Esperanza Spalding

Esperanza Spalding©Abaca, Loona

Esperanza Emily Spalding, de son nom complet, est élevée par sa mère seule avec son frère. Déjà toute petite, elle se dévoile un talent incontesté pour la musique. À 4 ans, elle reproduit à l'oreille du Beethoven au piano alors qu'elle apprend, en autodidacte, le violon. Inspirée par Yo-Yo Ma, la gamine maîtrise suffisamment l'instrument pour intégrer à 5 ans la Chamber Music Society de l'Oregon, y jouant d'ici l'adolescence en tant que premier violon.

Après une formation au Berklee College of Music, où elle devient enseignante après trois années d'études, à 20 ans, Esperanza Spalding débarque dans les bacs en 2006. Son premier album, "Junjo", produit par le label espagnol Ayva, est principalement musical. C'est sur son deuxième, "Esperanza", sorti deux ans plus tard, que l'on découvre sa voix : la jeune femme de 24 ans chante en anglais, en espagnol et en portugais sur un mélange de sonorités africaines et latines, acclamé par les critiques et autres aficionados de jazz.

S'en suit "Chamber Music Society" en 2010 et bientôt la gloire... Esperanza Spalding crée en effet l'événement l'année suivante en reportant le Grammy Award du Meilleur nouvel artiste. Une victoire non seulement historique, étant la première artiste jazz à décrocher une statuette dans cette catégorie, mais aussi inattendue face à des concurrents de taille comme Drake, Florence and The Machine, Mumford & Sons et Justin Bieber. La chanteuse et musicienne fait d'ailleurs l'objet d'une offensive impressionnante de la part des fans déçus de l'artiste teenager, qui exposent toute leur colère sur sa page Wikipédia et autres réseaux sociaux...

Qu'importe, celle qui a déjà chanté pour le ... président Barack Obama au concert du Prix Nobel de la Paix en 2009, et qui se voit invitée sur la scène des Oscars en 2012, poursuit son petit bonhomme de chemin. Cette année-là, elle dévoile un quatrième opus plus pop et soul que ses prédécesseurs. "Radio Music Society" s'invite dans le Top 10 du classement général américain, une première pour la chanteuse et musicienne qui remporte par ailleurs deux nouveaux Grammy Awards, cette fois dans les catégories de Meilleur album de jazz vocal et Meilleur arrangement instrumental.

Après avoir collaboré avec Bruno Mars sur le titre Old & Crazy (2013), enregistré un morceau de protestation au camp de Guantánamo intitulé We Are America (2013), ou encore partagé la scène avec quelques légendes comme Herbie Hancock et Stevie Wonder, Esperanza Spalding revient en 2016 avec un cinquième album solo. "Emily's D+Evolution" s'éloigne du jazz pour créer une fusion funk et rock, avec quelques riffs de guitare électrique alors que la musicienne délaisse la contrebasse pour lui préférer la basse. Si certains fans regrettent sans doute son répertoire plus classique, les critiques, elles, sont dithyrambiques. De quoi conforter la chanteuse - qui se cache derrière son alter ego, Emily, pour cet essai expérimental - dans ses envies "d'évolution"...

Discographie :

2016 : Emily's D+Evolution
2012 : Radio Music Society
2010 : Chamber Music Society
2008 : Esperanza
2006 : Junjo

Récompenses :

2014 : Grammy Award du "Meilleur arrangement instrumental accompagnant le chant", pour Swing Low
2013 : Grammy Award du Meilleur album de Jazz vocal, pour "Radio Music Society", et "Meilleur arrangement instrumental accompagnant le chant", pour City of Roses
2011 : Grammy Award du "Meilleur nouvel artiste"

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