Jane's Addiction

Jane's Addiction©Getty Images, Jeff Kravitz/FilmMagic

À l'été 1985, lorsque Perry Farrell quitte son groupe Psi-com et se met en quête d'un bassiste pour une nouvelle formation, le chanteur de rock a dans l'idée de fonder un groupe représentatif du Los Angeles de l'époque. Un groupe capable de marier l'héritage noir et blanc de la cité des anges. Farrell s'entoure alors du bassiste Éric Avery, dont la soeur va jouer un grand rôle dans leur formation puisque son petit ami de l'époque n'est autre que Stephen Perkins, futur batteur du groupe. À son tour Perkins va suggérer aux autres membres d'engager l'un de ses amis, le guitariste Dave Navarro, qui l'avait accompagné dans le groupe Dizastre.

La formation au complet, le quatuor réfléchit à un nom qui pourrait évoquer leur style à la fois tribal et tordu. Finalement, plus anecdotique qu'explicite, le leadeur Farrell opte pour Jane's Addiction, clin d'oeil à la toxicomanie de sa colocataire Jane Bainter, qui deviendra leur muse. Se démarquant immédiatement des autres groupes évoluant sur la scène underground de Los Angeles, Jane's Addiction n'a pas la moindre difficulté pour trouver une maison de disques qui voudrait l'éditer. Mais préférant pour leur premier opus signer chez un label indépendant, les quatre garçons dans le vent sortent leur premier album éponyme chez Triple X Records en 1987.

L'année suivante, ils entrent définitivement dans la cour des grands en signant chez Warner Bros., qui leur avait proposé le deal le plus intéressant. Ce second album, "Nothing's Shocking", certifié double disque de platine à sa sortie, est un opus majeur dans l'histoire du rock alternatif - comme ont pu l'être le "Nevermind" de Nirvana et "Appetite For Destruction" des Red Hot Chili Peppers - et considéré comme leur plus réussi. Apogée de leur art donc, l'album, influencé par le punk rock, le heavy métal, le post-punk et le rock psychédélique, contient des tubes aussi mythiques que Jane Says (dédié à leur muse Jane) et le tourbillon Mountain Song, et reçoit plusieurs nominations aux Grammy Awards.

Nouveau coup de génie en 1990 avec l'album "Ritual de lo Habitual", double disque de platine, qui leur fait remporter le MTV Video Music Award pour le clip du single Been Caught Stealing. En live aussi, les rockstar donnent tout, torses à découvert et pas de danse endiablés. Jusqu'ici le groupe coulait donc des jours tranquilles. Jusqu'ici. Car le groupe éclate l'année suivant l'album, en 1991 juste après leur participation au festival de musique Lollapalooza, pour une cause très courante dans le monde de la musique : l'usage de la drogue et les tensions qui en découlent. Lollapalooza a été créé en 1990 par Farrell et donne un coup de projecteur aux artistes de la scène alternative. Le festival sera d'ailleurs de nouveau au coeur de la tourmente au début des années 2000.

Au cours de cette première rupture, chacun va s'adonner à des projets musicaux bien distincts : Farrell et Perkins forment avec le guitariste Peter DiStefano et ... le bassiste Martyn LeNoble le groupe Porno For Pyros, dont les deux albums ("Porno For Pyros" en 1993 et "Good God's Urge" en 1996) rencontreront un énorme succès ; de leur côté, Avery et Navarro fondent Deconstruction avant que Navarro ne collabore avec Alanis Morissette, Marilyn Manson mais surtout les Red Hot Chili Peppers, en 1995, pour remplacer John Frusciante. Il enregistrera un seul album à leur côté, One Hot Minute, avant de quitter le groupe en 1997 pour se consacrer à son projet solo, Spread. Enfin, entre 1995 et 2004, Perkins sort trois albums avec le groupe Banyan.

Conjointement à ces fructueuses collaborations, des prémices de reformation voient le jour dès 1997, lorsque Flea, bassiste des Red Hot Chili Peppers remplace Eric Avery qui, contrairement aux trois autres membres fondateurs, n'a pas souhaité cette reformation. Reformation qui sera brève. En effet, à peine le temps pour eux d'enregistrer quelques morceaux en prévision d'un nouvel album, "Kettle Whistle", que Flea se voit contraint de quitter le groupe pour retrouver les RHCP, John Frusciante venant de faire son grand retour dans le groupe. L'album ne verra jamais le jour.

En dents de scie, la carrière des Jane's Addiction connait un nouveau coup de théâtre en 2004 - après s'être réunis en 2001 avec Martin Le Noble des Porno For Pyros à la basse et sorti le dispensable album "Strays" (2003) - lorsque Farrell refuse d'enregistrer de nouveaux morceaux pour se consacrer pleinement à son festival de musique. Les autres membres feront sans lui jusqu'à ne plus rien faire du tout lorsque, le festival annulé, il vient frapper à la porte les suppliant de le réintégrer. Le clash est inévitable et la séparation fatale pour le groupe aux quatre albums.

Fatale puisque les années passent et que leurs fans trépassent, attendant le moindre signe de leur part. En 2008, pour la première fois depuis 17 ans, le bassiste originel du groupe, Eric Avery, accepte (enfin) la reformation du groupe pour les NME ! Awards du 23 avril 2008, cérémonie organisée pour célébrer l'héritage de Jane's Addiction. Ils y interprètent trois titres et semblent alors avoir retrouvé un nouveau souffle.

Il sera de courte durée, leur quatrième et dernier album en date, "The Great Escape Artist" (2011) n'ayant pas franchement séduit leurs fans et la critique. Reste à ces derniers de prendre plaisir à les voir entonner sur scène leurs anciens tubes, comme en juin 2016 lors de la première édition du Download Festival organisé à Paris. Cette année-là, le groupe fête les 25 ans de la sortie de leur album "Ritual de lo Habitual" et propose à cette occasion le coffret Steling spoon contenant leurs albums cultes ainsi qu'un vinyle de l'un de leur concert de 1990.

Discographie :

2011 : The Great Escape Artist
2003 : Strays
1990 : Ritual de lo Habitual
1988 : Nothing's Shocking
1987 : Jane's Addiction


Récompense :


1990 : MTV Video Music Award de la meilleure vidéo alternative pour Been Caught Stealing

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