Harry Nilsson

©Getty Images, Michael Putland
Harry E. Nelson III, de son vrai nom, est élevé seul par sa mère après que son père ait quitté le foyer à ses 3 ans. Un abandon qui lui inspirera, plus tard, la chanson 1941 et ces paroles : "En 1941, le père heureux a eu un fils. D'ici 1944, le père s'en est allé." Le petit est alors emmené en Californie. À Los Angeles, il quitte les bancs de l'école pour travailler au Paramount Theater, la plus grande salle de cinéma de la région qui organise également des concerts de rock. Auprès des musiciens qui viennent y jouer, le jeune homme d'à peine 20 ans apprend le piano et le guitare.

L'établissement étant détruit au début des années 1960, celui qui se fait bientôt appeler Harry Nilsson s'en va travailler dans le département informatique d'une banque mais profite de son temps libre pour amorcer sa carrière musicale. Il parvient à vendre quelques-unes des chansons qu'il compose au producteur de rock Phil Spector, tout en arrondissant les fins de mois en enregistrant des publicités pour la radio. En 1964, le jeune prodige obtient un contrat auprès de Tower Records et enregistre "Spolight On Nilsson". Alors qu'il travaille à un second opus, pour le label RCA, une des chansons qu'il a écrites, Cuddly Toy, fait un carton lorsqu'elle sort sur un disque de The Monkees en 1967.

Son "Pandemonium Shadow Show" suit peu après. S'il ne se vend pas très bien, ce dernier est acclamé par la critique et notamment un individu en particulier, qui l'appelle de Londres pour le féliciter : "C'est John, John Lennon. Je voulais juste dire que ton album est génial ! Tu es génial !", rapporte le magazine Rolling Stone. C'est ainsi que naît une fructueuse amitié entre Harry Nilsson et ceux que l'on surnomme les "Fab Four" (les "Quatre Fabuleux"). "Tout d'un coup, j'étais le Beatles blond des US", se souviendra plus tard l'artiste américain selon The Independent. Le célèbre groupe britannique participe d'ailleurs largement à faire sa promotion à la fin des années 1960, faisant notamment référence à lui comme étant leur artiste préféré lors d'une conférence de presse organisée pour le lancement de leur label Apple Records à New York.

Et en effet, voilà que Harry Nilsson rencontre un grand succès, tant critique que commercial, avec son troisième opus en 1968. Tous les titres de "Aerial Ballet" sont de sa propre composition, excepté un : Everybody's Talkin' est une reprise de Fred Neil, mais sa version est incontestablement la plus connue et reste encore aujourd'hui son plus grand tube. Après avoir atterri dans la bande originale du triple-oscarisé "Macadam Cowboy" (1969) de John Schlesinger avec Dustin Hoffman et Jon Voight, la chanson lui vaut en 1970 son premier Grammy Award. Ainsi propulsé parmi les plus grands, lui-même a été entre-temps repris par le groupe Three Dog Night, qui fait un carton en 1969 avec son fameux One.

C'est par ailleurs à cette époque que Harry Nilsson commence à s'intéresser aux arts visuels. Il compose la bande originale de "Skidoo" (1968) pour Otto Preminger, le thème de la sitcom "The Courtship of Eddie's Father" (1969), Best Friend, et son album "The Point!" (1971) est accompagné d'un téléfilm animé éponyme, narré par Dustin Hoffman à sa diffusion sur ABC puis par Ringo Starr à sa sortie VHS. L'histoire, qui lui a été inspirée, dit-il, sous acide, sera plus tard adaptée en comédie musicale à Londres avec les anciens membres des Monkees, Davy Jones et Micky Dolenz, en tête d'affiche.

