Rod Stewart

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Rod Stewart©Abaca, Michal Krumphanzl/CTK

Pas assez à cheval sur son hygiène de vie et sûrement un peu trop épris de liberté, Roderick David Stewart, né à Londres le 10 janvier 1945, s'imagine fouler les plus grands terrains de football du monde alors qu'il n'est qu'un enfant. Soutenu par son père, un Écossais né près d'Edimbourg, il signe rapidement un contrat de joueur stagiaire avec le Brentford FC, sous le maillot duquel il frappe les ballons comme demi central. Mais le jeune Londonien coupe rapidement court à l'aventure sportive, réalisant les multiples contraintes liées à ce sport de haut niveau.

La vie de bohème lui fait alors de l'oeil et c'est vers l'Espagne, après un court séjour en Italie, à Rome, qu'il s'envole au début des années 1960. Fini les crampons, et les chaussures tout court, puisque Rod choisit un mode de vie à la beatnik, ce mouvement artistique lié à la Beat Generation né dans les années 1950 aux Etats-Unis. Il loge sur une péniche abandonnée du côté du Sussex avec vingt de ses amis mais ce rassemblement illégal déplait fortement aux voisins, qui ne manquent pas d'alerter les autorités compétentes. Expulsé du pays pour vagabondage, il retrouve alors Londres mais sait désormais jouer du banjo et de l'harmonica grâce à sa rencontre avec le chanteur de folk Wizz Jones. C'est donc vers une carrière de musicien qu'il s'oriente une fois rentré au bercail.

Bercé par des styles de musique plus différents les uns que les autres, du folk à Muddy Waters en passant par Otis Redding, Sam Cook et Bob Dylan, il se tourne à cette époque vers le blues et le rythm and blues. Il est loin le look hippie d'un globe-trotteur sans le sou, c'est un Rod Stewart tout en élégance et à la mode anglaise que ses proches retrouvent. En 1963, après avoir officié tour à tour comme fossoyeur et encadreur de tableaux, il rejoint Jimmy Powell and the Five Dimensions, groupe de soul et rythm and blues de Birmingham au sein duquel il joue de l'harmonica. Déjà là, l'artiste propose de rendre hommage aux chanteurs noirs (Lead Belly, Muddy Waters, Big Bill Broonzy...) sans savoir à cette époque qu'il deviendra par la suite l'un des plus grands chanteurs blanc de rythmn and blues. L'année suivante, Rod Stewart rencontre Long John Barldry, le chanteur des Hoochie Coohie Men, qui l'intègre dans sa troupe.

Cette année-là, au mois d'octobre, le chanteur londonien livre une version de Good Morning Little Schoolgirl, reprise du standard de blues de Sonny Boy Williamson, et rencontre son premier succès. Mais Decca, la maison de disques qui avait bien voulu signer ce premier single, renonce à son option contractuelle sur un deuxième single en solo. Columbia Records reprend les rênes et accompagne la sortie de The Day Will Come, version légèrement édulcorée de l'Eve of Destruction de Barry McGuire. Le chanteur apparait parallèlement à la télévision britannique dans Rod The Mod, documentaire brossant le portrait d'un Mod typique, adepte de coupes de cheveux stylisés, de jazz et de drogues. Depuis, le surnom Rod The Mod ne l'a plus quitté. C'est vrai qu'encore aujourd'hui, Rod a toujours tout d'un Mod, avec sa chevelure blonde hérissée, ses costumes criards et ses excès en tous genres.

La fin des années 1960 est ensuite marquée par sa courte aventure dans le groupe Shotgun Express, formation musicale blues composée de Peter Green et Mike Fitwood. Ils enregistreront ensemble deux albums - avec le guitariste Jeff Beck aussi - "Truth" en 1968 et "Cosa Nostra-Beck Ola" fin 1969 alors que le groupe n'existe déjà plus. Mais surtout par son passage, dès le mois d'octobre, chez les Small Faces, groupe de Ron Wood rebaptisé Faces après le départ de Steve Marriott pour Humble Pie.

