Electric Light Orchestra

Electric Light Orchestra©Getty Images, Shirlaine Forrest

Si la plupart des groupes font le choix entre un registre musical plutôt qu'un autre, Electric Light Orchestra est à contre-sens de cette majorité, proposant une musique hybride dans laquelle la musique classique et le rock font bon ménage. À la façon des titres Strawberry fields forever et I am the walrus signés par les Beatles, le groupe britannique a dépoussiéré, avec ses riff de guitares et ses plages de synthé, la musique orchestrale.

L'aventure ELO débute en 1970 lorsque Jeff Lynne, chanteur-guitariste des Idle Race, revient sur sa décision de rejoindre le groupe psychédélique The Move. En effet, plutôt réticent à l'idée de changer de formation, il décline leur invitation à deux reprises, jusqu'à ce qu'en janvier 1970, The Move décide de changer d'orientation musicale et de prendre le nom de Electric Light Orchestra. Si au début ELO semble juste être une évolution des Move, la formation devient rapidement un groupe à part entière, un orchestre pop beaucoup moins traditionnel dans lequel les violons et violoncelles auraient toute leur place.

Dès l'année suivant leur formation, un premier album, l'expérimental "The Electric Light Orchestra" en Angleterre - "No Answer" aux Etats-Unis - pointe le bout de sa pochette. Le disque sera davantage marqué par le départ de l'un de ses membres fondateurs, Roy Wood, qui quitte le navire après une production difficile tant financière que technique, que par ses pistes. Néanmoins, le titre d'ouverture, "10538 Overture", se classera neuvième dans les charts anglais. Composé désormais du batteur Bev Bevan, du bassiste Kelly Groucutt, du claviériste Richard Tandy et des musiciens venus du classique - le violoniste Mik Kaminski et les violoncellistes Hugh McDowell et Melvyn Gale - ELO peut dire bonjour à l'équilibre. Et à l'eldorado.

"Eldorado" est justement le titre de leur quatrième album, certifié disque d'or en 1974. Can't get it out of my head va d'ailleurs marquer leur première apparition dans les charts américains. Deux ans plus tard, un autre titre évocateur, "A New World Record", les hisse plus de six mois dans le hit-parade américain. L'opus est encore aujourd'hui le plus gros succès de l'histoire du groupe. Suivront le double album "Out of the Blue" (1977), composé en moins de trois semaines dans un chalet en Suisse par Jeff Lynne puis "Discovery" (1979), sur lequel les violons sont remplacés par des synthétiseurs et des titres rock (Last train to London, Don't bring me down) flirtent avec la musique disco.

Lynne fait ensuite un crochet par la comédie musicale disco "Xanadu", dont il écrit la moitié des textes avec la chanteuse australienne Olivia Newton-John. La bande originale reçoit un plus bel accueil que ... le spectacle en lui-même mais le leader d'ELO est vivement critiqué pour avoir cédé à la variété, lui qui a toujours su se différencier de la musique commerciale. De retour en studio avec ses acolytes, leurs deux albums suivants vont conduire au déclin du groupe : "TIME" (1981) et son changement radical de couleur sonore à l'occasion de leurs dixième anniversaire connaît un succès modéré et "Secret Messages" (1983) perd la pâte de Lynne, qui erre chez les Beatles.

De plus en plus désintéressé du groupe, le leadeur n'est pas sollicité lorsqu'en 1990 le batteur Bev Bevan, le violoniste Mik Kaminski et le bassiste Kelly Groucutt forme sans son avis Electric Light Orchestra Part II. Deux albums sortiront mais le groupe se dissout à la fin des années 1990, période marquée par le retour en douceur de Lynne, parti travailler avecGeorge Harrison, Randy Newman, Tom Petty et collaborer à la Beatles Anthology.

En 2001, la formation renait alors de ses cendres, notamment grâce à l'album "Zoom". Mais, malgré des collaborations de qualité - George Harrison à la slide guitar, Ringo Starr à la batterie - la tournée est raccourcie par manque de monde dans les salles. Ecrit, produit, interprété et enregistré par Lynne dans son propre studio de Los Angeles sur une période de deux ans et demi, l'album est suivi de leur dernier opus en date, "Alone in the Universe" (2015), de nouveau piloté quasi intégralement par Lynne qui mène de front une carrière solo.

Seul dans l'univers, Lynne, comme son public, regrette le temps où, entre 1972 et 1986, ELO a placé pas moins de 27 titres dans le top 40 en Angleterre comme aux Etats-Unis. Là-bas, ils y détiennent même un drôle de record : celui d'avoir été l'un des groupes le plus souvent classé dans le Top 40 mais sans qu'aucun de leur morceau n'ai été numéro 1.

Ces dernières années, ELO a connu une seconde jeunesse grâce à un opérateur téléphonique, qui a utilisé le printannier Mr. Blue Sky dans leur campagne publicitaire. Mais si, souvenez-vous de ce morceau coloré aux allures de bulletin météo. Aujourd'hui, les nuages sont plutôt bas pour l'orchestre. À quand le retour d'un morceau de ciel bleu ?

Discographie :

2015 : Alone in the Universe
2001 : Zoom
1986 : Balance of Power
1983 : Secret Messages
1981 : Time
1980 : Xanadu (Bande originale)
1979 : Discovery
1977 : Out of the Blue
1976 : A New World Record
1975 : Face the Music
1974 : Eldorado
1973 : On the Third Day
1973 : ELO 2
1971 : The Electric Light Orchestra

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