Lino Ventura

Lino Ventura©Getty Images, Francis Apesteguy / Contributeur

Le futur acteur quitte son Italie natale et arrive à Paris du haut de ses huit ans. Le petit garçon ne parle que l'italien et doit s'adapter à un pays encore frileux envers son immigration. Giovanni et Louisa, ses parents, ont fui le régime de Mussolini qui commence à se mettre en place. Une fois à Paris, Louisa perd la trace de son époux et elle devient femme de chambre dans un hôtel.
Lino doit alors subvenir aux besoins de sa mère devenue célibataire et enchaîne les petits boulots, souvent manuels. Le jeune homme rencontre à 19 ans Odette Lecomte, celle qui deviendra sa femme et la mère de leurs quatre enfants. Entre ses emplois, il trouve du temps pour développer ses qualités de sportif. Doté d'une carrure impressionnante, il opte pour la lutte greco-romaine. C'est après la guerre qu'il devient catcheur et en 1950 il est champion d'Europe poids moyens, sous le drapeau italien. Il ne se remet cependant pas d'une blessure qui le fait définitivement abandonner le sport.
Il est âgé de 34 ans lorsque le réalisateur Jacques Becker cherche " un costaud " pour son film "Touchez pas au grisbi", qui met en vedette la star française absolue, Jean Gabin. Nous sommes en 1954 et Lino ne connaît encore rien au cinéma. L'icône au regard d'acier prend alors Lino sous son aile, l'encourageant à poursuivre dans cette voie. Par la suite, les acteurs tourneront beaucoup ensemble, des gangsters notamment dans : "Razzia sur la chnouf" (1955) ou "Le rouge est mis" (1957). Mais "Le Gorille vous salue bien" en 1957 assoie définitivement la notoriété de Lino, qui se rapproche peu à peu des premiers rôles.
Dans les années 1960, la carrière de l'acteur est définitivement lancée. Son physique reste sa carte de visite : solide, charismatique et aussi attachant, Lino sait naviguer entre les personnages, à la fois brute épaisse et débonnaire, il plaît beaucoup au public. Avec son sourcil levé et son sourire franc, il fait partie de ceux qui ont "une gueule de cinéma".
Les films s'enchaînent, mais restent souvent dans le même registre : le film de gangster. En 1963, il devient " M'sieur Fernand " dans la comédie de Georges Lautner "Les tontons flingueurs", aux côtés de Bernard Blier, Francis Blanche, Jean Lefebvre et le jeune Claude Rich. Grâce aux dialogues d'anthologie signés Michel Audiard, les répliques de Lino deviennent les plus croustillantes du cinéma français. Le film d'espionnage est dépoussiéré et fait place à la comédie policière.
Il reste encore dans la même ligne de scenarii "flics et voyous" et devient notamment l'un des acteurs fétiches des réalisateurs Henri Verneuil et Jean-Pierre Melville. Il retrouve Jean Gabin et Alain Delon dans "Le Clan des Siciliens" de Verneuil. En 1969, il campe un résistant à la personnalité sombre. Ce drame signé Melville est considéré comme un chef-d'oeuvre.
Dans les années 1970, il fait partie de la bande imaginée par Claude Lelouch pour "L'Aventure c'est l'Aventure", aux côtés de Jacques Brel, Charles Denner, Johnny Hallyday ou encore Aldo Maccione avec qui il échange en italien, sa langue maternelle qu'il ne parlera que dans ce film.
Ventura donne la réplique à une toute jeune première, Isabelle Adjani dans "La Gifle" en 1975. Innatendu dans ce rôle, il campe un père en décalage avec son adolescente de fille qui rêve de tout envoyer balader. Sa prestation est beaucoup apprécié par la critique.
Les années 1980 marquent un ralentissement dans la carrière de Lino, qui apparaît cependant dans quelques films mémorables : en 1981, il offre une superbe prestation avec Michel Serrault pour le film de Claude Miller, "Garde à vue", un autre polar. Robert Hossein lui propose également le rôle de Jean Valjean dans "Les Misérables", face à Michel Bouquet qui incarne Javert.
C'est en 1987 que l'acteur rend son dernier souffle après une crise cardiaque.
