit monde, et prennent la route.

Purement et simplement, la joyeuse bande parcourt le pays au son de son premier opus, "Up from Below", diffusé en 2009. Mais ce n'est que l'année suivante, grâce à une reprise amateur qui a fait le buzz sur YouTube, d'un père et sa fille entonnant le désormais célèbre air de Home, qu'Edward Sharpe and the Magnetic Zeros devient un véritable phénomène. S'invitant dans les charts autour du monde, ainsi que dans quelques séries et publicités, la chanson offre au groupe une place sur les plateaux télé les plus réputés, dans les plus importants festivals, et reste son plus grand tube à ce jour. "On est passé d'une expérience sociale à un super groupe par accident" constate ainsi Alex Ebert sur leur page Facebook officielle.

Bientôt Edward Sharpe and the Magnetic Zeros entame une tournée à la fois surprenante et finalement bien représentative de l'esprit du groupe : avec Mumford ... & Sons et Old Crow Medicine Show, ils embarquent en 2011 à bord d'une douzaine de wagons vintage tirés par deux locomotives à travers le sud du pays, de la Californie à la Nouvelle-Orléans. Un "Railroad Revival Tour" qui n'est pas sans rappeler le "Festival Express" de Janis Joplin et autres Grateful Dead en 1970...

Ainsi surtout réputés pour leurs performances en live, les hippies des temps modernes d'Edward Sharpe and the Magnetic Zeros profitent de leur notoriété pour publier un nouvel album en 2012. "Here", porté par le titre Man on Fire, entre alors en tête du classement indépendant et en cinquième place du classement général aux États-Unis. Il est par ailleurs bien accueilli par la critique, puisque le magazine Rolling Stone l'intègre entre autres en septième position à sa liste des Meilleurs albums de 2012.

S'en suit dès l'année suivante un troisième album éponyme, "ce que l'on a fait de plus pur, de plus libérateur, de plus exubérant" commente Alex Ebert dans un communiqué de presse. Un nouvel opus qui se porte encore plutôt bien, situé en deuxième place du classement indépendant américain sans doute grâce au single Better Days. Même si, il n'y a pas à faire, les scores sont incomparables à ceux du phénomène Home, cela n'empêche pas le groupe de repartir pour une grande tournée en passant, une fois n'est pas coutume, par de nombreux festivals.

Pour des raisons obscures, la chanteuse Jade Castrinos quitte par la suite le groupe, en 2014. C'est ainsi sans leur lead féminin que les Magnetic Zeros reviennent deux ans plus tard dans les bacs, menés par la seule personne d'Alex Ebert. Lequel met par ailleurs fin à son fameux personnage d'Edward Sharpe, rayant son nom sur la jaquette de l'album "PersonA", et assistant carrément à son enterrement dans le clip de No Love Like Yours. "Il n'y avait pas vraiment de personnage à la base, alors pourquoi ne pas le tuer ?", explique le chanteur dans une interview auprès du site Transverso : "Il n'était jamais vraiment là. Au mieux, Edward Sharpe était un véhicule me permettant de me débarrasser de ce que j'étais devenu à ce moment-là, et de revenir à mon identité pure, de prendre un nouveau départ".

Une nouvelle ère, en somme, qui commence pour Alex Ebert et son groupe. Une de toute évidence moins insouciante - certains regretteront même l'énergie presque puérile qui semblait finalement émaner de la muse Jade Castrinos... Reste que l'album gagne tout de même la salutation des critiques. Edward Sharpe ne survivra peut-être pas, mais son créateur montre encore une fois sa capacité à renaître de ses cendres.

Discographie :

2016 : PersonA
2013 : Edward Sharpe and the Magnetic Zeros
2012 : Here
2009 : Up from Below

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