The Kinks

The Kinks©Abaca, Photoshot/LFI

Les deux frères se mettent à la musique côte-à-côte, apprenant tous deux la guitare dès le plus jeune âge et jouant ensemble leur premier concert à respectivement 16 et 13 ans. L'aîné se mue ensuite en chanteur lorsqu'il prend, en 1963, la tête d'un groupe formé par son petit frère avec le bassiste Pete Quaife, d'abord dénommé The Ravens. Après avoir recruté Mick Avory à la batterie, les jeunes gens se mettent d'accord sur un nouveau nom de scène : ils se dénommeront The Kinks, tiré du terme anglais "kinky" qui peut à la fois signifier "farfelu" ou "olé olé".

Un an, et une paire de singles passée inaperçue, plus tard, la jeune formation - dont les membres n'ont alors qu'entre 17 et 20 ans - rencontre son premier grand succès grâce à un titre écrit par Ray Davies : You Really Got Me. Alors que ce dernier se verra cité comme un précurseur du genre protopunk, il propulse au milieu des années 1960 ses interprètes originaux sur les devants de la scène. Déjà installé dans une confortable première place du classement au Royaume-Uni, le titre part se hisser en septième position des charts américains, incluant ainsi de facto The Kinks dans la British Invasion lancée par The Beatles puis nombreux autres compatriotes musicaux aux États-Unis.

Fort de ce triomphe, le groupe diffuse rapidement un premier album éponyme et bientôt un nouveau single, All Day and All Of the Night, qui, à peine trois mois après You Really Got Me, fait encore un carton. Grâce au frère aîné, auteur prolifique, The Kinks ne s'arrête pas là : s'en suivent en 1965 Set Me Free, See My Friends, Tired Of Waiting For You, A Well Respected Man, Till the End of The Day... Des titres qui montrent graduellement une évolution (bien accueillie) dans la musique du groupe britannique, et notamment dans l'écriture de Ray Davies qui tend de plus en plus vers la satire politico-sociale, jusqu'à atteindre une apogée en 1966 avec le hit-single Sunny Afternoon.

Celui-ci sera toutefois le dernier grand tube aux États-Unis de The Kinks, victime cette année-là d'une interdiction d'entrée sur le territoire instaurée par la Fédération américaine des musiciens. Des années plus tard, Ray Davies reviendra sur les raisons d'une telle sanction, évoquant "un mélange entre une mauvaise médiation, un mauvais management, de la malchance et un mauvais comportement". Avant d'ajouter : "Donc, on a mérité ce qu'on a eu". Il est vrai que les membres de la formation britannique se sont forgés une sacré réputation d'alcooliques bagarreurs... Une qui remonte sans doute à ce concert programmé à Cardiff en mai 1965, durant lequel le guitariste Dave Davies et le batteur Mick Avory en sont venus au main, sur scène, jusqu'à envoyer le premier à l'hôpital et le second en prison. Sans compter que les deux frères entretiennent entre eux des relations particulièrement tendues - qui ne s'arrangeront pas au fil du temps.

Tandis qu'il ne pourra ainsi plus remettre les pieds chez l'Oncle Sam jusqu'en 1969, le groupe continue entre-temps d'asseoir sa notoriété au Royaume-Uni avec des titres comme Dead End Street (1966), Waterloo Sunset (1967) puis Days (1968). L'album "The Kinks Are the Village Green Preservation Society" (1968) marque ensuite le début d'une nouvelle évolution musicale, plus conceptuelle, menée du bout du crayon par Ray Davies. S'il ne rencontre pas un grand succès commercial, l'opus reçoit l'éloge des critiques ... - britanniques d'abord puis américaines - et se verra plus tard considéré comme l'un des "500 meilleurs albums de tous les temps" par le magazine Rolling Stone. Deux ans plus tard, grâce au single Lola, hissé en neuvième position du classement Billboard, The Kinks retrouve enfin son public aux États-Unis.

Or le groupe, embarqué dans une voie musicale trop expérimentale au goût du grand public, à coup de bande originale d'un film traitant d'une transplantation pénienne ("Percy", 1971) et d'opéras-rocks ("Preservation Act" 1 & 2, 1973 et 1974), aura par la suite bien du mal à retrouver sa gloire d'antan. C'est finalement à la fin des années 1970 que The Kinks est remis au goût du jour. Et ce notamment grâce à quelques nouveaux arrivants sur la scène musicale qui revisitent leurs anciens tubes, comme Van Halen (You Really Got Me, 1978) et The Pretenders (Stop Sobbing, 1979) - dont la chanteuse Chrissie Hynde partagera d'ailleurs un temps la vie de Ray Davies, avec la naissance d'une fille en 1983. Mais si le groupe renoue avec le succès à ce moment-là, c'est aussi grâce à de nouveaux albums, moins conceptuels que les précédents, comme "Low Budget" (1979) qui se voit certifié disque d'or - une première depuis la publication d'un best of... en 1968.

En 1983, The Kinks réinvestit le Top 10 des charts américains avec le single Come Dancing. Ce dernier est suivi peu après de Don't Forget to Dance, qui se débrouille pas trop mal à son tour avec une petite vingt-neuvième position. Tous deux sont issus de l'album "State of Confusion", très bien accueilli des critiques qui vantent pour leur part les mérites du titre Long Distance, "étonnement Dylanesque" selon Parke Puterbaugh du magazine Rolling Stone. Mais voilà que le groupe retombe encore dans l'oubli avec une succession d'échecs commerciaux. Après une introduction méritée au Rock and Roll Hall of Fame en 1990, le groupe enregistre finalement son dernier album studio, "Phobia", en 1993. Après quoi les deux frères, affichés côte-à-côte une dernière fois sur scène trois ans plus tard, poursuivront par la suite des carrières solos sans jamais connaître autant de succès.

Il faudra attendre près de vingt ans avant de retrouver Ray et Dave Davies ensemble sur scène, à l'occasion d'un concert du second donné à Londres en décembre 2015. Après les avoir ainsi vu reprendre le mythique You Really Got Me, autant dire que les fans ont vite espéré le retour du groupe britannique des sixties. Un espoir finalement coupé court par le guitariste en novembre 2016, celui-ci déclarant sur les réseaux sociaux que "(lui) et Ray n'ont pas du tout parlé de concerts des Kinks". Avant, toutefois, de laisser entendre à une nouvelle collaboration musicale au nom des frères Davies...

Discographie :

1993 : Phobia
1989 : UK Jive
1986 : Think Visual
1984 : Word of Mouth
1983 : State of Confusion
1981 : Give the People What They Want
1979 : Low Budget
1978 : Misfits
1977 : Sleepwalker
1975 : Schoolboys in Disgrace
1975 : Soap Opera
1974 : Preservation Act 2
1973 : Preservation Act 1
1972 : Everybody's in Show-Biz
1971 : Muswell Hillbillies
1971 : Percy (Bande originale)
1970 : Lola Versus Powerman and the Moneygoround, Part One
1969 : Arthur (Or the Decline and Fall of the British Empire)
1968 : The Kinks Are the Village Green Preservation Society
1967 : Something Else by The Kinks
1966 : Face to Face
1965 : The Kink Kontroversy
1965 : Kinda Kinks
1964 : Kinks

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