Jean-Frédéric Poisson

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Jean-Frédéric Poisson©Abaca, Robert Alain

Jean-Frédéric Poisson n'est pas politicien de formation. Diplômé d'un master en droit social, puis d'un doctorat en philosophie sur le thème de la bioéthique, il se tourne vers le monde de l'entreprise pour devenir DRH dans la métallurgie puis dirigeant d'une société de conseil. C'est en 1993 que l'homme qui vient d'entrer dans sa trentaine va trouver une nouvelle voie : lors d'une conférence en Vendée sur l'engagement politique des chrétiens, il fait la rencontre d'une certaine Christine Boutin. Celle qui faisait alors campagne pour les élections cantonales se rappelle, au micro de LCP : "Un jeune garçon, alors au chômage, est venu me parler. Je lui ai demandé s'il voulait voir comment on fait campagne. Il m'a dit qu'il resterait 10 ou 15 jours. On ne s'est jamais quittés."

Naît alors une longue relation professionnelle entre le récemment converti au catholicisme et l'élue conservatrice, qui le voit comme un de ses "enfants spirituels". Deux ans plus tard, elle le fait entrer au conseil municipal de Rambouillet dans les Yvelines. De là, Jean-Frédéric Poisson monte progressivement les échelons : il devient ensuite conseiller municipal, adjoint au maire, puis maire de la ville en 2004. Une fonction qu'il conserve jusqu'en 2007, lorsque Christine Boutin est nommée ministre du Logement et de la Ville au gouvernement Fillon et lui entre à l'Assemblée nationale pour reprendre le siège de député de la 10e circonscription des Yvelines.

Jean-Frédéric Poisson est en voie pour une réélection en septembre 2009, mais le Conseil constitutionnel annule le scrutin en raison d'un cafouillage dans le décompte des bulletins, d'un trop faible écart de voix avec son opposante EELV Anny Poursinoff, et d'un tract distribué à la veille du second tour par le parti écologiste pouvant prêter à confusion. Le vote est renouvelé en juillet 2010 et le candidat affilié à l'UMP perd alors son avance sur sa rivale. Il lui faudra attendre deux ans avant de récupérer son siège de député aux Yvelines.

Au sein de l'Assemblée nationale, Jean-Frédéric Poisson est fait vice-président de la commission des lois en 2013. Cette année-là, il s'oppose farouchement à la loi du "mariage pour tous" portée par la Garde des Sceaux Christiane Taubira. De quoi lui valoir les faveurs de son clan : lorsque Christine Boutin quitte la présidence du Parti chrétien-démocrate, son protégé est élu avec plus de 73% des suffrages à sa succession en novembre 2013.

C'est à ce titre qu'il se présente trois ans plus tard dans la course à la présidentielle. Seul représentant de son parti, autonome, dans la primaire de la droite, il peut passer outre l'obtention des 250 parrainages requis pour participer ... à l'élection - un obstacle qui voit d'autres candidats comme Henri Guaino, Frédéric Lefebvre ou Nadine Morano forcés d'abandonner la course. Jean-Frédéric Poisson arrive néanmoins comme un illustre inconnu face à ses rivaux Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Fillon,Jean-François Copé, Bruno le Maire et Nathalie Kosciusko-Morizet.

Aussi ne dépasse-t-il pas les 1% d'intentions de vote dans les premiers sondages. Optimiste, Jean-Frédéric Poisson relativise : "Avec 0,63% des voix, Jean-Michel Baylet a obtenu trois portefeuilles de ministres et un groupe parlementaire. Avec 5%, Manuel Valls a obtenu Matignon. Arrivée deuxième, Martine Aubry, elle, a disparu du quinquennat", rappelle-t-il ainsi au Huffington Post. Lui, se verrait bien au ministère du Travail, se vantant d'ailleurs d'être le seul candidat à connaître le monde de l'entreprise de l'intérieur.

Après le premier débat organisé dans le cadre de la primaire, en octobre 2016, le chef du Parti chrétien-démocrate fait un bond soudain dans les sondages. S'il est encore loin derrière les ténors des Républicains, il a au moins su attiser la curiosité des téléspectateurs comme des médias, qui se demandent pour la première fois "Qui est Jean-Frédéric Poisson?". Si certaines de ses propositions, comme le salaire universel et le maintien des 35 heures intèressent l'électorat, celui que Christine Boutin - fière de son poulain - décrit comme un "conservateur social-chrétien" montre aussi quelques affinités avec le Front national... Eurosceptique, dénonciateur du libre-échange, de la mondialisation, du multiculturalisme, qui lutte pour le maintien des crèches de Noël dans l'espace public, considère que faire baisser le nombre d'avortement est un "objectif de santé publique", et de manière générale souhaite voir les racines chrétiennes défendues dans la Constitution, aurait même confié à Valeurs Actuelles que "s'il faut choisir entre un candidat PS malhonnête et un candidat FN honnête, je choisirais le candidat FN".

Or lui-même espère ne pas passer par là, s'étant depuis mis à rêver plus grand... Celui qui s'est empressé de féliciter sur son compte Twitter le candidat républicain au lendemain de l'élection américaine, le 9 novembre 2016, déclare en effet peu après : "Trump est parti de très loin et cela m'ouvre évidemment des perspectives nouvelles". Les résultats du scrutin au premier tour de la primaire de la droite en décideront néanmoins autrement... S'il fait un peu mieux qu'annoncé aux premiers sondages, laissant même la place de dernier à Jean-François Copé (0,3%), Jean-Frédéric Poisson ne récupère que 1,5% des voix. Plutôt que de se prononcer sur son vote au second tour, le Président du parti Chrétien-démocrate annonce selon le Monde.fr qu'il compte solliciter "les deux finalistes de la primaire (François Fillon et Alain Juppé, ndlr.) sur des sujets essentiels : la famille, l'éducation, l'Europe".

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