Acteur connu pour sa pudeur, sa réserve sur sa vie privée dont on sait finalement peu de choses, il s'est cependant exprimé publiquement et battu pour sa fille Linda atteinte de trisomie. Le 6 décembre 1965, l'acteur lance un appel fort à l'antenne de l'ORTF, révélant cette maladie qui est encore considérée à l'époque comme un secret de famille. Il déclare notamment : "Je suis père d'une enfant pas comme les autres." Cet appel annonce par ailleurs l'ambition de l'acteur de créer "un centre pilote, un centre où l'on puisse prendre des enfants, les rééduquer, essayer de leur faire faire quelque chose de leurs mains, des ateliers. Essayer de les réintégrer quand nous, ne ... serons plus là". C'est un an plus tard que l'acteur fonde l'association Perce-Neige, qui offre chaque jour des soins et un accompagnement aux personnes handicapées mentales et les familles. En 1975, c'est une autre victoire pour Ventura le militant, son association est reconnue d'utilité publique. En 1982, la première structure, la Maison Perce-Neige est installée à Sèvres. L'association est toujours active à ce jour et est gérée par son petit-fils, Christophe Lasserre-Ventura.
Malgré qu'il ait passé la majorité de sa vie en France, Lino Ventura n'a jamais pris la nationalité française.
Filmographie :
1987 : La Rumba, de Roger Hanin
1984 : La Septième Cible, de Claude Pinoteau
1983 : Cent Jours à Palerme (Cento Giorni a Palermo), de Giuseppe Ferrara
1983 : Le Ruffian, de José Giovanni
1982 : Les Misérables de Robert Hossein
1981 : Garde à vue, de Claude Miller
1981 : Espion, lève-toi, d'Yves Boisset
1980 : Les Séducteurs, d'Édouard Molinaro
1978 : Un papillon sur l'épaule, de Jacques Deray
1978 : La Grande Menace (The Medusa Touch), de Jack Gold
1978 : L'Homme en colère, de Claude Pinoteau
1976 : Cadavres exquis (Cadaveri Eccellenti), de Francesco Rosi
1975 : Adieu poulet, de Pierre Granier-Deferre
1975 : La Cage, de Pierre Granier-Deferre
1974 : Les Durs (Uomini Duri / Three tough guys), de Duccio Tessari
1974 : La Gifle, de Claude Pinoteau
1973 : La Bonne Année, de Claude Lelouch
1973 : Le Far West, de Jacques Brel
1973 : L'Emmerdeur, d'Édouard Molinaro
1972 : Cosa Nostra, de Terence Young
1972 : Le Silencieux, de Claude Pinoteau
1972 : La Raison du plus fou, de Raymond Devos et François Reichenbach
1972 : L'aventure c'est l'aventure, de Claude Lelouch
1971 : Fantasia chez les ploucs, de Gérard Pirès
1971 : Boulevard du rhum, de Robert Enrico
1970 : Dernier domicile connu, de José Giovanni
1969 : Le Clan des Siciliens, d'Henri Verneuil
1969 : L'Armée des ombres, de Jean-Pierre Melville
1968 : Le Rapace, de José Giovanni
1967 : Les Aventuriers, de Robert Enrico
1966 : Avec la peau des autres, de Jacques Deray
1966 : Ne nous fâchons pas, de Georges Lautner
1966 : Le Deuxième Souffle, de Jean-Pierre Melville
1965 : L'Arme à gauche, de Claude Sautet
1965 : Les Grandes Gueules, de Robert Enrico
1965 : La Métamorphose des cloportes, de Pierre Granier-Deferre
1964 : Les Bandits (Llanto por un bandito), de Carlos Saura
1964 : Les Barbouzes, de Georges Lautner
1963 : Les Tontons flingueurs, de Georges Lautner
1963 : Cent mille dollars au soleil, d'Henri Verneuil
1963 : Carmen 63, de Carmine Gallone
1962 : Le Diable et les Dix Commandements, de Julien Duvivier
1962 : Les Petits Matins, de Jacqueline Audry
1962 : L'Opéra de quat'sous, de Wolfgang Staudte
1961 : Un taxi pour Tobrouk, de Denys de La Patellière
1961 : La Fille dans la vitrine, de Luciano Emmer
1961 : Le Roi des truands de Duilio Coletti
1961 : Le Bateau d'Émile, de Denys de La Patellière
1961 : Les Lions sont lâchés, d'Henri Verneuil
1961 : Le Jugement dernier, de Vittorio De Sica
1960 : Classe tous risques, de Claude Sautet
1960 : Les Mystères d'Angkor, de William Dieterle
1959 : Douze heures d'horloge, de Géza von Radványi
1959 : 125, rue Montmartre, de Gilles Grangier
1959 : Marie-Octobre, de Julien Duvivier
1959 : Un témoin dans la ville, d'Édouard Molinaro
1959 : Le Chemin des écoliers, de Michel Boisrond
1959 : Le fauve est lâché, de Maurice Labro
1958 : Maigret tend un piège, de Jean Delannoy
1958 : Ces dames préfèrent le mambo, de Bernard Borderie
1958 : Ascenseur pour l'échafaud, de Louis Malle
1958 : Le Gorille vous salue bien, de Bernard Borderie
1958 : Sursis pour un vivant, de Víctor Merenda
1957 : Le Feu aux poudres, de Henri Decoin
1957 : Action immédiate, de Maurice Labro
1957 : Trois jours à vivre, de Gilles Grangier
1957 : Le rouge est mis, de Gilles Grangier
1957 : L'Étrange Monsieur Steve, de Raymond Bailly
1956 : La Loi des rues, de Ralph Habib
1956 : Crime et Châtiment, de Georges Lampin
1955 : Razzia sur la chnouf, d'Henri Decoin
1954 : Touchez pas au grisbi, de Jacques Becker

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