En parallèle de sa collaboration comme chanteur avec les Faces, Rod Stewart signe un contrat avec Mercury pour des albums en solo sur lesquels joueront d'abord les Faces. Si au début chacun trouve sa place, très vite, à partir de Maggie May en 1971 en fait, des producteurs américains vont le mettre sur le devant de la scène et carrément appeler le groupe Rod Stewart et les Faces... En 1975, les départs de Ron Wood pour les Rolling Stones et de Stewart (après cinq albums, quatre en studios et un public) conduisent à la disparition de l'un des plus grand groupe anglais des années 1970, seul capable de rivaliser avec les Stones.

Entre temps, Rod Stewart s'est pleinement consacré à ses projets solos sous la houlette du label Mercury. Son premier album, "An Old Raincoat Won't Ever Let You Down", sorti à l'été 1969 et mélangeant morceaux originaux et reprises (dont Street Fighting Man des Rolling Stones), est suivi de "Gasoline Alley" (1970), qui révèle ses talents de compositeur. Dans les années 1970, il séduit instantanément les Etats-Unis mais peine à conquérir l'Angleterre, plus indécise quant à sa musique. Jusqu'en 1971 et l'album "Every Picture Tells a Story" qui l'érige au rang de super star, notamment grâce au tube Maggie May qui marque véritablement un tournant dans sa carrière d'artiste à l'instar de sa collaboration avec Mercury. Dire que Maggie Day n'a failli jamais voir le jour. En effet, le chorus faisait trop pop pour la maison de disques qui n'en voulait pas. Le titre figure alors sur la Face B du disque... Puis un jour, un DJ de Cleveland a retourné le disque et passé le morceau à la radio. Une chance pour Stewart qui a dû attendre trois albums avant d'avoir ce hit single.

L'album suivant, "Never a Dull Moment", connait une réussite commerciale instantanée. Le single You Wear it well, et ses envolées d'harmonica, tutoie les cieux anglais. Deux ans plus tard, Smiler déçoit le public. Il faut dire qu'à l'époque notre rock star est davantage préoccupée par les autres célébrités du show-business que par ses compositions. En 1975, son idylle avec l'actrice suédoise Britt Ekland connait une médiatisation de grande ampleur. Sur les conseils de cette dernière, le chanteur s'installe aux Etats-Unis et y enregistre l'album "Atlantic Crossing" (1975) sur lequel figure le tube Sailing, reprise d'une composition ... des Seserland Brothers. Enregistré à jeun, à dix heures du matin, sa voix est ici plus éraillée et plus belle que jamais. Le titre devient l'hymne des fans de football anglais. Un joli clin d'oeil au fan du ballond rond.

Volant de succès en succès, Rod Stewart égale un record en juillet 1976 avec le single Tonight The Night, extrait de l'album "A Night on the Town". Numéro 1 aux Etats-Unis pendant huit semaines consécutives, le titre rejoint le Hey Jude des Beatles. Mais l'effervescence redescend avec l'album "Foot Loose & Fancy Free" (1977), où la hargne de Stewart s'est comme fait la malle. On ne peut en dire autant de sa capacité à jongler de registres en registres. Au mois de décembre 1978, à l'apogée de la vague disco, le londonien se fait assassiner par les critiques avec le titre Da Ya Think I'm Sexy (Penses-tu que je suis sexy ?), qui ressemble beaucoup trop au titre de Jorge Ben, Taj Mahal (1972), mais remporte un énorme succès avec l'album dont il est extrait, "Blondes Have More Fun". Il retrouve les hit-parades deux ans plus tard avec l'opus d'inspiration disco, "Foolish Behaviour".

La rockstar se frotte à cette époque-là à l'un des dangers propres au métier, les influences nocives qui peuvent vous retourner le cerveau. Sorti de cette mauvaise passe il refait surface en 1983 avec l'album "Body Wishes", sur lequel figure Baby Jane, numéro 1 en Angleterre. C'est la fin d'une longue période d'excès et Rod apprend de ses erreurs : désormais il doit ménager son corps mais surtout sa voix, son instrument le plus faillible, celui qu'il a tant malmené toutes ces années. L'année suivante est marquée par sa séparation avec Alana, ancienne femme de l'acteur George Hamilton qu'il avait épousé en 1979. Deux enfants naîtront de cette courte union.

