The Jesus and Mary Chain

The Jesus and Mary Chain©Abaca, Tony Mottram
Formé en 1984 par William (à la guitare) et Jim Reid (au chant), deux frères nés à East Kilbride, dans la banlieue de Glasgow, dans une famille ouvrière, The Jesus and Mary Chain est mis sur pied dans l'urgence. L'urgence de s'occuper l'esprit. Nous sommes au début des années 1980 et la crise économique sévit en Grande-Bretagne. Alors au chômage tous les deux, William et Jim se mettent à écrire des chansons dans le style des Shangri-Las, ce groupe vocal féminin des années 1960.

Pour la musique, qu'ils veulent proche du groupe allemand de musique expérimentale, Einstürzende Neubauten, la fratrie recrute deux connaissances de leur quartier, le bassiste Douglas Hart et le batteur Murray Galglish. Très vite, le quatuor enregistre sa première bande démo, qu'il parvienne à mettre dans les mains d'Alan McGee, directeur de création et manager américain du label Creation Records (My Bloody Valentine, Oasis).

Ce dernier, conquis par le groupe dès ses balances, n'attend pas la fin de leur concert, qu'il avait programmé dans une petite salle londonienne, pour les signer. Vite remplacé par Bobby Gillespie, le batteur Murray Galgish ne participera pas au premier single des Jesus and Mary Chain, Upside Down. Acclamé par la presse musicale spécialisée, le titre est extrait de leur premier album, "Psychocandy", édité en 1985 sur le label Blanco y Negro, une filiale de WEA. Pourquoi pas chez Creation ? Alan McGee préféra récupérer 20% sur toute vente future d'album en tant que manager.

Sur scène - on les découvre en France à la MJC Claudel de Reims et aux Bains-Douches de Paris - les prestations du quatuor frôlent la provocation (destruction de matériel, émeutes du public). Une émeute porte même leur nom. Qualifié de shoegaze parce que ses musiciens jouent sur scène en regardant leurs pieds (comme My Bloody Valentine, The House of Love ou encore Ride), le groupe réveille à l'époque une Grande-Bretagne du milieu des années 1980 un peu trop abonnée aux productions lisses d'une pop synthétique. Avec les Ecossais, elle retrouve un rock vénéneux et une pop candide, entre les Velvet Underground et les Beach Boys. Le mouvement noisy pop est né. Comprendre une musique faite de sons perce-tympans et grinçants, à base de larsens et de distorsions. Bref, un brouhaha légendaire boosté par des amphétamines.

Amphétamines justement retrouvées dans les affaires des frères Reid un soir de concert en Allemagne, ce qui leur vaut d'être renvoyés par leur label, qui refuse de produire le single You Trip Me Up, qu'il juge comme obscène. Déprogrammé de plusieurs salles de concert, les Jesus and Mary Chain se voit considéré à cette époque, davantage comme une attraction visuelle qu'un groupe de musique rock. En 1987, le single Some Candy Talking, extrait de leur deuxième album, "Darklands", est banni de toutes les radios du Royaume-Uni car évoquant l'usage d'héroïne.

Suite à cette polémique, le batteur Bobby Gillespie quitte le groupe pour devenir le leader de Primal Scream. John Moore le remplace mais quittera aussi à son tour la formation lors de la sortie du second album. Il formera le groupe Black Box Recorder. Pour accompagner le trio jusqu'à la fin des années 1980, les frères Reid et ...
le bassiste Douglas Hart choisissent un compagnon de route de McGee, Dave Evans, ancien ingénieur du son et bassiste du groupe Biff Bang Pow ! dans lequel officie McGee. Mais vite remplacé par les frères Reid par une boîte à rythme, il quitte à son tour la formation, comme son successeur, Richard Thomas, resté seulement deux ans.

En 1990, soit un an après la sortie de leur troisième opus, "Automatic", c'est le batteur Steve Monti qui les rejoint. Entre deux changements de batteurs, les concerts agités se poursuivent. Les fans du groupe se souviennent notamment de cette date au RPM de Toronto en novembre 1987. Ce soir-là Jim Reid a frappé avec son support de micro deux fans qui lui auraient craché dessus. Le chanteur a passé une nuit en prison et donné 500 livres à l'Armée du salut.

Mais revenons à "Automatic" et à ses basses synthétiques et claviers en tous genres. Pas aussi bien reçu que les précédents, il comporte les singles Head On et Blues From a Gun. Ici point de violence et d'agressivité. Le groupe semble s'être calmé. Mais pas pour longtemps ! Au début des années 1990, The Jesus and Mary Chain propose le single Reverence, morceau punk rock censuré à la radio et à la télévision pour cause de paroles jugées offensantes ("Je veux mourir comme J.F.K., je veux mourir aux U.S.A."). Il est extrait de l'album "Honey's Dead" (1992), opus qui marque un retour en force du groupe, avec ses bruits assourdissants couplés aux influences de la scène dance britannique du moment.

Deux ans plus tard, après avoir sorti une compilation de morceaux rares, "The Sound of Speed", le quatuor regagne les studios d'enregistrement et livre "Stoned & Dethroned", un album acoustique et leur dernier à sortir sur le label Blanco y Negro. En effet, pour leur disque suivant, "Munki" (1998), le groupe signe avec le label indé américain Sub Pop. Confectionné dans une ambiance des plus chaotiques, les frères ne se parlent plus à l'époque et fréquente à tour de rôle le studio, l'album divise la critique et le public. Sans grande surprise, The Jesus and Mary Chain éteint le micro cette année-là, le 12 septembre 1998 après un nouveau coup d'éclat en plein concert, cette fois-ci au célèbre House of Blues de Los Angeles. Ce soir-là le public, qui vient d'assister à une dispute sur scène entre Jim et William, au départ de ce dernier et aux élucubrations ivres des membres restants, se fait rembourser sa place de concert.

Depuis, les membres ont chacun débuté une carrière solo (William Reid a fondé Lazycame et Jim Reid Freeheat) et créé la surprise avec un concert historique à Coachella en 2007, avant d'annoncer en 2015 avoir repris le chemin des studios. L'année suivante, le groupe confirme qu'un nouvel album devrait voir le jour en mars 2017 chez Warner après dix-huit ans d'absence. En attendant, il est possible de réviser ses classiques noisy pop devant le planant "Lost in Translation" (2003) de Sofia Coppola, parcouru du début à la fin par leur tube Juste Like Honey.

Discographie :

1998 : Munki
1994 : Stoned & Dethroned
1992 : Honey's Dead
1989 : Automatic
1987 : Darklands
1985 : Psychocandy

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