Niagara

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Niagara©BestImage - JLPPA

C'est sur les bancs de la fac de Rennes, où Muriel Moreno, fille de notaire, étudie l'Histoire de l'art et Daniel Chevenez, électron libre passe par la sociologie, l'Histoire et les lettres modernes, que le futur duo Niagara se rencontre. Déjà tous deux férus de musique, Muriel chante par-ci par-là tandis que Daniel, qui a déjà eu mille vies, a travaillé comme pianiste dans une pizzeria, joué les DJ dans un club homosexuel et poussé la chansonnette pour les groupes Uniforme et Opera Dissidence.

En 1981, le touche-à-tout fonde L'Ombre jaune, du nom du vilain dans l'univers Bob Morane (Indochine en a déjà fait référence dans son Aventurier !), un groupe dans lequel il gère les claviers tandis que José Tamarin, l'un de ses compagnons de route, s'occupe des guitares. Dès l'année suivante, le duo se met en quête d'une chanteuse pour étoffer son répertoire. Muriel les rejoint et participe avec eux dans la foulée aux célèbres rencontres des Trans Musicales de Rennes, qui leur offrent un joli coup de projecteur dans la région.

Mais le trio voit grand. Plus grand. S'il vient de conquérir la scène rennaise, composée à l'époque d'artistes comme Octobre, Etienne Daho ou encore Marc Seberg, il espère séduire le tout-Paris. Rebaptisé Niagara, en hommage au film noir d'Henry Hathaway sorti en 1953 avec Marilyn Monroe en vénéneuse femme fatale, le trio participe alors à un concours, Coups de talent, orchestré par le Ministère de la Culture. Le lot à la clé ? L'enregistrement d'un premier single. Lauréat de l'édition, Niagara sort son tout premier 45 tours à l'été 1985, Tchiki Boum.

Dansant et plutôt exotique avec ses rythmes de tam-tam, le morceau annonce la couleur de ce que sera leur univers : une pop qui n'a peur de rien, ni du mélange des genres ni d'une identité visuelle psychédélique voire surréaliste. En 1986, leur premier album, "Encore un dernier baiser", livre une avalanche de tubes, Je dois m'en aller et L'amour à la plage en tête, et se voit certifié disque d'or. La voix grave et rugissante de Muriel Moreno posée sur des paroles innocentes et couplée aux rythmes entêtants de Daniel Chenevez apporte en effet un vent de légèreté en France - qui s'imagine déjà en été au bord de la plage à entonner des "aou cha-cha-cha".

Le succès est tel que Niagara s'affiche en rouge - aussi pétant que le roux de ... la crinière incendiaire de sa chanteuse (!) - sur la façade de l'Olympia en mars 1987. Déjà compositeur, Chenevez devient à cette époque également producteur et gère la création graphique (clips, jaquettes d'albums...) du groupe. Puis vient le temps du deuxième disque, toujours compliqué car fatidique, mais Niagara réussit aisément le challenge avec "Quel enfer !" et sa nouvelle kyrielle de tubes hauts en couleur. Lesquels sont toutefois davantage tournés vers un rock plus acide qu'acidulé et des sujets noirs rebondissant sur l'actualité.

"Elle voulait toucher le soleil/ Rien ne sera pareil/ Perdue dans son sommeil" chante Muriel Moreno d'un air faussement détaché, chapeau melon vissé sur la tête et costume de Pierrot. Cette chanson c'est Soleil d'hiver, un titre qui peut de prime abord ressembler à n'importe quel autre morceau dansant du duo. Mais justement pas car le titre évoque le suicide par noyade d'une jeune femme désabusée. Malgré ce sujet pesant, il fera recette au box-office, participant aux belles ventes de l'opus (200 000 exemplaires), certifié disque d'or et classé dans la liste des 100 meilleurs albums rock français du magazine Rolling Stone en 2010.

Le suivant, "Religion", qui rejoint les rayons des disquaires en 1990, fait parler de lui mais pas comme le groupe l'aurait souhaité. En effet, l'un des morceaux, J'ai vu, va faire scandale jusqu'à être interdit d'antenne. Le motif de cette discorde ? Les images de conflits diffusées dans le clip sont jugées plus sanglantes que celles transmises à la télévision au moment de la première guerre d'Irak. Un mauvais concours de circonstance qui ne les empêchera pas de faire de nouveau sensation avec d'autres titres porteurs comme Pendant que les champs brûlent ou Psychotrope.

Mais tout va partir en fumée, comme le dit Muriel dans Pendant que les champs brûlent. En effet le duo tire sa révérence à peine deux ans plus tard, juste après la sortie de ce qui sera leur quatrième et dernier album, "La Vérité" (1992). Certifié disque d'or comme ses trois prédécesseurs, y figurent des titres annonciateurs comme La fin des étoiles, Je n'oublierai jamais et Ma dernière pensée.

Depuis la séparation du duo tant regretté, Muriel a sorti un album solo ("Toute seule", 1996) et a également oeuvré comme DJ. Quant à Daniel, il a sorti trois albums dont un dédié à son ancienne partenaire particulière.

Discographie :

1992 : La Vérité
1990 : Religion
1988 : Quel enfer !
1986 : Encore un dernier baiser

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