Toujours au cours des années 1980, Rod Stewart propose à son public le disque "Camouflage" sur lequel Jeff Beck y est crédité à la guitare sur trois titres. Stewart emmène ce dernier en tournée mais il n'assurera que sept concerts avant de tout laisser tomber. Les deux hommes, pas fâchés pour un sou, retravailleront rapidement ensemble, à l'été 1985 sur le titre People Get Ready. Il revient ensuite aux sources de sa musique avec l'album "Every Beat of My Heart" (1986), qui n'est pas sans rappeler sa période "Faces". Bernard Edwards de Chic et Andy Tellor de Duran Duran produise l'album suivant, "Out of Order", puis paraissent deux compilations. "Vagabon Art" (traduisible par "Coeur Volage") en dit long sur sa relation complexe avec les femmes. L'année de la sortie du disque, en 1991, il se marie une seconde fois, avec Rachel Hunter, mannequin de 24 ans sa cadette. Ils auront deux enfants. Fin 1993, il mettra d'ailleurs l'amour au premier plan avec le titre All for love, chanson du remake des Trois mousquetaires interprétée avec Sting et Brian Adams.

Opéré de la thyroïde en 2000 après avoir contracté un cancer, il limite de nouveau les excès de peur de perdre sa voix. Son album "Human" voit alors sa sortie repoussée en 2001. Puis vient le temps d'une nouvelle parenthèse à succès dans la carrière de l'une des voix les plus originales de l'histoire du rock avec l'album "It Had to Be You: The Great American Songbook". Paru en 2002, il contient classiques américains des années 1930 qui ont bercé sa jeunesse. C'est un rêve qui se réalise pour l'amateur du jazz de l'entre-deux guerre (Elle Fitzgerald, Julie London, Louis Armstrong, Duke Ellington, Count Basie...) Ce qui était alors un pari commercial risqué devient l'un de ses plus grand succès, si bien qu'il en enregistre cinq autres dans la même veine ("As Time Goes By, Stardust", "Thanks for the Memory", "Still the Same" et "Fly Me to the Moon"). Le chanteur aura une petite idée des ingrédients se cachant derrière ces succès : sa voix rugueuse posées sur des classiques que le public a envie de réentendre. Il y reprend notamment What a Wonderful World avec Stevie Wonder à l'harmonica.

Papa pour la septième fois en 2005 avec sa nouvelle compagne, Penny Lancaster, il reçoit cette année-là son étoile sur le Hollywood Walk of Fame. L'année suivante, il fait revivre le rock populaire de la fin des années 1960 et du début 1970 dans "Still the Same... Great Rock Classics of Our Time" (2006). Nouvel album et nouvel hommage en 2009 : Soulbook revisite treize standards de la soul music. Puis comme beaucoup d'autres stars de la musique américaine, Rod Stewart se lance dans un album de noël, "Merry Christmas Baby" (2012). Sa reprise de Let it snow let it snow let it snow atteindra le haut des charts aux États-Unis.

Depuis, l'artiste a publié sa première autobiographie. Un exercice qui lui a redonné le goût de l'écriture. Voilà comment il passe de 3-4 titres grand maximum écrits de sa plume tout au long de sa carrière à onze morceaux pour l'album Time en 2013. Deux ans plus tard son dernier opus en date, "Another country", rejoint la pile des trentaines autres oeuvres musicales du chanteur.

Discographie :

2015 : Another country
2013 : Time
2012 : Merry Christmas Baby
2010 : Fly Me to the Moon... The Great American Songbook, Volume V
2009 : Soulbook
2006 : Still the Same... Great Rock Classics of Our Time
2005 : Thanks for the Memory : The Great American Songbook, Volume IV
2004 : Stardust : The Great American Songbook, Volume III
2003 : As Time Goes By : The Great American Songbook, Volume II
2002 : It Had to Be You : The Great American Songbook
2001 : Human
1998 : When We Were the New Boys
1995 : A Spanner in the Works
1991 : Vagabond Heart
1988 : Out of Order
1986 : Every Beat of My Heart
1984 : Camouflage
1983 : Body Wishes
1981 : Tonight I'm Yours
1980 : Foolish Behaviour
1978 : Blondes Have More Fun
1977 : Foot Loose & Fancy Free
1976 : A Night on the Town
1975 : Atlantic Crossing
1974 : Smiler
1972 : Never a Dull Moment
1971 : Every Picture Tells a Story
1970 : Gasoline Alley
1969 : An Old Raincoat Won't Ever Let You Down

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