Celui qui lui-même fuit la scène et ne fait que très peu d'apparitions télévisées continue d'enchaîner les projets tout au long des années ...
1970. Après un album - encore une fois acclamé des critiques mais peu vendu - de chansons écrites par son ami Randy Newman ("Nilsson Sings Newman", 1970), il connaît avec "Nilsson Schmilsson" (1971) son plus grand succès commercial. L'opus se voit bientôt certifié disque de platine, porté encore une fois par une reprise : Without You, un titre originellement de Badfinger, lui vaut son deuxième Grammy Award en 1973. Fort de la réussite de "Schmilsson", son alter ego fleur bleue, l'auteur-compositeur lui donne deux suites dans les années suivantes : "Son of Schmilsson" (1972), avec le hit-single Spaceman, puis l'album de reprises de grands classiques "A Little Touch of Schmilsson in the Night" (1973).

Harry Nilsson fait ensuite couler de l'encre pour ses déboires avec quelques membres des Beatles, séparés depuis quelques années, notamment pendant le fameux "Lost Weekend" ("week-end perdu") de John Lennon - le temps de sa séparation d'avec Yoko Ono, entre 1973 et 1975. De l'épisode notoire où les deux amis se font virer du Troubadour Club de Los Angeles, le chanteur américain dira : "Cet incident a ruiné ma réputation pour 10 ans. Allez saouler un Beatles et regardez ce qui se passe !". La période donne également naissance à quelques projets collaboratifs : l'album de reprises de classiques rock "Pussy Cats" (1974), produit par Lennon, ou encore le film musical "Son of Dracula" (1974) de Freddie Francis, au côté de Ringo Starr.

Lorsque Harry Nilsson épouse Una O'Keefe en 1976, c'est à ce dernier qu'il demande d'être son témoin. Puis il se fait discret, fondant une large famille avec sa nouvelle femme - six enfants, en plus d'un premier né d'un précédent mariage. Si ce n'est pour "Flash Harry", son dernier album studio, et la bande originale de "Popeye" tous deux diffusés en 1980, l'artiste reste à l'écart de l'industrie musicale durant la grande majorité de la décennie. En 1988, il participe au scénario de la comédie dramatique "Allo, je craque" de Rip Torn, avec Whoopi Goldberg. Puis revient sans faire de bruit avec de nouvelles reprises langoureuses, dans un opus naturellement intitulé "A Touch More Schmilsson in the Night" (1988).

Après avoir déjà souffert d'une crise en 1993, Harry Nilsson décède d'une maladie cardiaque le 15 janvier 1994, à 52 ans, dans sa maison de Los Angeles. À peine quelques jours plus tôt, il venait de boucler un nouvel album de compositions originales. Si ce dernier ne verra jamais le jour, un hommage à l'auteur-compositeur, chanteur et musicien sort dans les bacs l'année suivant sa mort. "For the Love of Harry: Everybody Sings Nilsson" est une collection de vingt-trois de ses chansons chantées par Randy Newman, Ringo Starr, ou encore Stevie Nicks. Les recettes sont reversées à l'association anti-arme à feu que Harry Nilsson avait intégré après la mort de son ami John Lennon, quinze ans auparavant.

Discographie :

1988 : A Touch More Schmilsson in the Night
1980 : Popeye (Bande originale)
1980 : Flash Harry
1977 : Early Tymes
1977 : Knnillssonn
1976 : ... That's the Way It Is
1976 : Sandman
1975 : Duit on Mon Dei
1974 : Pussy Cats
1974 : Son of Dracula (Bande originale)
1973 : A Little Touch of Schmilsson in the Night
1972 : Son of Schmilsson
1971 : Nilsson Schmilsson
1971 : The Point ! (Bande originale)
1970 : Nilsson Sings Newman
1969 : Harry
1968 : Skidoo (Bande originale)
1968 : Aerial Ballet
1967 : Pandemonium Shadow Show
1966 : Spotlight on Nilsson

Filmographie :

1974 : Son of Dracula, de Freddie Francis
1969 : Madame et son fantôme (Série TV)
1968 : Skidoo, d'Otto Preminger

Récompenses :

1999 : Grammy Hall of Fame Award, pour Everybody's Talkin'
1973 : Grammy Award du Meilleur chanteur pop, pour Without You
1970 : Grammy Award du Meilleur chanteur pop, pour Everybody's Talkin'

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