Nicolas Ker

Nicolas Ker©Getty Images, Foc Kan/WireImage

L'enfance de Nicolas Ker n'est pas toute rose. Marquée en 1975 par l'arrivée des Khmers rouges aux portes de la capitale cambodgienne et l'extermination de toute sa famille maternelle, il est rapatrié à cinq ans par l'ambassade de France, aux bras de sa mère et de sa soeur. Et si c'est en France qu'il se fera connaître musicalement, Nicolas Ker met du temps avant de s'installer dans l'Hexagone.

Passé en effet par le Cambodge, le Caire, Istanbul puis La Réunion, Nicolas Ker et sa voix caverneuse proche de celle de Ian Curtis de Joy Division, se fait connaitre sur le tard dans la culture musicale underground française. Nous sommes en 2005 et le groupe Le Crépuscule, qui vient de perdre sa chanteuse, se met en quête d'une nouvelle tête ou plutôt d'une nouvelle voix. Nicolas Ker rejoint alors le groupe qui prend le nom de Poni Hoax.

Le groupe de rock électronique sort son premier album éponyme en 2006. Chanté uniquement en anglais, il se vend à 5 000 exemplaires et se voit même classé dans le Top 100 de l'année par le site prescripteur Pitchfork. Trois ans plus tard, Poni Hoax livre un deuxième album, l'électro-rock-disco "Images of Sigrid". À la fois chanteur et auteur au sein de la formation musicale, Nicolas Ker y signe des titres sur la consommation culturelle, l'obligation du bonheur ou encore le tabou de l'avortement.

En 2013, après quelques complications avec le label du groupe, Tigersushi, qui le fait s'absenter six ans des rayons des disquaires, Poni Hoax propose l'album ... "State of War". Plus sombre que les anciens opus, il est fortement marqué par l'enfance tourmentée de l'électron libre. Le morceau The Word évoque notamment comment, en une nuit, celle du génocide, il a oublié sa langue maternelle.

Avec son éternelle clope en bouche, ses lunettes opaques et son mal-être visible, Nicolas Ker semble constamment à côté de ses pompes, ailleurs, sur une autre galaxie. Et pourtant, derrière un micro, il est bel et bien là, comme possédé par les rythmes qui l'entourent. La musique l'a sauvé et l'attrape-ker le lui rend bien. En parallèle de Poni Hoax il traine en effet depuis le début des années 2000 son look de rockeur à la voix de crooner au sein de la formation Paris, composée d'Arnaud Roulin, Mike Theis et Maxime Delpierre.

D'abord baptisé Parade puis Dior, le groupe prend finalement le nom de Paris. Leur premier album, "There Is A Strom", mélange de death metal électronique et de poésie décousue, sort dans les bacs en 2015. Il sort également quelques morceaux, uniquement instrumental, avec Aladdin, duo qu'il forme avec Gilr de Versatile.

L'année suivante est chargée pour le touche-à-tout décalé puisqu'il sort à la fois l'album "La Rivière Atlantique" avec Arielle Dombasle, douze ballades en anglais évoquant le romantisme sombre d'un autre duo, PJ Harvey et Nick Cave, et son premier album solo, "Les Faubourgs de l'exil".

Discographie :

Avec Poni Hoax

2017 : Tropical Suite
2013 : A State of War
2008 : Images of Sigrid
2006 : Poni Hoax

Avec Paris

2015 : There Is A Storm

En solo

2016 : Les Faubourgs de l'exil

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